Le Saint-Siège plaide à l’ONU pour l’accès des pauvres à l’éducation

Intervention de Mgr Celestino Migliore

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ROME, Vendredi 23 octobre 2009 (ZENIT.org) - Pour que les pauvres soient davantage maîtres de leur destin, le Saint-Siège plaide pour leur accès à l'éducation, même en temps de crise.

L'Observateur permanent du Saint-Siège à l'ONU, à New York, Mgr Celestino Migliore, est en effet intervenu le 22 octobre, lors de la 64ème session de l'assemblée générale de l'ONU sur le sujet 57 : « Eradication de la pauvreté et d'autres questions de développement ».

« Ma délégation, a fait observer Mgr Migliore, considère avec attention et intérêt la sujet proposé : Le renforcement du pouvoir des pauvres ».

Il précise que « la réalisation d'un système économique national et international qui serve les intérêts des pauvres requiert qu'ils soient capables de défendre et de promouvoir leurs droits dans le contexte de la loi du droit aux niveaux national et international ».

« Mais ce n'est pas assez », déclare Mgr Migliore avant d'ajouter : « Nous devons promouvoir un vrai renforcement du pouvoir des pauvres et leur permettre, même en temps de crise économique, un plus grand accès à l'éducation ».

Et de préciser : « Cela doit aller au-delà de l'éducation de base ou de la formation professionnelle - tous deux importants motifs de développement -, et concerner la formation totale de la personne ».

Le Saint-Siège souligne que la crise économique et financière réelle a pour pire conséquence « l'aggravation aiguë de la pauvreté, dans un monde déjà habité par une misère intolérable ».

Mgr Migliore a cité l'augmentation du chômage dans le monde développé à des niveaux « comparables à ceux des années trente », et « la malnutrition » qui a augmenté de 11 %, d'abord dans les pays en développement.

« Même si une reprise économique est imminente, pour ceux qui restent sans travail, la crise n'est pas finie, et son coût social et humain persiste », a souligné le représentant du Saint-Siège.

Il n'est donc pas suffisant de vouloir seulement « relancer » l'économie globale, et d'établir des « nouvelles règles » et des nouveaux « contrôles » pour garantir un secteur « moins incertain et moins traumatisant » et de « travailler à un changement qualitatif dans la gestion des affaires internationales », a recommandé Mgr Migliore.

Il a mentionné la diminution de l'aide au développement, avant même le début de la crise, en 2006 et en 2007 : un phénomène qui s'est accéléré en 2008 et dans cette première partie de 2009, dans le dessein d'investir dans le renforcement du système financier. Or, il n'y a pas de comparaison entre les fonds alloués pour le développement et dans le système.

Et de diagnostiquer les « racines » de la crise : « Le manque de solidarité et la responsabilité pour les effets à long terme des mesures économiques ».

« Comme ma délégation l'a mentionné à plusieurs reprises, seul un investissement constant et durable dans les femmes et les hommes assurera la stabilité économique et politique minimum nécessaire au bien commun universel ».

Mgr Migliore en appelle à la mise en œuvre des engagements internationaux « sans délais ni excuse », en saluant la vente d'une part des réserves d'or des institutions financières internationales « pour aider les pays les plus pauvres et les plus endettés » et en rappelant le soutien prévu par les rencontres du sommet du « G 8 » de 2005 et du « G 20 » de mars 2009 à Londres.

Le nonce apostolique a également cité la conférence de Copenhague de 1995 sur le Développement social et la conférence de l'Organisation internationale du Travail sur les travaux de la décennie (1999-2000), comme autant de décisions essentielles pour la reprise économique.

Enfin, pour Mgr Migliore, les accords commerciaux internationaux et les décisions financières « doivent toujours et dans toute situation assurer un espace politique et économique aux Etats membres pour qu'ils assument leurs responsabilités, spécialement celles concernant le développement humain des pauvres, la promotion de l'intégration sociale et l'établissement et le renforcement des réseaux de sécurité sociale ».