Le Saint-Siège pour "l'élimination définitive" des mines antipersonnel

IVe Conférence des Etats signataires de la Convention d'Ottawa

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CITE DU VATICAN, Jeudi 19 septembre 2002 (ZENIT.org) - Le Saint-Siège appelle à "l'élimination définitive" des mines terrestres antipersonnel: des armes "inhumaines", soit l'application ferme de la Convention d'Ottawa adoptée il y a cinq ans.



Mgr Diarmuid Martin, Observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies est intervenu le 17 septembre, à la tribune de la IVe Conférence des Etats signataires du traité d'Ottawa sur l'interdiction des mines antipersonnel, qui se tient du 16 au 20 septembre à Genève.

Mgr Martin rappelait que le traité d'Ottawa vise "l'élimination définitive de ces armes inhumaines de la vie de populations entières".

Il "reste 230 millions de mines à éliminer", et depuis la signature du traité, "plus de 20.000 personnes" sont mortes chaque année à cause des mines antipersonnel.

Le Saint-Siège avertit que "tout retard", "toute baisse d'enthousiasme", dans l'application de la Convention d'Ottawa, signifie des victimes supplémentaires.

"En ces temps d'interdépendance, il est intolérable de condamner, par l'inertie, des populations entières à vivre dans la peur et la précarité", dénonce le Saint-Siège.

Il se félicite en même temps de la destruction de "plus de 20 millions de mines" et de la "réduction drastique de leurs producteurs".

Mgr Martin reconnaissait aujourd'hui au micro de Radio Vatican qu'un "grand travail a été fait pour détruire les mines et pour les enlever".

"Mais il y a aussi un côté négatif et préoccupant, ajoutait Mgr Martin: dans le monde, on estime qu'il se trouve encore 230 millions de mines à éliminer. Or la plus grande partie se trouve dans des territoires non couverts par la convention actuelle. C'est un grand problème humanitaire. Hélas, la bonne nouvelle, par exemple de la fin d'une guerre, d'un conflit est trop souvent troublée par l'énorme défi représenté par la nécessité d'enlever des mines du territoire où l'on a combattu, de façon à permettre la reconstruction non seulement des infrastructures matérielles, mais d'une vie économique normale. Sans parler des morts. On estime qu'aujourd'hui encore 20.000 personnes meurent chaque année à cause des mines et les personnes blessées demeureront marquées à vie, en raison des amputations subies: ce sont surtout des enfants".

Mgr Martin concluait: "Il s'agit donc aussi de la solidarité que l'on doit manifester aux victimes et enfin, on affrontera le problème de la ratification universelle de la Convention d'Ottawa de façon à atteindre l'objectif final de la Convention: l'élimination de ces armes inhumaines de la vie des communautés, de façon à rendre leur existence plus sûre, et moins précaire".