Le Saint-Siège préoccupé par les tensions entre la Russie et l’Occident

Par l’observateur permanent auprès du Bureau des Nations unies à Genève

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ROME, Lundi 25 août 2008 (ZENIT.org) - La tension croissante entre la Russie et l'Occident est sujet d'« inquiétude » pour le Saint-Siège, notamment après l'annonce, le jeudi 21 août, de la suspension de toutes les activités de coopération militaire de ce pays avec l'OTAN.

La prise de position ferme de Moscou fait suite aux critiques adressées à la Russie à propos de son attitude dans le conflit du Caucase, et à l'accord sur le « bouclier spatial » signé entre les Etats-Unis et la Pologne.

L'Observateur permanent du Saint-Siège auprès du Bureau des Nations unies à Genève, Mgr Silvano Maria Tomasi a expliqué au micro de « Radio Vatican » que la crise entre la Russie et l'OTAN, associée à l'échec du « Doha Development Round » pour la libéralisation du commerce mondial, qui s'est tenu il y cinq semaines, « sont les signaux d'une certaine inquiétude et d'une difficulté à travailler ensemble dans le domaine international ».

Pour Mgr Tomasi, « le système multilatéral se trouve dans une sorte de crise et cela au détriment des pays les plus faibles et des pays les plus pauvres ».

Le prélat s'est dit préoccupé face à la possibilité d'une nouvelle course aux armements, notamment après la signature de l'accord bilatéral pour la construction en Pologne de la base antimissile américaine qui prévoit l'installation, avant 2012, de dix missiles capables d'intercepter et détruire en vol d'éventuels missiles balistiques de longue portée.

Il y a eu une certaine réticence à affronter « de manière décisive la question fondamentale du désarmement atomique » a déploré Mgr Tomasi. A son avis la peur actuelle réside dans l' « inefficacité » et « dans le manque de résultats des discussions de ses dernières années ».

« Si l'on poursuit sur cette voie, cela aura un prix, a-t-il averti : le manque de communication, d'échanges internationaux... Si cette mondialisation qui pénètre un peu partout est à nouveau limitée par le nationalisme et le protectionnisme, on court le risque de nouveaux problèmes pour la famille humaine ».

« Notre inspiration chrétienne nous conduit à voir la famille humaine unie, a-t-il souligné. Nous ne nous réfugions pas dans une abstraction intellectuelle, mais nous devons affronter les situations concrètes et porter notre message d'unité, de solidarité avec responsabilité ».

En ce qui concerne la prochaine célébration du 20ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin, le prélat a dit qu'il existe actuellement « d'autres murs » qui divisent l'humanité.

« Dans l'histoire, les murs n'ont jamais servi et ne serviront pas plus à notre époque, a-t-il dit. Il y a des murs construits entre Palestiniens et Israéliens, entre Américains et Mexicains. Cela est contraire à cette perspective de solidarité et de communion, de participation, qui naît du fait que nous sommes tous fils de Dieu ».