Le Saint-Siège réclame l’élimination des bombes à sous munitions

Intervention de Mgr Tomasi à l’ONU à Genève

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ROME, Mardi 29 janvier 2008 (ZENIT.org) - Le Saint-Siège réclame l'élimination des bombes à sous munitions. Il avait demandé leur élimination en 2005, et un moratoire pour leur utilisation en 2006.

L'observateur permanent du Saint-Siège auprès des institutions spécialisées de l'ONU à Genève, Mgr Silvano Maria Tomasi, est intervenu le 14 janvier au sein du groupe d'experts gouvernementaux qui ont participé à la « Convention sur l'interdiction ou la restriction de l'usage de certaines armes conventionnelles qui peuvent être considérées excessivement nuisibles ou avoir des effets dramatiques ».

« Inacceptables, les sous-munitions », titre pour sa part L'Osservatore Romano. Radio Vatican proteste : Interdire les bombes à « sous-munitions » est un impératif éthique.

Cette élimination a déjà été réclamée en août 2005 devant les Nations Unies par Mgr Tomasi au nom du Saint-Siège (cf. Zenit du 24 août 2005).

L'année suivante, le Saint-Siège lançait l'idée d'un moratoire sur leur utilisation (cf. Zenit du 23 juin 2006).

Nous avions publié une synthèse de l'intervention de Mgr Tomasi le 14 janvier dernier (cf. Zenit 14 janvier 2008). Mais le Vatican publie aujourd'hui le texte intégral en français (cf. Ci-dessous dans les documents) .

D'emblée, Mgr Tomasi s'appuyait sur le discours du pape au Corps diplomatique accrédité près le saint-Siège, prononcé le lundi 7 janvier 2008, dans lequel il encourageait également, « l'adoption de mesures appropriées pour affronter le problème humanitaire posé par les armes à sous munitions ».

De son côté, se réjouit Mgr Tomasi, le secrétaire pour les relations avec les Etats « a réitéré la position du Saint-Siège dans son discours devant l'Assemblée générale des Nations Unies, le premier octobre dernier, en affirmant qu'une réponse rapide au problème des armes à sous munitions devient un impératif éthique sachant le coût élevé en vies humaines, dont la majorité sont des civils et spécialement des enfants ».

« L'expérience nous montre, insiste Mgr Tomasi, que l'interdiction de catégories d'armes opérée par la négociation de bonne foi d'instruments internationaux n'a jamais mis la sécurité nationale des Etats en danger. Le vrai danger vient plutôt du surarmement et du fait de ne se fier qu'aux armes pour assurer la sécurité nationale ou internationale. Le développement, la confiance mutuelle, la prévention, la création des conditions d'une vie digne sont les paramètres sans lesquels il ne peut pas y avoir ni de sécurité ni de stabilité ».

« Si la guerre a un prix, la paix aussi en a un, conclut Mgr Tomasi. Il est dans tous les cas et de loin plus modeste. Préserver la vie, créer les conditions d'une vie digne pour des populations entières, assurer la sécurité et la stabilité au niveau le plus bas d'armement, etc., sont des défis enthousiasmants. La CCW sortira plus grandie et plus crédible si les Etats Parties sauront, collectivement, relever ces défis ».

Anita S. Bourdin