Le Saint-Siège souhaite intensifier le dialogue avec la Croatie

Vingt ans de relations diplomatiques

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Anita Bourdin 

ROME, mardi 30 octobre 2012 (ZENIT.org) – Le Saint-Siège souhaite intensifier « le dialogue et la coopération » entre l’Eglise et l’Etat en Croatie, « au service de la dignité de tout homme ».

Mgr Dominique Mamberti, secrétaire pour les Rapports avec les Etats, est en effet intervenu hier, à la « Casina Pio IV » du Vatican, à l’occasion du 20e  anniversaire des rapports diplomatiques « intenses » entre le Saint-Siège et la République de Croatie, en présence du président croate Zoran Milanovic, qui a été reçu par Benoît XVI (cf. Zenit du 29 octobre 2012).

Au service de la dignité humaine

« Bien que l’Eglise et la communauté politique travaillent à différents niveaux et soient indépendantes l’une de l’autre, a fait observer Mgr Mamberti, elles servent toutes les deux les mêmes sujets, qui, en même temps, sont des fidèles de l’Eglise et des citoyens de l’Etat. Dans ce service, il y a un ample espace de dialogue et de coopération, au service de la dignité de tout homme. Au centre de la coopération mutuelle, il y a en effet notre engagement partagé pour le bien commun et pour la promotion des valeurs spirituelles et morales, qui confèrent à la société croate son fondement solide ».

Mgr Mamberti évoque le premier nonce apostolique, Mgr Giulio Einaudi et rappelle que, « par ses représentations pontificale, le Saint-Siège est en mesure de faciliter le dialogue avec les autorités civiles, de promouvoir les contacts avec les Eglises locales et de maintenir sa présence dans la vie internationale ».

Le rôle du nonce est en effet défini par le Code de Droit canon non seulement comme le « représentant du Saint-Père auprès de l’Eglise locale », car il a aussi pour mission de « promouvoir et soutenir les relations entre le Siège apostolique et la communauté politique et institutionnelle et affronter les questions qui concernent les rapports entre l’Eglise et l’Etat » (cf. can. 365, § 1).

Cette charge a été confiée depuis le 21 mai dernier à Mgr Alessandro D’Errico, qui rend ces rapports « encore plus intenses ».

Le pape Jean VIII

La « cordialité » de ces rapports est manifestée par la présence du président Milanovic, a souligné Mgr Mamberti qui souhaite des rapports « encore plus étroits » et que « certains nœuds » soient dénoués pour une « collaboration toujours plus amicale et efficace »

Rappelant l’histoire des relations entre la Croatie et le Siège de Pierre, Mgr Mamberti a évoqué l’évènement de 879 : dans une lettre du prince Branimir, le pape Jean VIII l’informait d’avoir prié Dieu pour qu’il puisse « gouverner sa principauté terrestre dans la prospérité et en sécurité ». Le ministre des Affaires étrangères du pape souligne qu’une telle « reconnaissance » de la « principauté terrestre » de Branimir a eu un « relief particulier » du fait qu’elle venait de « la plus haute autorité ecclésiale et politique du monde chrétien de l’époque ».

« Ces liens forts entre la Croatie et du Saint-Siège ne se sont pas démentis au cours des siècles. A différentes occasions, au cours de l’histoire et en des circonstances peu aisées, les Croates ont démontré leur fidélité à l’Evangile et au Successeur de Pierre », a insisté le diplomate français.

« Au cours de sa récente visite pastorale en Croatie, a rappelé Mgr Mamberti, le Saint-Père Benoît XVI a souligné cet aspect en disant : « Nous pouvons compter plus de treize siècles de liens forts et spéciaux, expérimentés et consolidés dans des circonstances parfois difficiles et douloureuses. Cette histoire est un témoignage éloquent de l’amour de votre peuple pour l’Evangile et pour l’Eglise. Dès les origines, votre Nation appartient à l’Europe et elle offre de façon particulière la contribution des valeurs spirituelles et morales qui ont modelé pendant des siècles la vie quotidienne et l’identité personnelle et nationale de ses enfants » (Cérémonie de bienvenue à l’aéroport de Zagreb, 2 juin 2011) ».

Pour un avenir meilleur

Et cette référence au passé veut aider à « comprendre le présent et construire un avenir meilleur », a-t-il ajouté : « C’est pourquoi les valeurs spirituelles et morales, dont le Saint-Père a parlé, doivent nous inspirer quand l’on adopte des décisions pour aujourd’hui et pour demain ».

« Dans l’histoire plus que millénaire de l’historie de la Croatie, ces vingt dernières années ont été parmi les plus difficiles et en même temps cruciales pour son avenir. Spécialement celles qui ont suivi immédiatement l’indépendance. Cependant, les défis continuent. Maintenant les Croates ne peuvent que s’interroger sur les valeurs sur lesquelles entendent construire la vie des personnes et de cette national toute entière », a-t-il ajouté.

Il a cité des dates importantes : « Le 13 janvier 1992, le Saint-Siège a reconnu l’indépendance du pays et le 29 février de la même année, le premier nonce apostolique a été nommé. Un fruit invisible de ces rapports diplomatiques établis en 1992 ont été les quatre Accords stipulés entre 1996 et 1998 dans les domaines suivants : questions juridiques, collaboration dans les domaines éducatif et culturel, assistance religieuse des membres catholiques des Forces armées et de la Police, questions économiques ».

La visite historique de Jean-Paul II

Il a également signalé un « témoignage indiscutable de l’affection que le Saint-Siège nourrit pour la Croatie ont été les quatre visites des Souverains pontifes pendant ces vingt dernières années : trois du bienheureux Jean-Paul II et celle de Benoît XVI.

La première seulement deux ans après l’établissement de relations diplomatiques (1994). Jean-Paul II disait, le 10 septembre : « Un évènement de signification importante s’est produit en 1992, quand l’écroulement du régime communiste, la proclamation de la souveraineté croate et la reconnaissance internationale successive ont conduit  - pour la première fois dans l’histoire plus que millénaire de la Nation croate – à l’échange de représentations diplomatiques entre la Croatie et le Saint-Siège ».

Mgr Mamberti a souhaité, en conclusion « le progrès continu de la République de Croatie, au niveau matériel et surtout au niveau spirituel.  Et il a spécialement souhaité « au moment où est projetée et réalisée l’aspiration de pleine intégration de l’union Européenne, la Croatie renforce son identité et qu’ainsi elle soit un fermement de bien pour les autres pays ».