Le « secret » de la transmission de la foi

Benoît XVI s'adresse au Conseil pontifical pour les Laïcs

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ROME, vendredi 25 novembre 2011 (ZENIT.org) – Benoît XVI souhaite que les baptisés manifestent une foi personnelle solide : le témoignage personnel de la rencontre de Dieu est en effet le « secret » qui permet la transmission de la foi.

Le pape l’a redit ce vendredi matin, 25 novembre, aux participants de la 25e assemblée plénière du Conseil pontifical pour les Laïcs. On perçoit dans les propos du pape un lien avec l’Année de la Foi (2012-2013).

Benoît XVI invite à ramener « la question de Dieu » - thème de l’assemblée - non seulement dans la société mais à l’intérieur même de l’Eglise. Le pape évoque la situation des chrétiens d’Asie, minoritaires, et souvent confrontés à la persécution. Il annonce que le dicastère organise en 2012 un congrès des laïcs pour l’Afrique : il se tiendra au Cameroun.

Le « secret » de la foi, consiste en ceci, indique le pape, que « pour rencontrer Dieu, il faut rencontrer quelqu’un qui l’ait rencontré ».

Et la grande responsabilité des fidèles laïcs, c’est de préparer les conditions de cette rencontre, dont les conséquences sociales aussi sont importantes.

C’est dans ce contexte que le pape avait voulu mentionner les chrétiens d’Asie où « l’annonce chrétienne n’a encore atteint qu’une petite minorité qui vit souvent sa foi dans un contexte difficile, parfois même de vraie persécution ».

« Ces frères, a souligné Benoît XVI, témoignent d’une façon admirable de leur adhésion au Christ, en laissant entrevoir comment, en Asie, grâce à leur foi, de vastes espaces d’évangélisation s’ouvrent pour l’Eglise du IIIe millénaire ».

Car  la « question de Dieu » a des conséquences dans la vie publique. Et la crise actuelle est provoquée, en premier, non par des questions économiques et financières, mais le rejet de « toute référence à la transcendance » car c’est d’abord une crise du « sens » et des « valeurs ».

L’homme qui cherche à n’exister que de façon « positiviste », dans ce qui peut "se calculer et se mesurer", finit par être "étouffé", a expliqué Benoît XVI. Dans ce contexte, la question de Dieu est, dans un certain sens, « la question des questions »: "Elle renvoie à des questions de fond sur l’homme, aux aspirations à la vérité, au bonheur, à la liberté placées dans son cœur, et qui cherchent à se réaliser".

Et c’est une source d’espérance : « L’homme qui réveille en lui-même la question de Dieu s’ouvre à l’espérance, à une espérance fiable, pour laquelle cela vaut la peine d’affronter la fatigue de la route présente ».

Mais comment provoquer ce réveil ? « La question sur Dieu est réveillée par la rencontre avec quelqu’un qui a le don de la foi, qui a une relation vitale avec le Seigneur. Dieu est connu grâce à des hommes et des femmes qui le connaissent : la route vers lui passe, de façon concrète, par qui l’a rencontré. Ici, votre rôle de fidèles laïcs est particulièrement important », a insisté le pape.

Mais Benoît XVI a aussi insisté sur « la question de Dieu » en milieu ecclésial en disant : « Parfois, on a travaillé pour que la présence des chrétiens dans le social, dans la politique ou dans l’économie soit plus incisive, et peut-être ne s’est-on pas autant préoccupé de la solidité de leur foi, comme si c’était une donnée acquise une fois pour toutes ».

Le pape a fait observer que les chrétiens ne sont pas indemnes des « maladies » du monde, mais qu’ils partagent les « bouleversements », la « désorientation », les « difficultés » de leur époque. C’est pourquoi il indique « l’urgence de re-proposer la question de Dieu aussi à l’intérieur du tissu ecclésial »,

« Combien de fois, a-t-il fait remarquer, même lorsque l’on se définit comme chrétiens, Dieu n’est plus, de fait, la référence centrale de la façon de penser et d’agir, dans les choix fondamentaux de la vie ! La première réponse aux grands défis de notre temps réside alors dans une profonde conversion de notre cœur ».


ASB