Le sens de la prière pour la création, par le patriarche Bartholomaios Ier

Message pour le nouvel an liturgique orthodoxe

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Anne Kurian

ROME, vendredi 31 août 2012 (ZENIT.org) – Le patriarche œcuménique Bartholomaios Ier, archevêque de Constantinople, revient sur le sens de la prière pour la création, dans un message à l’occasion du 1er septembre 2012, premier jour de l’année liturgique pour de nombreux orthodoxes.

Pour le patriarche Bartholomaios Ier, « l’Eglise du Christ » est « pionnière » dans « l’effort écologique pour la protection de la planète ». En effet, rappelle-t-il, dès 1990 le patriarche Dimitrios (1914-1991) avait décrété le 1er septembre comme journée de prière pour l’environnement et la sauvegarde de la création.

Benoît XVI soutient d'ailleurs l'initiative de l'Eglise catholique italienne, qui vit cette journée de prière en union avec l'Eglise orthodoxe.

En quoi consiste cette prière pour la création ? Il s'agit d'implorer Dieu de « changer la mentalité des puissants du monde », afin qu’ils ne détruisent pas l’écosystème à cause de « profits financiers ou d'intérêts éphémères », explique le patriarche Bartholomaios Ier.

Mais l’invocation de l’Eglise en faveur de la création est aussi une « démarche de repentance », où le croyant reconnaît que c’est le péché de l’homme qui « détruit le monde », alors que l'humanité devrait « travailler pour la prospérité des ressources, avec soin et raison », ajoute-t-il.

Et cette démarche « concerne chacun », dans la mesure où « chacun génère des petits dommages écologiques » dans la création, même si c’est par « ignorance ». A ce titre, souligne le patriarche, le chrétien doit lui aussi faire une « démarche de repentance personnelle pour sa contribution – petite ou grande – à la défiguration et à la destruction de la création ».

La biodiversité, qui est « le travail de la sagesse divine », n’a « pas été donnée à l’humanité pour qu'elle y fasse un contrôle indiscipliné », estime-t-il. Au contraire, la domination de l’homme sur la terre « implique une utilisation raisonnable » des bénéfices de la création, et non pas « une appropriation destructrice de ses ressources par avidité ».

Il dénonce en ce sens les « abus excessif sur les ressources naturelles », causant la « destruction de l’équilibre de l’écosystème de la planète », tandis que « les règles divines de l’existence humaine sur terre sont de plus en plus transgressées », constate-t-il.

Or, poursuit le patriarche, les causes de ces bouleversements « ne sont pas inspirées par Dieu mais occasionnées par les hommes », et chacun en fait l’expérience soit au niveau local, soit à travers les phénomènes climatiques mondiaux actuels.

Concluant son message, il souhaite donc que l’action des personnes de « bonne volonté » en faveur de la création « porte du fruit ».