Le sida n’est pas une punition de Dieu, explique Mgr Léonard

Un sorte d’écologie de l’amour

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ROME, Jeudi 14 octobre 2010 (ZENIT.org) - Le sida n'est pas une punition de Dieu, explique Mgr Léonard, qui fait plutôt observer que « quand on malmène l'amour humain, peut-être finit-il par se venger ». Il évoque les mécanismes de l'écologie.

Un communiqué du diocèse de Malines-Bruxelles fait état de réactions à des propos de l'archevêque dans un livre d'entretiens paru mercredi en néerlandais (« Mgr Léonard - Gesprekken », éditions Lannoo, avec Dominique Minten et Louis Mathoux), en librairie en français depuis 2006 (avec Louis Mathoux), et tient à publier l'intégralité du passage en question.

«  Son avis, dit le communiqué, doit être considéré dans le contexte de l'ensemble de la réponse à la question qui est présenté dans le livre de 2006 (...). Mgr Léonard a parlé sur le sida comme une conséquence d'une sexualité libre entre adultes ».

La question de Louis Mathoux est : « Précisément, que pensez-vous du Sida ? Y voyez-vous une ‘punition de Dieu'  suite à la libération sexuelle ? »

Pour Mgr André-Joseph Léonard, il ne s'agit « pas du tout » d'une punition : « On a posé à Jean-Paul II un jour cette question-là : « Est-ce que le sida est une punition de Dieu ? » Il a répondu avec beaucoup de sagesse : « Il est très difficile de connaître les intentions de Dieu ». Pour ma part, je ne raisonnerais pas du tout en ces termes. Tout au plus je verrais cette épidémie une sorte de justice immanente, pas du tout une punition, un peu comme, sur le plan écologique, quand on malmène l'environnement, il finit par nous malmener à son tour.  Et quand on malmène l'amour humain, peut-être finit-il par se venger, sans qu'il faille y faire intervenir une cause transcendante ». 

Il renvoie à l'explication des chercheurs : « Peut-être s'agit-il d'une justice immanente, mais quant aux causes immédiates, ce sont les médecins qui seront aptes à dire où cette maladie est née, comment elle s'est transmise au début, quelles ont été les voies de sa propagation ».

Poursuivant le reapprochement avec les mécanismes de l'écologie, il ajoute: « Si vous souhaitez une considération plus générale, je la verrais plutôt dans l'ordre d'une certaine justice immanente. Malmener la nature physique amène celle-ci à nous malmener, et malmener la nature profonde de l'amour humain finit toujours par engendrer des catastrophes à tous niveaux ». 

(Monseigneur Léonard : Entretiens avec Louis Mathoux, p. 243)