Le Synode des évêques: "Instrument de la collégialité épiscopale"

Son origine, son rôle: présentation à http://www.vatican.va

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CITE DU VATICAN, Jeudi 15 mars 2001 (ZENIT.org)


- Le "synode des évêques" est un "instrument" de la "collégialité épiscopale", affirmait Jean-Paul II. Nous proposons ci-dessous une traduction de travail de la présentation du Synode des évêques, de son origine, de son rôle, proposée par le site officiel du Saint-Siège (http://www.vatican.va), en anglais, italien, espagnol. Nous traduisons de l´italien.

"Le synode des évêques est une institution permanente décidée par le pape Paul VI le 15 septembre 1965 en réponse au désir des Pères du Concile Vatican II pour maintenir vivant l´esprit authentique qui s´est formé grâce à l´expérience conciliaire.

"Synode" est un mot grec, "syn-hodos", qui signifie "réunion", "congrès". A l´origine, le mot signifie "cheminer ensemble" et exprime très bien l´intime essence du synode, qui est justement une "expression particulièrement féconde et l´instrument de la collégialité épiscopale" comme le disait Jean-Paul II. Le synode est en effet un lieu de rencontre des évêques entre eux, autour et avec le Souverain pontife, un lieu d´échange d´informations et d´expériences, pour la recherche commune de solutions pastorales valides universellement. De façon synthétique, le synode des évêques peut donc se définir comme une assemblée des représentants de l´épiscopat catholique qui a pour tâche d´aider le pape, par ses conseils, dans le gouvernement de l´Eglise universelle.

Déjà lors de la phase préparatoire du Concile Vatican II avait mûri l´idée d´un organisme épiscopal qui assiste le pape, d´une façon à déterminer, dans le gouvernement de l´Eglise universelle. Mgr Silvio Oddi, Internonce apostolique en République arabe unie (Egypte), proposait, le 5 novembre 1959, à propos du gouvernement central de l´Eglise, un "organe consultatif". Il disait: "De différents côtés, on se lamente du fait que l´Eglise n´ait pas, en dehors des congrégations, un organe consultatif permanent. Une sorte de "concile réduit" qui comprendrait des représentants… de toute l´Eglise, et qui se réunirait régulièrement, même seulement une fois par an, pour discuter des problèmes majeurs et suggérer éventuellement des directions nouvelles pour la "politique" de l´Eglise. Un organe étendu en somme à toute l´Eglise, comme les conférences épiscopales, qui réunissent tout ou partie de la hiérarchie d´un pays, comme d´autres organes (CELAM p. ex.), étendent leur propre activité au bénéfice de tout un continent".

La cardinal Alfrink, archevêque d´Utrecht, écrivait le 22 décembre 1959: "En termes clairs, le Concile proclame que le gouvernement de l´Eglise universelle est de droit exercé par le collège des évêques ayant à sa tête le Souverain pontife. Il en découle d´une part que le soin du bon état de l´Eglise universelle revient à chaque évêque pris individuellement, et de l´autre que tous les évêques peuvent avoir une participation au gouvernement de l´Eglise universelle. Cela peut se faire non seulement par la convocation du Concile oecuménique, mais aussi par la création de nouvelles institutions. Peut-être des conseils permanents d´évêques experts, choisis dans toute l´Eglise, pourraient-ils être chargés d´une fonction législative en union avec le Souverain pontife et les cardinaux de la curie. Les congrégations romaines ne conserveraient qu´un pouvoir consultatif et exécutif".

Mais c´est Paul VI qui donna de la force à ces idées. Encore archevêque de Milan, dans son discours commémoratif à la mort de Jean XXIII, il mentionnait une "constante collaboration du corps épiscopal non à l´exercice (qui restera personnel et unitaire) mais à la responsabilité du gouvernement de l´Eglise entière"

Une fois élu pape, dans son discours à la curie romaine (21 septembre 1963), puis son discours d´ouverture de la seconde période du concile (29 septembre 1963) et dans discours de clôture (4 décembre 1963), il est revenu sur ce concept de collaboration du corps épiscopal avec le Successeur de Pierre à la responsabilité du gouvernement de l´Eglise universelle.

A la fin du discours inaugural de la dernière période du concile Vatican II (14 septembre 1965) Paul VI donnait lui-même l´annonce joyeuse du synode des évêques: "La deuxième chose est l´annonce, que nous sommes heureux de vous donner nous même, de l´institution, souhaitée par ce Concile d´un Synode des évêques, qui, composé de prélats, nommés par la majeure partie des conférences épiscopales, avec notre approbation, sera convoqué, selon les besoins de l´Eglise, par le Pontife romain, pour une consultation et une collaboration, lorsque, pour le bien général de l´Eglise, cela lui semblera opportun. Nous considérons superflu d´ajouter que cette collaboration de l´épiscopat apportera de grands avantages au Saint-Siège et à toute l´Eglise, et qu´en particulier, elle pourra être utile au travail quotidien de la Curie romaine, à laquelle nous devons tant de reconnaissance pour son aide si efficace et dont, comme les évêques dans leur diocèse, nous avons nous aussi un besoin permanent pour notre sollicitude apostolique. Les nouvelles et les normes seront portées à la connaissance de cette assemblée dès que possible. Nous n´avons pas voulu nous priver de l´honneur et du plaisir de vous faire cette communication succincte pour vous témoigner une fois encore personnellement notre confiance, notre estime et notre fraternité. Nous mettons cette nouveauté belle et prometteuse sous la protection de la Très sainte Vierge Marie".

Le lendemain matin, 15 septembre 1965, au début de la 128e congrégation générale, Mgr Pericle Felici, Secrétaire général du Concile, annonçait la promulgation du Motu proprio "Apostolica sollicitudo", par lequel le Synode était institué définitivement".
(cf. http://www.vatican.va)