Le Vatican prend ses distances par rapport à la transcription d'une interview

Pédophilie, mafia, éducation

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 852 clics

Le Vatican prend ses distances par rapport à un article publié par le quotidien italien La Repubblica, dimanche 13 juillet: les principaux thèmes étant les abus sexuels sur mineurs de la part de membres du clergé, l’Eglise catholique face à la mafia, et l'éducation, premier devoir des parents.

Des propos qui ne sont pas à attribuer au pape

L'article est signé par le fondateur et ancien directeur du quotidien, Eugenio Scalfari, qui a été reçu par le pape François au Vatican, pour la troisième fois, jeudi dernier, 10 juillet.

On "ne peut, ni ne doit parler d’aucune manière d’une interview au sens habituel du terme, comme si était rapportée une série de questions et de réponses illustrant avec fidélité et certitude la pensée précise de l’interlocuteur", avertit le porte-parole du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi, sj.

Il reconnaît qu'il s'est agi d'un entretien "cordial et très intéressant", tout en ajoutant des réserves: "Comme il l’a déjà fait dans des circonstances analogues" les paroles que l'auteur attribue au pape, entre guillemets, sont "le fruit de sa mémoire de journaliste expert, non une transcription précise d’un enregistrement, et encore moins d’un contrôle de la part de l’intéressé à qui sont attribués ces propos".

Dénoncer les faits

"Donc, insiste le P. Lombardi, si l’on peut estimer que l’ensemble de l’article rapporte le sens et l’esprit de l’entretien entre le Saint-Père et Scalfari, il convient de rappeler avec force ce qui a déjà été dit lors des précédentes "interviews" apparues dans La Repubblica, à savoir que les expressions citées dans la formulation rapportée, ne peuvent être attribuées avec certitude au Pape."

Il attire l'attention sur deux passages qui ne sont "pas à attribuer au Pape", à savoir que parmi les pédophiles, il y aurait aussi des cardinaux, et que le Pape aurait dit à propos du célibat des prêtres qu’il "trouverait des solutions".

Le P. Lombardi fait observer que "curieusement, les guillemets sont ouverts, mais pas refermés… Il manque simplement les guillemets de fin…. Oubli ou reconnaissance explicite qu’on fait une manipulation pour les lecteurs ingénus ?"

Dans ce compte-rendu, E. Sclafari cite aussi la réaction du pape face aux chiffres de la pédophilie: le fait qu’il y ait 2% de pédophiles dans l’Eglise ne le "rassure pas", il y voit une "donnée très grave". Il condamne ceux qui dans l’Eglise se sont tus ou ont "puni" sans dénoncer les faits. Il indique sa ferme détermination à continuer le combat contre la "lèpre" de la pédophilie.

L'éducation, premier devoir des parents

Quant à la condamnation de la mafia par l'Eglise, qui a récemment suscité la réaction d'évêques italiens, le pape avertit qu'elle sera "constante". Il affirme qu’il aimerait en savoir plus sur la mentalité des mafieux et sur la forme de religiosité que ces derniers pensent vivre.

Pour ce qui est de la question du "repentir en fin de vie", le pape répond que seul "Dieu sait": "nous ne pouvons pas juger si le repentir est vrai ou faux, mais Dieu sait et juge". Même réponse que pour "ceux qui font du mal en étant de bonne foi et en pensant faire le bien". Il invite à "examiner en profondeur les livres de sagesse de la Bible et de l’Evangile" et renvoie au concile Vatican II pour la question du mal et d ela conscience.

Pour ce qui concerne l'éducation, le pape regrette que les parents ne soient pas toujours conscients de leur "devoir premier", et il y voit une "terrible omission". Il recommande au contraire "d'accompagner avec amour les petits vers le bien, les encourager et les stimuler à construire leurs personnalités, et à échanger avec celles des autres". Eduquer, explique-t-il, c'est "cultiver une fleur" qu'on "protège du mauvais temps, des parasites".