Le Vatican souhaite une Charte internationale de la famille

Congrès de travail de juristes internationaux

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 725 clics

Le Vatican souhaite une Charte internationale de la famille, afin « d’élever le niveau culturel du débat », en dépassant « les préjugés idéologiques et les lobbies ».

Mgr Vincenzo Paglia, président du Conseil pontifical pour la famille, a présenté le Congrès de travail de juristes internationaux organisé à l’occasion du XXXème anniversaire de la « Charte des droits de la famille », ce matin, 20 septembre 2013, au Vatican.

Le Congrès de travail a été ouvert hier, 19 septembre, jusqu’au 21 septembre, en présence de près de 200 juristes internationaux, sur le thème « Les droits de la famille et les défis du monde contemporain », à l’Université pontificale Urbanienne.

Le cardinal Francesco Coccopalmerio, président du Conseil pontifical pour les textes législatifs et Mme Helen M. Alvaré, professeur de droit à Washington, sont également intervenus.

Un système organique des droits de la famille

Selon un communiqué du dicastère, Mgr Paglia a rappelé que la Charte a été voulue et confiée au Conseil pontifical pour la famille par le Synode des évêques, et que sa rédaction est le fruit de trois ans de travail : « Il ne s’agissait pas seulement de répéter une doctrine mais plutôt d’élaborer, à travers une réflexion également d’ordre juridique, un système organique des droits de la famille conçue comme une entité juridique indépendante ».

L’archevêque a estimé que l’Eglise ne pouvait pas « laisser les différents pays, ainsi que les différents sièges internationaux où l’on décide du sort des peuples et des familles, agir sans l’apport spécifique de la pensée juridique d’inspiration catholique et humaniste ».

Souvent a-t-il déploré, « les processus législatifs sont en fait invalidés par les préjugés idéologiques et par des lobbies qui agissent en fonction d’intérêts de nature privée. Il est urgent d’élever le niveau culturel du débat, y compris dans le domaine du droit de la famille ».

Malheureusement, a souligné Mgr Paglia, « au cours de ces trente dernières années, la Charte est restée un document peu connu », malgré le fait qu’elle comporte en une synthèse organique « les principes qui apparaissent également dans d’autres textes de l’Église et qui conservent toute leur actualité », et qu’« elle traduit des formules exprimées selon des termes techniques et juridiques en l’exigence d’être intrinsèque au projet divin de la famille ».

L’un des désirs du Vatican, a-t-il conclu, est que cette Charte « puisse inspirer la rédaction d’une Charte internationale des droits de la famille », sur le modèle de la Charte des droits de l’homme.

Pour un vrai féminisme

Mme Helen Alvaré est intervenue sur la situation des femmes, faisant observer que si elles avaient gagné en autonomie, en reconnaissance et en possibilité d’épanouissement dans la société, elles rencontraient dans le même temps « des difficultés et des obstacles », notamment à cause « d’une anthropologie erronée » et « d’un manque de respect pour la vie humaine ».

En effet, a-t-elle expliqué, les propositions faites aux femmes à l'extérieur de leur maison sont pour la plupart « structurées sur les besoins d'un homme sans enfant » et non sur « une femme avec des rôles familiaux ».

Pour répondre aux réels besoins des femmes, Mme Alvaré a préconisé d’abord l'éradication de l'ingérence sexuelle de la politique gouvernementale : « supprimer les messages sur le sexe, le mariage et la parentalité omniprésents ». Puis « mettre en place une politique familiale intégrée ».

Pour Mme Alvaré, le féminisme ne doit pas viser à configurer les femmes « aux normes d'un homme seul, sans enfant » et il ne doit pas non plus faire des enfants les victimes.

Elle a proposé de travailler pour « une meilleure connexion avec les hommes et une meilleure compréhension de la complémentarité » afin de résoudre « la méfiance entre les sexes qui prévaut actuellement », et de promouvoir « l'amour stable, le sexe qui a du sens, c'est-à- dire avec l’engagement et avec les enfants ».

La « Charte des droits de la famille » vient à nouveau d’être publiée en cinq langues (italien, anglais, espagnol, français et portugais) par la Libreria Editrice Vaticana, en collaboration avec le dicastère pour la famille.