Les 50 propositions du Synode sur l’Eucharistie (36-40)

Traduction de la version non officielle en italien

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ROME, Lundi 7 novembre 2005 (ZENIT.org) – A la fin du Synode des évêques sur l’Eucharistie, qui s’est achevé dimanche 23 octobre, les pères synodaux ont rédigé une liste de 50 propositions (dont le texte officiel est en latin) destinées au pape Benoît XVI. Celui-ci a autorisé la publication d’une version non officielle en italien de ces propositions. Nous proposons ci-dessous la traduction des propositions 36 à 40.



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Proposition 36

L’utilisation du latin dans les célébrations liturgiques

Dans la célébration de l’Eucharistie au cours des rencontres internationales, toujours plus fréquentes aujourd’hui, pour mieux exprimer l’unité et l’universalité de l’Eglise, on propose :
- de suggérer que la (con)célébration de la messe soit en latin (à l’exception des lectures, de l’homélie et de la prière des fidèles). De même, que soient récitées en latin les prières de la tradition de l’Eglise et éventuellement que soient exécutés des cantiques du chant grégorien ;
- de recommander que les prêtres soient préparés, dès le séminaire, à comprendre et célébrer la messe en latin, ainsi qu’à utiliser des prières latines et à savoir valoriser le chant grégorien ;
- de ne pas négliger la possibilité d’éduquer les fidèles eux-mêmes dans ce sens.


Proposition 37

Les grandes concélébrations

Les pères synodaux reconnaissent la grande valeur des concélébrations, notamment celles présidées par l’évêque et ses prêtres, les diacres et les fidèles. On demande, cependant, aux organismes compétents de mieux étudier la pratique de la concélébration lorsque le nombre des célébrants est très élevé.


Troisième partie

La mission du peuple de Dieu nourri de l’Eucharistie

Eucharistie et communauté chrétienne

Proposition 38

Reconnaissance pour les prêtres, les diacres et les autres ministres et collaborateurs liturgiques

L’Assemblée synodale exprime sa profonde reconnaissance, son appréciation et son encouragement aux prêtres, en particulier aux prêtres « fidei donum », ministres de l’Eucharistie, qui avec compétence et un généreux don de soi édifient la communauté avec l’annonce de la Parole de Dieu et du pain de la vie. On recommande vivement aux prêtres la célébration quotidienne de la messe, même s’il n’y a pas de participation de fidèles.
Le Synode remercie de même les diacres permanents qui collaborent avec les prêtres à l’œuvre d’évangélisation à travers la proclamation de la Parole de Dieu et la distribution de la communion. Il conviendrait de promouvoir ce ministère selon les indications du Concile. De même, il est important de remercier les ministres institués, les personnes consacrées, hommes et femmes, les ministres extraordinaires de la communion, les catéchistes et autres collaborateurs, qui aident à préparer et célébrer l’Eucharistie et la distribuent avec dignité, en particulier les animateurs qui transmettent la Parole de Dieu et distribuent la communion lors des célébrations communautaires dans l’attente de prêtre. Les pères synodaux apprécient beaucoup le témoignage des fidèles chrétiens qui participent fréquemment à la célébration eucharistique en semaine, surtout ceux qui doivent faire face à des difficultés importantes liées à leur âge et aux distances.


Proposition 39

Spiritualité eucharistique et vie quotidienne

Les fidèles chrétiens ont besoin d’une meilleure compréhension des relations entre l’Eucharistie et la vie quotidienne. La spiritualité eucharistique n’est pas seulement la participation à la messe et la dévotion au Très Saint Sacrement. Celle-ci engage la vie tout entière.
Nous encourageons surtout les fidèles laïcs à continuer à rechercher un sens plus profond de l’Eucharistie dans leur vie et à avoir faim de Dieu. Nous demandons aux théologiens laïcs de faire part de leur expérience de la vie quotidienne vécue dans un esprit eucharistique. Nous encourageons spécialement les familles à s’inspirer de l’Eucharistie et à y puiser la vie. De cette manière elles participent à la transformation de leur milieu social à travers le témoignage de leur vie personnelle et l’exercice de leur vocation baptismale qui les engage à porter la Bonne Nouvelle à leur prochain. Dans ce contexte, resplendit le témoignage prophétique des personnes consacrées hommes et femmes, qui trouvent dans la célébration de l’Eucharistie et dans l’Adoration la force de suivre le Christ de manière radicale, dans l’obéissance, la chasteté et la pauvreté. La vie consacrée y trouve la source de la contemplation, la lumière pour l’action apostolique et missionnaire, le sens ultime de son engagement auprès des pauvres et des exclus et le gage des réalités du Royaume.


Proposition 40

Les divorcés remariés et l’Eucharistie

En continuité avec les nombreuses déclarations du Magistère de l’Eglise et partageant la douloureuse préoccupation exprimée par de nombreux pères, le Synode des évêques rappelle l’importance d’une attitude et d’une action pastorale d’attention et d’accueil envers les fidèles divorcés et remariés.
Selon la Tradition de l’Eglise catholique, ceux-ci ne peuvent être admis à la communion, étant donné qu’ils se trouvent dans une situation objectivement contraire à la Parole du Seigneur qui a ramené le mariage à la valeur originelle de l’indissolubilité (cf. CEC 1640), dont témoigne son don sponsal sur la croix duquel les baptisés sont rendus participants à travers la grâce du sacrement. Les divorcés remariés appartiennent toutefois à l’Eglise, qui les accueille et les suit avec une attention spéciale afin qu’ils cultivent un style de vie chrétien à travers la participation à la messe, même s’ils ne reçoivent pas la communion, l’écoute de la Parole de Dieu, l’adoration eucharistique, la prière, la participation à la vie communautaire, le dialogue confiant avec un prêtre ou un maître de vie spirituelle, l’engagement à vivre la charité, les œuvres de pénitence, l’engagement éducatif envers les enfants. Si la nullité du lien matrimonial n’est pas reconnue et que l’on fournit des conditions objectives qui rendent la coexistence irréversible, l’Eglise les encourage à vivre leur relation selon les exigences de la loi de Dieu, en la transformant en une amitié loyale et solidaire; ils pourront ainsi s’approcher à nouveau de la table eucharistique, avec les attentions prévues par la pratique ecclésiale expérimentée, mais que l’on évite de bénir ces relations afin de ne pas engendrer de confusions parmi les fidèles concernant la valeur du mariage.

Dans le même temps le synode souhaite que tous les efforts possibles soient mis en oeuvre aussi bien pour assurer le caractère pastoral, la présence et l’activité correcte et pleine de sollicitude des tribunaux ecclésiastiques pour les causes de nullité du mariage (cf Dignitas connubii), que pour approfondir davantage les éléments essentiels en ce qui concerne la validité du mariage, tenant également compte des problèmes venant d’un contexte de profonde transformation anthropologique de notre temps, par lequel les fidèles eux-mêmes risquent d’être conditionnés, en particulier à cause d’un manque de formation chrétienne solide.
Le synode estime que, dans tous les cas, une grande attention doit être accordée à la formation de ceux qui se préparent au mariage et qu’il convient de s’assurer au préalable qu’ils partagent réellement les convictions et les engagements indispensables pour la validité du sacrement du mariage, et demande aux évêques et aux curés le courage d’un sérieux discernement pour éviter que des élans émotifs ou des raisons superficielles conduisent ceux qui se préparent au mariage à assumer une grande responsabilité pour eux-mêmes, pour l’Eglise et pour la société, qu’ils ne pourront ensuite honorer.

[Texte original italien – Traduction réalisée par Zenit]