Les armes nucléaires, antithèse de l'aspiration à la paix

Par Mgr Chullikatt

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 763 clics

Le Saint-Siège appelle à « abolir les armes nucléaires », qui sont « l'antithèse de l'aspiration de l'humanité à la paix ». Il plaide pour que les sommes d'argent servant à maintenir les armes nucléaires soient plutôt utilisées « pour répondre aux besoins des plus pauvres du monde ».

Mgr Francis A. Chullikatt, observateur permanent du Saint-Siège à l'ONU de New York, est intervenu le 30 avril 2014 au cours de la réunion préparatoire finale de la Conférence d'examen du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) de 2015.

Le Saint-Siège renouvelle son appel à « abolir les armes nucléaires afin que le monde soit libéré du spectre potentiel de destruction massive ». En effet, les armes nucléaires, qui sont « l'antithèse de l'aspiration de l'humanité à la paix », n'ont « pas leur place dans une communauté internationale déterminée à parvenir à la sécurité mutuelle à l'échelle mondiale ».

En outre, les États dotés d'armes nucléaires « ne devraient pas continuer à dépenser plus de 100 milliards de dollars par année pour maintenir leurs armes nucléaires, alors que cette ressource financière précieuse est désespérément nécessaire pour le développement économique et social, pour répondre aux besoins des plus pauvres du monde ».

Si « le désarmement nucléaire est loin d'être une cause perdue », cependant 44 ans après l'entrée en vigueur du TNP, le Saint-Siège déplore encore « l'existence de quelque 17.000 armes nucléaires ». Un constat qui laisse supposer « que les armes nucléaires continueront à faire partie des arsenaux militaires dans la seconde moitié du 21e siècle », ce qui risque de reléguer le traité aux « reliques d'un autre âge ».

Les principaux États dotés d'armes nucléaires, qui « démontrent un fort intérêt pour freiner la prolifération », ne mettent pas le même degré d'urgence dans « leur engagement à se départir de ces instruments », fait observer Mgr Chullikatt.

Pourtant, « la doctrine militaire de la dissuasion nucléaire est considéré par un grand nombre de pays comme un obstacle majeur pour des progrès significatifs sur le désarmement nucléaire... les armes nucléaires sont la quintessence de la l'insécurité ».

Le Saint-Siège plaide donc pour « des progrès urgents » conduisant à « une interdiction juridique mondiale sur les armes nucléaires » : « ma délégation espère que les grands États prendront des mesures plus substantielles et résolues pour éliminer le fléau de ces armes nucléaires moralement inacceptables ».

Il estime que les États dotés d'armes nucléaires doivent « travailler avec les États non-nucléaires pour élaborer un instrument juridiquement contraignant interdisant la possession d'armes nucléaires ».