Les chrétiens d’Irak poursuivent leur exode « forcé »

Passés du sud au nord, ils manquent cruellement de travail et de services

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ROME, Vendredi 8 janvier 2009 (ZENIT.org) - En Irak, de nombreux chrétiens du sud sont allés se réfugier dans le nord kurde, espérant y trouver de meilleures conditions de vie. Mais face aux immenses difficultés qu'ils doivent affronter, ces derniers se voient de plus en plus contraints à quitter définitivement le pays.

Mgr Louis Sako, archevêque de Kirkuk, explique à l'association internationale Aide à l'Eglise en détresse (AED) que les difficultés d'approvisionnement en électricité et en eau potable, le vide scolaire, le chômage et le manque d'assistance médicale dans le Kurdistan autonome, augmentent l'émigration chrétienne de l'Irak. 

Au dernier recensement de 1987, les chrétiens irakiens étaient 1.4 millions ; aujourd'hui ils ne dépassent pas les 300.000. Les attaques contre les chrétiens et les églises dans la région de Mossoul, qui sont toujours d'actualité et ont été un nouveau tourment pour les habitants pendant la période de Noël (cf. ZENIT, 25 décembre 2009), ne font qu'empirer la situation. 

Mgr Sako s'est dit « sans voix » sur la cause des récentes attaques de Mossoul, où trois chrétiens ont été tués et un étudiant universitaire enlevé. 

« Qui y a-t-il derrière ces attaques?, s'est-il interrogé. Il n'y a pas de preuves ». 

Pour l'archevêque, les politiciens du nord devraient se concentrer sur la crise humanitaire au lieu de se laisser distraire par les prochaines élections. 

« Le gouvernement central et local devrait défendre les citoyens, a-t-il déclaré. Or, tous les groupes politiques sont engagés dans la course aux élections. Il y a une vraie lutte pour le pouvoir ». 

Dans la ville à majorité chrétienne de Bartilla, à 30 km environ au nord de Mossoul, sur la plaine de Ninive, une voiture piégée à explosé en plein marché. Pour Mgr Sako, les raisons de l'attentat sont de nature politique. 

La déflagration a fait une douzaine de blessés et endommagé de nombreuses maisons et magasins.

« Certaines attaques visent à renvoyer les élections ou à les annuler, voire même à en déterminer le résultat », a-t-il conclu.