Les chrétiens du Moyen-Orient ne sont pas seuls

Par Mgr Nikola Eterovic

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Anne Kurian

ROME, vendredi 14 septembre 2012 (ZENIT.org) – Les chrétiens du Moyen Orient ne sont pas seuls, ils ont le soutien de tous les chrétiens du monde, affirme Mgr Eterovic dans l’édition italienne de L’Osservatore Romano du 13 septembre 2012.

Mgr Nikola Eterovic, secrétaire général du synode des évêques, est revenu sur la signification de l’exhortation post-synodale « Ecclesia in Medio Oriente » que Benoît XVI va signer ce 14 septembre 2012 au Liban.

Lors du synode des évêques pour le Moyen Orient (octobre 2010), Benoît XVI a « accueilli le vote des Pères synodaux » et a élaboré son exhortation, y apportant « la contribution du charisme pétrinien, à travers une relecture de la première lettre que saint Pierre écrit à quelques communautés croyantes de l'Asie Mineure qui se trouvent en difficulté », explique Mgr Eterovi.

Au cours des travaux, ajoute-t-il, Benoît XVI a redit plusieurs fois que « la vraie paix et réconciliation » entre les peuples ne seront atteintes que si elles sont fondées sur la justice, une justice qui « lutte contre le péché qui est à l'origine de toute division ». Pour Mgr Eterovic, le pape « désire surtout dépasser toutes les distinctions entre les hommes et encourager tout effort pour parvenir à la paix ».

En outre, Benoît XVI insiste sur le « dialogue avec les membres des autres religions », dialogue qui au Moyen Orient devient « fondamental », poursuit l’évêque, précisant qu’il se vit « avec un cœur pur », afin d’offrir « le témoignage de la sérénité et de la convivialité », exprimant « l’unité et de l’harmonie de la famille humaine ».

Concrètement, il s’agit de « réfléchir sur ce qui unit », en cherchant à « dépasser ce qui divise », souligne Mgr Eterović. Au Moyen Orient, c’est « la vie quotidienne » même que les chrétiens partagent avec les musulmans : en effet, « la présence chrétienne dans la région remonte aux premières années du christianisme » et en cela ils sont « partie intégrante du Moyen Orient ».  

Les chrétiens donnent à la « culture riche propre du Moyen Orient » une « contribution égale à celle des juifs et des musulmans », particulièrement « dans le domaine de l'éducation et de la santé », et ont donc « le droit de participer pleinement à la vie de leur propre nation », estime-t-il.

Par son voyage au Liban et par son exhortation apostolique, le pape désire « encourager tous les chrétiens du Moyen Orient à maintenir vive, avec courage, la flamme de l’amour divin dans l’Eglise et dans leurs milieux de vie et d’activité », selon le secrétaire général du synode.

Ainsi, les chrétiens du Moyen Orient ont l’assurance qu’ils « ne sont pas seuls », ils ont le « soutien de tous les chrétiens du monde » afin de pouvoir, « avec un courage renouvelé, témoigner du Christ présent au milieu des siens jusqu’à la fin des temps ».

D’ailleurs, constate Mgr Eterovic, depuis le synode des évêques, l’Eglise catholique au Moyen Orient a fait preuve de sa volonté de « raviver la communion et le témoignage ».

Lorsqu’on parle de l’Eglise catholique au Moyen-Orient, il faut prendre en compte « l’Eglise copte, l’Eglise grecque-melkite, l’Eglise syrienne, l’Eglise maronite, l’Eglise chaldéenne, l’Eglise arménienne » ainsi que « l’Eglise de rite latin et les prêtres et fidèles venus de l’Inde, des archevêchés majeurs d’Ernakulam-Angamaly des Syro-malabars et de Trivandrum des Siro-malankars », rappelle-t-il.

C’est seulement « ensemble » que les membres de ces Eglises « témoignent de l'unité de la foi dans la diversité de leurs traditions, des expressions théologiques, spirituelles, liturgiques et canoniques, comme dans la variété des contextes géographiques, religieux, sociaux et politiques », déclare l'évêque.

En l’occurrence, pour pouvoir « manifester pleinement la communion au niveau œcuménique et en relation avec les autres religions », les chrétiens doivent « d’abord la vivre au sein de l’Eglise catholique et à l’interne de chacune des Eglises particulières », souligne Mgr Eterović.

La communion exige « la recherche de la vérité dans l’humilité de celui qui se reconnait pécheur devant Dieu et le prochain, la capacité de pardon, de réconciliation et de purification de la mémoire, au niveau personnel et communautaire », précise-t-il.