Les chrétiens ne sont pas des pièces d’antiquité, souligne le card. Tauran

Clôture de l’Année Saint-Paul en Turquie

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ROME, Mardi 30 juin 2009 (ZENIT.org) - « Nos églises ne sont pas des musées, les chrétiens ne sont pas des pièces d'antiquité », a lancé le cardinal Jean-Louis Tauran, envoyé spécial de Benoît XVI aux célébrations de clôture de l'année paulinienne en Turquie, en invitant la minorité chrétienne du pays à avoir « le courage de la différence ». 

Le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux a invité les chrétiens à être « cohérents », a rapporté l'agence de la conférence épiscopale italienne SIR (Service d'informations religieuses). « Soyez une minorité dont tous, dans ce grand pays riche d'histoire, attendent quelque chose de différent », a-t-il ajouté.  

« Nos églises ne sont pas des musées, les chrétiens ne sont pas des pièces d'antiquité », a-t-il affirmé devant de nombreux catholiques turcs réunis dans l'église Saint-Paul à Tarse.  

Le cardinal a aussi proposé aux fidèles la figure de saint Paul, apôtre des nations, comme « un exemple à suivre ». « Dieu est allé à la recherche de Paul, il l'a appelé par son nom ». « Pour Dieu, nous ne sommes pas un numéro, comme ceux que l'on gravait dans les camps de concentration, mais il nous appelle par notre nom », a-t-il expliqué.  

Ainsi, « chacun a une vocation », a-t-il poursuivi en présentant l'Eglise comme un « espace de communion entre les hommes ». Pour le cardinal, « on n'aime pas l'homme si on l'aide à acquérir richesse et pouvoir, mais on l'aime si on l'aide à se mettre au service du prochain et à être bienveillant ».  

La veille, 28 juin, à Antioche, lors de l'ouverture des célébrations conclusives de l'Année paulinienne, le cardinal Tauran avait aussi proposé l'exemple de Paul, exhortant les fidèles à « demander à Dieu le courage nécessaire pour proclamer et proposer la Bonne Nouvelle à nos frères en humanité, sans peur ni fléchissement ».  

« Le pluralisme qui caractérise le monde d'aujourd'hui nous pousse à rappeler que celui qui veut suivre Jésus doit porter sa croix, celui qui aime sa vie la perd, la personne humaine est sacrée, comme la vie », avait-il ajouté. « Il faut beaucoup de courage pour apporter ce message sur la place publique d'aujourd'hui ».  

Le cardinal Tauran avait souligné combien, « depuis les débuts, le christianisme a été à l'opposé de la sagesse du monde ». « Si nous avons le courage de la différence, alors l'Evangile sera annoncée à travers notre vie », avait-il souligné.  

« L'Eglise de Jésus n'est pas une monarchie absolue, ni une organisation internationale mais une famille, elle est communion et dialogue », avait-il aussi estimé. « L'Eglise est le visage du Christ et nous en sommes les traits ». « Nous devons donc être des témoins crédibles de Jésus », avait conclu le cardinal français. 

Marine Soreau