Les chrétiens ne sont pas un danger mais une richesse !

Le card. Tauran en Biélorussie

Rome, (Zenit.org) Océane Le Gall | 502 clics

Montrer au peuple biélorusse que « les chrétiens ne sont pas un danger mais au contraire une richesse » : tel était le souci principal du pape François en envoyant le cardinal Jean-Louis Tauran, président du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, pour les célébrations officielles du  IVème centenaire de l'arrivée de l'icône de Marie dans le pays, honorée dans sanctuaire national de Budslau.

Près de 40 000 fidèles, parmi lesquels de nombreux jeunes, ont participé à cet évènement majeur, dans une ambiance de joie et de recueillement qui a beaucoup impressionné l’envoyé spécial du pape, en visite dans le pays du 3 au 8 juillet dernier.

« Il y avait 40.000 jeunes qui, pendant la nuit, ont cheminé, adoré le Saint Sacrement, participé aux eucharisties, se sont confessés (…) et quelle grande messe à 11h00 le samedi matin dans le sanctuaire, en plein air (…). Un concert de prière extraordinaire, exceptionnel vraiment ! », confie-t-il au micro de Radio Vatican, à son retour à Rome.

Le premier séminaire de rite latin

Le cardinal a rencontré aussi les représentants des institutions civiles et académiques, ainsi que les autorités religieuses du pays, à majorité orthodoxe, et avoir un entretien avec le Président de la République de Biélorussie, Alexandre Loukachenko qui a fait part de sa décision de concéder à l’Eglise catholique un terrain sur lequel celle-ci pourra construire le premier séminaire de rite latin dans le pays.

Ce geste qualifié de « concret et précis » par le cardinal Tauran, constitue pour lui un réponse au message du pape dont il était porteur : « les chrétiens sont vraiment une richesse pour le peuple et non un danger ni pour les orthodoxes, ni pour la société civile ! ».

« C’était  le thème de la conversation que j’ai eue avec le président, qui a été très intéressé par cette perspective », car « on est croyant et citoyen, on n’est pas croyant ou citoyen, donc on doit pouvoir compter sur la loyauté des citoyens chrétiens », commente-t-il.

Collaboration entre catholiques et orthodoxes

Mais grande fut également l’émotion du cardinal Tauran d’avoir pu constater sur place « presque physiquement » que « le sang des chrétiens est vraiment semence de chrétiens, semence de la vie chrétienne ».

Grand aussi fut son désir d’encourager les jeunes chrétiens de Biélorussie à ne pas perdre cet héritage : «  Tous leurs ancêtres ont été victimes des russes, des allemands. C’est une terre qui a été ravagée par les guerres. C’était donc très important que le pape François rappelle que Dieu est tendresse, Dieu est amour et miséricorde. Je crois que c’est un message que j’ai essayé de traduire en fait pour eux. »

Malgré encore « quelques problèmes administratifs », le cardinal Tauran se réjouit des bons rapports de « collaboration » entre l’Eglise catholique locale et les évêques orthodoxes, et entre  l’Eglise et le gouvernement : « Il y a toujours quelques secteurs de la population qui sont un peu étonnés, qui luttent contre cette ouverture du président Loukachenko mais je crois que la majorité du peuple est pour ce dialogue de la vie quotidienne, de la vie. Internet est là donc je crois qu’il y a une évolution, qui est en cours ».  

Le cardinal évoque également la question des lieux de culte, insuffisants pour les fidèles : « il n’y a pas assez d’églises, c’est difficile d’en construire, les prêtres sont nombreux… ». En outre, sans séminaire pour  former les prêtres, les jeunes candidats sont envoyés en Pologne pour se former.

Mais « maintenant il y aura un séminaire latin, ils seront formés sur place et ça c’est important ! » ajoute-t-il, constatant que l’Eglise sur place est bien vivante, les jeunes surtout, « très enthousiastes ».

Son commentaire final sur ces cinq jours de visite : « Il y avait une atmosphère de grande joie. C’est là où l’on voit la communion catholique, l’unité dans la diversité (…) On reçoit plus qu’on n’y apporte ».