Les chrétiens seraient-ils persécutés parce qu’ils parlent d’égalité ?

Les interrogations du cardinal Bagnasco lors de la messe de l’Epiphanie

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ROME, Vendredi 7 janvier 2011 (ZENIT.org) - « Aussi effarés que le Saint-Père Benoît XVI devant l'intolérance religieuse et tant de violence, nous nous demandons : Pourquoi ? », a déclaré hier jeudi le cardinal Angelo Bagnasco, archevêque de Gênes et président de la Conférence épiscopale italienne (CEI), en présidant la messe de l'Epiphanie du Seigneur dans la cathédrale de Gênes.

« Cette question n'est pas une question rhétorique et ne cache en rien un désir de vengeance, a poursuivi le cardinal dans son homélie. Elle est sincère et nait - et il ne peut en être autrement - du sang de si nombreux chrétiens, de leurs souffrances. C'est une question qui fait écho au frisson d'interrogations qui parcourt tant de régions du monde : Pourquoi ? ».

« Peut-être parce que l'on identifie le christianisme au monde occidental ? - a-t-il ajouté, - et contre lequel explosent des ressentiments d'hier et d'aujourd'hui ? Mais il ne peut échapper que l'Evangile s'incarne dans chaque culture sans s'identifier à personne ».

« Il est historique, a expliqué le cardinal Bagnasco - et donc appelé à être sel et levain dans la pâte où il se trouve. Mais il revêt aussi une dimension méta-historique à laquelle on ne saurait renoncer. La foi chrétienne, a-t-il rappelé, est présente dans le monde entier, selon le mandat du Seigneur, et s'implante, cohabite, de manière respectueuse et bénéfique, dans chaque pays, peuple, tradition ».

Ou alors, a dit le président de la CEI, « l'intolérance, dont les chrétiens font l'objet, est-elle due à leur propre intolérance religieuse ? Là aussi, nous devons regarder sereinement la doctrine de la foi et le comportement des disciples du Christ ».

« Dans l'enseignement de Jésus il n'existe pas l'ombre d'une intolérance, mais uniquement l'invitation à chercher honnêtement la vérité, nous rappelant que seule la vérité libère l'homme et qu'elle est le critère du bien moral », a-t-il souligné.

« Là où ils vivent et sont majoritaires, les chrétiens ne sont arrogants envers personne, et encore moins intolérants. Ils participent à la vie publique dans le respect des lois, proposent les valeurs fondamentales qui sont à la base de l'humanisme et d'une société libre et juste : des principes et des valeurs auxquels ils croient de par leur foi mais qui sont aussi une conquête de la raison ».

« Mais alors, s'interroge le cardinal Bagnasco, serait-ce que les chrétiens sont discriminés et pourchassés justement parce que, au nom du Christ, ils parlent de dignité et d'égalité envers chaque personne, homme ou femme ? Qu'ils parlent de liberté de conscience ? Parce qu'ils prêchent l'amour aussi envers leurs ennemis ? Parce qu'ils parlent de pardon, refusent la violence et agissent en artisans de paix ? Parce qu'ils prêchent la justice et l'Etat de droit ? Serait-ce pour cela que certains les jugent dangereux et inacceptables, objet d'intolérance, qu'ils pensent qu'ils méritent la mort ou la persécution ? ».

Le cardinal Bagnasco a terminé son homélie par un appel à la communauté internationale et à l'Europe en particulier, afin qu'elle intervienne d'une voix forte et claire afin que le droit à la liberté religieuse soit observé « partout et sans exceptions ». Il s'est adressé aux fidèles, les invitant à prier pour les défunts, pour leurs familles mais aussi pour les persécuteurs.

« Puisse l'exemple de tant de nos frères dans la foi qui risquent et donnent leur vie pour Jésus et pour l'Eglise, a-t-il conclu, nous secoue de la torpeur des choses faciles ».