Les cinq cardinaux de moins de 60 ans

Trois européens et deux asiatiques

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 2188 clics

Parmi les 115 cardinaux qui éliront le futur pape, seulement cinq ont moins de 60 ans. Deux d’entre eux ont été créés cardinaux lors du dernier consistoire de Benoît XVI.

Parmi eux, trois viennent d’Europe et deux d’Asie. Il s’agit du néerlandais Willem Jacobus Eijk (59 ans), des deux allemands Reinhard Marx (59 ans) et Rainer Maria Woelki, (56 ans), du philippin Luis Antonio Tagle (55 ans) et de l’indien Baselios Cleemis Thottunkal, le benjamin du conclave (53 ans).

Zenit a déjà présenté la figure importante du cardinal Tagle, archevêque de Manille, « une des voix les plus représentatives de la pensée théologique en Asie » (cf. Zenit du 20 février 2012).

Le cardinal benjamin

Tout comme le cardinal Tagle, le cardinal Baselios Cleemis Thottunkal a été créé cardinal le 24 novembre dernier, au cours du "consistoire-surprise" annoncé par Benoît XVI à la fin du synode pour la nouvelle évangélisation (octobre 2012).

Il est archevêque majeur de Trivandrum des Syro-Malankars depuis 2007 et vice-président de la Conférence épiscopale indienne. A Rome, il est membre de la Congrégation pour les Eglises orientales et du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. 

Docteur de la Faculté de théologie Angelicum à Rome, il a participé aux travaux du synode des évêques sur la nouvelle évangélisation (7- 28 octobre 2012), confiant sa conception de la nouvelle évangélisation : « fondée sur le témoignage personnel », elle consiste à « accroître la dignité humaine, donner une voix à ceux qui n’en n’ont pas, devenir un symbole de justice, promouvoir les valeurs démocratiques ».

Pour le cardinal, « toute tentative de l’Église pour promouvoir la dignité humaine, pour apporter la justice aux moins privilégiés est une marque authentique d’obéissance à la volonté de Jésus ». Des paroles qui traduisent aussi l’engagement de celui qui a promu deux structures pour les malades du Sida et un foyer d’accueil pour les plus pauvres, ainsi qu’une école pour les enfants pauvres et une autre pour les enfants porteurs de handicap, dans l’Etat du Kerala, selon une biographie du Saint-Siège.

Un cardinal très impliqué pour l’Europe

Le cardinal Reinhard Marx, archevêque de de Munich et Freising depuis 2007 et président de la Commission des épiscopats de la communauté européenne (COMECE) depuis 2012, a été créé cardinal le 20 novembre 2010.

Il a étudié la théologie et la philosophie à l'Université catholique de Paris et à Paderborn où il a été ensuite professeur de doctrine sociale de l'Église.

Il est membre de la Congrégation pour l'éducation catholique, de la Congrégation pour les Églises orientales et du Conseil Pontifical « Justice et Paix ».

Dans une déclaration après l’annonce de la renonciation de Benoît XVI, le cardinal Marx avait souligné que la réflexion théologique du pape, « qui a toujours cherché à conjuguer la Foi et la Raison, l’Eglise et la Politique », avait marqué l'Eglise « de façon décisive ».

Le cardinal encourage régulièrement l’Eglise en Europe à « proclamer au cœur de la situation européenne actuelle, le message universel de l’Évangile, qui est un message d‘espérance », mais à le faire dans une attitude « d’humilité et dans un esprit d’adoration », avec « une foi de recherche et d’émerveillement » (cf. Zenit du 27 février 2013).

Un cardinal médecin et théologien

Le cardinal Willem Jacobus Eijk, archevêque d’Utrecht, a été créé cardinal par Benoît XVI le 18 février 2012.

Il a obtenu un doctorat en médecine à l’université d’Amsterdam (1978) avant de rentrer au séminaire tout en poursuivant des études de bioéthique médicale.

Ordonné prêtre en 1985, il a passé un doctorat de recherche en bioéthique médicale, avec une dissertation sur l’euthanasie, en 1987. Il a complété ses études en 1990, avec un doctorat de recherche en philosophie à l’université pontificale Saint Thomas d’Aquin et une thèse sur le thème de l’ingéniérie génétique.

Après avoir été évêque de Groninge, il est nommé par Benoît XVI archevêque d’Utrecht en 2007. En 2011, il est élu président de la Conférence des évêques des Pays-Bas.

Fervent défenseur du Concile Vatican II, « un don de l’Esprit Saint à un moment très propice et approprié  », il préconise une évangélisation avec « un enseignement clair de la Parole » : « en termes vagues, cela ne fonctionne pas, nous devons donner une idée claire de la foi catholique ».

Le cardinal Eijk est membre de la Congrégation pour le clergé et de la Congrégation pour l’éducation catholique.

Un cardinal qui a accueilli Benoît XVI en Allemagne

De même, le cardinal Rainer Maria Woelki a été créé cardinal lors du consistoire du 18 février 2012.

Tout juste nommé archevêque de Berlin (juillet 2011), il a accueilli Benoît XVI à l’occasion de sa dernière visite pastorale dans son pays natal, en septembre 2011.

Il est titulaire d'un doctorat en théologie et a été évêque auxiliaire de Cologne. Dans les dicastères romains, il est membre de la Congrégation pour l'éducation catholique et du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens.

Dans un entretien accordé à Zenit, le cardinal s’est inquiété de la pauvreté croissante des enfants et des adolescents, invitant les chrétiens non seulement à « participer aux initiatives et aux projets pour lutter contre la pauvreté » mais aussi à « témoigner de l’amour de Dieu » pour permettre aux plus pauvres de « faire l’expérience de l’amour de Dieu ».