Les commandements, chemin de l’amour vrai : homélie de Benoît XVI

Messe du dimanche des Rameaux

| 2262 clics

ROME, Dimanche 28 mars 2010 (ZENIT.org) - Les commandements de Dieu indiquent le chemin de l'amour vrai, rappelle Benoît XVI qui invite les catholiques à se mettre comme en « cordée » à la suite du Christ qui aide les hommes à « monter » vers leur pleine humanité.

Dans son homélie de la messe des Rameaux, sous le soleil de la place Saint-Pierre, le pape a évoqué la montée de Jésus de Jéricho à Jérusalem puis la façon dont aujourd'hui le chrétien doit suivre le Christ en observant les commandements.

En ce dimanche où la liturgie rappelle l'entrée solennelle de Jésus à Jérusalem et sa Passion, le pape a fait observer que, concrètement, la route faite par le Christ représente une « montée » de quelque mille mètres : il y voit l'image « du mouvement intérieur de l'existence humaine ... à la suite du Christ », une « montée à la vraie hauteur de « l'être » hommes ».

Jésus monte et aide à monter

Et d'expliquer : « L'homme peut choisir une voie commode et éviter toute fatigue. Il peut aussi descendre vers ce qui est bas, vulgaire. Il peut s'abîmer dans le marais du mensonge et de la malhonnêteté. Jésus marche devant nous et il monte. Il nous conduit à ce qui est grand, pur, il nous conduit à l'air salubre des hauteurs : à la vie selon la vérité, au courage qui ne se laisse pas intimider par le bavardage des opinions dominantes, à la patience qui supporte et soutient l'autre. Il conduit à la disponibilité pour les souffrants, les abandonnés ; à la fidélité qui est du côté de l'autre même lorsque la situation devient difficile. Il conduit à la disponibilité à venir en aide ; à la bonté qui ne se laisse pas désarmer, même par l'ingratitude ; il nous conduit à l'amour, il nous conduit à Dieu ».

Or, justement, le pape a indiqué les Dix commandements comme le « chemin de l'amour vrai ». Il a réfuté « l'interprétation erronée » donnée parfois de saint Paul qui prétendrait que les « bonnes œuvres » seraient « insignifiantes pour le salut de l'homme ».

Les Dix commandements

Certes, fait observer le pape, Paul montre que les « œuvres » ne sauraient « justifier l'homme », mais cela ne s'oppose pas à « l'importance de bien agir » et « s'il parle de la fin de la Loi, il ne déclare pas les Dix commandements dépassés et sans importance ».

Le pape insiste sur le fait que par le terme « Loi », Paul ne désigne pas les Dix commandements, mais « l'ensemble du style de vie grâce auquel Israël devait se protéger des tentations du paganisme ».

« Or, ajoute le pape, le Christ a apporté Dieu aux païens. On ne leur impose pas cette forme de distinction. C'est uniquement le Christ qui leur est donné comme loi. Mais cela signifie l'amour de Dieu et du prochain et tout ce qui en fait partie. Font partie de cet amour les Dix commandements lus de façon nouvelle et plus profonde à partir du Christ, ces commandements qui ne sont pas autre chose que les règles fondamentales du vrai amour : avant tout et comme principe fondamental de l'adoration de Dieu, le primat de Dieu que les trois premiers commandements expriment ».

L'humilité de la cordée

Le pape a emprunté une image à la montagne en soulignant que cette ascension est une « cordée avec Jésus vers les sommets de Dieu », mais qu'il faut prendre garde à ne pas arracher cette corde par « entêtement » ou « suffisance ». Car ce qui est « essentiel, pour l'ascension, c'est l'humilité d'être-avec », et donc en « Eglise »

Le pape souligne qu'on n'obtient pas de « grands résultats » sans « renoncements » et de « durs efforts », mais qu'au bout il y a la « joie » d'une grande découverte » et la « réalisation de notre humanité », grâce à la « communion » avec le Christ « qui est monté à la hauteur de Dieu par la croix ». « Qui se perd se trouve », ajoute le pape avant de résumer le début de son homélie.

La communion dans l'Eglise

« Résumons, a-t-il dit : la suite du Christ requiert comme premier pas de réveiller la nostalgie de l'authentique « être » des hommes, et se réveiller ainsi pour Dieu. Elle requiert ensuite d'entrer dans la cordée de ceux qui montent, en communion avec l'Eglise. Par le « nous » de l'Eglise nous entrons en communion avec le « tu » de Jésus Christ et nous atteignons ainsi la voie vers Dieu. Il faut en outre que l'on écoute la Parole de Jésus-Christ et qu'on en vive, dans la foi, l'espérance et l'amour. Nous nous trouvons ainsi en marche vers la Jérusalem définitive et déjà maintenant d'une certaine façon, nous nous trouvons là, dans la communion de tous les saints. »

Le pape a invité l'assemblée à prier pour que « le Seigneur nous apporte le ciel : la gloire de Dieu et la paix des hommes (...). Et nous savons que la terre n'est pas le ciel tant que l'on n'y réalise pas la volonté de Dieu ».

Anita S. Bourdin