Les « Compagnons de l'Etoile », une fraternité inédite

« Ils rayonnent l'amour »

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ROME, vendredi 2 mars 2012 (ZENIT.org) – Les « Compagnons de l’Etoile », ce sont des jeunes hommes porteurs de trisomie 21 qui vivent en « fraternité ». Et cette fraternité « rayonne » l’amour, bien au-delà de leurs proches. 

Vianney-Marie, 16 ans, Louis, 20 ans et Grégoire, 23 ans, vivent dans une famille d’accueil, durant les périodes scolaires. Au cœur de la campagne de la Brenne, dans l’Indre, ils s’adonnent à la prière, au service et à de nombreuses activités.

Le couple qui les accueille, Sylvie et Jean-François Soubrier, a fondé en 2010 les « Fraternités Notre-Dame de l’Etoile », avec les encouragements de Mgr Armand Maillard, évêque de Bourges. Contactés par Zenit, ils expliquent, avec leur fils Vianney-Marie, le rayonnement de leur fraternité, qui se veut profondément ancrée dans la vie paroissiale.

Une Fraternité Notre-Dame de l’Etoile, c’est d’abord le noyau représenté par les compagnons, qui se sentent "frères" les uns des autres, affirme M. Soubrier. Mais cette fraternité « rayonne », poursuit-il : « nous sentons que nous sommes aussi "en fraternité" avec les bénévoles – y compris ceux qui ne sont pas catholiques – et avec des voisins ou des amis de rencontre » qui sont touchés par « l'amour des jeunes entre eux. »

Pour lui comme pour le P. Thierry Massé, curé-doyen, « l'Eglise trouve sa vitalité dans de telles petites fraternités qui rayonnent autour d'elles ». Illustrant le propos, son épouse rapporte l’exclamation d’une hôtelière des Sables d’Olonne : « Je ne vous connais pas, mais je vois que c’est très beau ce que vous vivez ! ». Et l’hôtelière de leur offrir 3 chambres pour une semaine de vacances… « Les compagnons vivent vraiment la parole de sainte Thérèse :« dans le cœur de l’Eglise, ma mère, je serai l‘amour » », souligne Mme Soubrier.

Ce choix de vie en fraternité, explique son époux, est fondé sur une certitude : « nos trois jeunes ont vraiment des "vocations" à vivre une vie de prière et communautaire ». Même s’il n’est pas toujours exprimé de façon « explicite et constante », ce désir, poursuit-il, « nous détermine à leur fournir un encadrement propice indispensable. »

Les « compagnons » sont en effet très attachés à la prière : « Mon patron c’est saint Jean-Marie Vianney, explique Vianney-Marie à son tour, avec fierté : je prie aussi saint Joseph, je prie pour les prêtres. » Les trois jeunes sont d’ailleurs très impliqués dans la paroisse, apportant la communion aux personnes âgées, servant la messe avec ferveur… à tel point que le curé voisin demande leur présence à la rentrée du catéchisme, assurant que leur respect tout naturel, leur adoration et leur vénération spontanées, sont des exemples pour les enfants.

Sylvie Soubrier témoigne avec enthousiasme de l’enrichissement vécu au contact des compagnons : « Ils sont heureux de tout, s’émerveille-t-elle, ils se contentent de ce qu’ils ont : cela leur suffit ! ». « Bien sûr, précise-t-elle, il faut beaucoup de patience, leurs progrès ne vont pas sans une certaine lenteur, et les résultats des apprentissages sont longs à venir : par exemple, une production manuelle exige un temps considérable, et il ne faut pas calculer en termes de rendement économique ! ».

« Nous les encadrons, les aidons à grandir et à progresser par une organisation très rigoureuse et beaucoup de pédagogie, souligne-t-elle, cependant je réalise de plus en plus qu’ils sont de véritables « maîtres » pour nous ». Par exemple ? « Récemment, confie-t-elle, nous étions à table, parlant d’une personne qui a mal agi. Nous avons demandé à l’un des compagnons ce qu’il en pensait… Je préfère ne rien dire, a simplement répondu ce dernier, car je serais obligé de critiquer cette personne et je ne veux pas. Il préférait le silence. Cela m’a fait beaucoup réfléchir et m’aide à ne plus parler des autres de manière négative. »

Dans le processus d’apprentissage, l’émulation est chez eux primordiale : « Si l’un ne parvient pas à faire quelque chose, rapporte Mme Soubrier, les autres l’encouragent. Celui qui a des difficultés ne jalouse pas les autres, au contraire, il les félicite en s’exclamant : c’est remarquable ! ».

Parmi les diverses activités – menuiserie, poterie, musique, sport, catéchèse… – leur préférence revient à l’unanimité au théâtre : « J’aime faire rire les personnes », affirme Vianney-Marie, « j’aimerais faire acteur ». L’an dernier, ils ont joué la pièce de théâtre  « Santo subito » sur Karol Wojtyla, devant les confirmands de la paroisse, qui se sont montrés stupéfaits de la performance.

Nous laisserons à Vianney-Marie le dernier mot : « Lorsque je joue au théâtre, j’aime faire la bénédiction ». La bénédiction… n’est-ce pas ce que ces jeunes répandent autour d’eux ?

Anne Kurian