Les difficultés dans l’Église se règlent par la conversion des cœurs

Intervention du président de la conférence épiscopale française

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ROME, Dimanche 25 janvier 2009 (ZENIT.org) - « Les difficultés qui traversent l'histoire de l'Église depuis 2000 ans se règlent par la conversion des cœurs et par le renouvellement de la vie de l'Esprit dans le cœur des chrétiens », déclare l'archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois, président de la conférence des évêques de France, à l'occasion de la levée des excommunications aux quatre évêques ordonnés par Mgr Lefebvre en 1988 (cf. Zenit du 24 janvier 2009).

Le site Internet du diocèse de Paris publie des extraits d'une intervention du cardinal Vingt-Trois sur Radio Notre-Dame, hier.

Acte de désobéissance formel

Le cardinal a rappelé ce qu'est une excommunication et les circonstances de celles-ci : « L'excommunication est une peine qui est prononcée par l'Eglise à la suite d'un acte grave. En l'occurrence il s'agissait de l'ordination de quatre évêques non seulement sans le consentement du Pape mais en contradiction avec un avertissement préalable du pape Jean Paul II. Celui-ci s'était en effet adressé à Mgr Lefebvre pour lui demander de ne pas faire ces ordinations. Il s'agissait donc de la part de Mgr Lefebvre et des évêques qui avaient reçu cette ordination, d'un acte de désobéissance formel et particulièrement grave à l'égard du Pape. »

Pourquoi la lever, vingt ans après ? « Le pape a la possibilité, s'il le souhaite, de le faire. S'il a décidé de le faire aujourd'hui, c'est qu'il a des éléments suffisamment positifs qui le justifient », répond l'archevêque de Paris.

Un geste pour l'unité

Pour ce qui est de l'accueil de cette nouvelle, il confie : « Chaque fois que l'Église peut suspendre une peine, je m'en réjouis. C'est une opportunité, une porte ouverte, pour permettre à des chrétiens de retrouver la plénitude de la communion avec l'Église. A condition qu'ils le souhaitent ou qu'ils l'acceptent. C'est un geste de miséricorde et un geste d'ouverture pour fortifier l'unité de l'Église. »

En revanche, insiste le président de la conférence des évêques de France, la levée des excommunications ne signifie pas qu'il soit possible d'être catholique en faisant un « tri » dans l'enseignement de l'Église, dans la doctrine et la Tradition de l'Église.

« Des gens qui, pour la plupart, se présentent sincèrement comme des défenseurs de la Tradition, se donnent le pouvoir magistériel de distinguer la bonne Tradition de la mauvaise Tradition. Mais un tel acte de discernement ne peut être qu'un acte de l'Église et pas celui d'un groupe particulier dans l'Église », fait observer le cardinal Vingt-Trois.

L'exemple des catholiques de Chine

Pour l'avenir, le cardinal Vingt-Trois reconnaît qu'il est difficile de savoir comment les choses vont changer concrètement : « La levée d'excommunication est un acte juridique - a-t-il dit. Je ne peux pas savoir d'avance comment les manières de réagir et de se comporter des personnes vont suivre l'acte juridique. Les difficultés qui traversent l'histoire de l'Église depuis 2000 ans se règlent par la conversion des cœurs et par le renouvellement de la vie de l'Esprit dans le cœur des chrétiens. »

Et l'archevêque de Paris a conclu : « Le ministère de Benoît XVI ne se réduit pas à s'occuper de la Fraternité Saint-Pie-X. Certes dans ce domaine particulier le Pape exerce son ministère de communion, comme il l'a fait par exemple par la lettre qu'il a envoyée aux catholiques chinois l'année dernière, avec l'intention de les aider à retrouver une pleine unité. »