Les enjeux de la mission dans un monde dominé par les médias

Pour une Eglise « médiatique »

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Anne Kurian

ROME, vendredi 19 octobre 2012 (ZENIT.org) – Selon les Pères du synode, il est nécessaire aujourd’hui que l’Eglise soit « médiatique », qu’elle utilise le potentiel des moyens de communication actuels pour toucher les hommes. Mais elle doit aussi se former sur sa prise de parole.

Divers échos sur les communications de masse se sont en effet succédés lors du débat général du synode des évêques au Vatican. Parmi les intervenants, Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, archevêque de Minsk-Mohilev en Biélorussie, le P. Robert Francis Prevost, Prieur général de l'Ordre de Saint Augustin, et le P. Marco Tasca, O.F.M. Conv., Ministre général de l'Ordre franciscain des frères mineurs conventuels.

L’Eglise doit être « médiatique »

Mgr Kondrusiewicz est intervenu lors de la 6e congrégation générale, le 11 octobre après-midi, rapportant les initiatives de l’Eglise de Biélorussie en matière de communication sociale, notamment par l’utilisation d’Internet, où elle offre des informations catéchétiques et culturelles, mais aussi par les médias publics.

Selon l’archevêque, le potentiel des médias doit être utilisé, et il est même nécessaire : « pour que l’Église soit évangélisatrice, il faut qu’elle soit médiatique », qu’elle annonce le Christ « dans le nouveau milieu de vie créé par les technologies informatiques », a-t-il déclaré.

Le P. Tasca a encouragé pour sa part à découvrir « un style chrétien de présence également dans le monde numérique », lors de la 9e congrégation générale, le 13 octobre au matin.

Les moyens de communication de masse représentent « une grande opportunité », a-t-il déclaré : l’Eglise doit donc proposer à travers eux « un profil identitaire « numérique » cohérent et en même temps accueillant ».

Ceci est nécessaire aujourd’hui, car « la plupart des hommes et des femmes organisent leur vie professionnelle et affective, récréative et relationnelle autour des médias ».

L’Eglise, antidote au spectacle

Cependant, pour pouvoir « contrer les distorsions de la réalité religieuse et éthique que produisent les moyens de communication », une formation est nécessaire : c’est l’avis du P. Robert Francis Prevost, exprimé au cours de la 6e congrégation générale, le 11 octobre après-midi.

Il ne s’agit pas en effet de se lancer sans outils dans un monde où les médias « promeuvent de manière extrêmement efficace une sympathie envers des croyances et des pratiques qui sont en contradiction avec l’Évangile », surtout en occident.

Dans ce contexte, il n’est « pas suffisant que l’Église possède ses propres moyens télévisuels », a-t-il ajouté, elle doit « introduire les personnes à la nature du mystère comme antidote au spectacle ».

Pour le P. Prevost, « les pasteurs, les prêcheurs, les enseignants et les catéchistes doivent s’informer bien davantage sur l’enjeu de l’évangélisation dans un monde dominé par les médias ».

Les moyens de communication de masse inculquent aux téléspectateurs une « sympathie pour le choix de modes de vie anti-chrétiens » de manière « si brillante et astucieuse » que le message chrétien apparaît « inévitablement idéologique » et même, sur le plan émotionnel, « cruel face à l’humanité ostensible de la perspective anti-chrétienne », a-t-il dénoncé.

Dans ces circonstances, les chrétiens peuvent être aidés par les Pères de l’Église, « parce qu’ils sont les maîtres de l’art de la rhétorique » : leur évangélisation était « efficace » parce qu’ils avaient compris « quels étaient les fondements de la communication sociale qui convenaient au monde dans lequel ils vivaient », a souligné le P. Prevost.