Les eurodéputés votent pour la recherche sur l'embryon : rupture éthique ?

Un budget global de plus de 50 milliards d’Euro

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ROME, Vendredi 16 juin 2006 (ZENIT.org) – Les eurodéputés votent pour la recherche sur l'embryon, comme nous l’annoncions hier, avec la déclaration des évêques européens. La revue de presse de la Fondation Jérôme Lejeune fait le point (www.genethique.org). D’aucuns évoquent une rupture « éthique ».



Les eurodéputés ont approuvé, jeudi 15 juin, l'enveloppe budgétaire du 7ème programme-cadre de recherche communautaire. Doté de plus de 50 milliards d'euros pour la période 2007-2013, contre les 72,723 prévus initialement, le nouveau budget est en hausse par rapport au programme précédent (16, 279 milliards d'euros).

Concernant la recherche sur les cellules souches embryonnaire, les députés ont suivi la commission de l'Industrie (cf. revue de presse du 06/06/06) et ont voté, à 284 voix pour et 249 contre, pour le financement communautaire de la recherche sur les cellules souches humaines, qu'elles soient adultes ou embryonnaires, en fonction à la fois du contenu du projet scientifique et de la législation des états-membres impliqués.

Le débat dans l'hémicycle a montré de forts clivages sur cette question. Les italiens, polonais ont voté en majorité contre, les français et britanniques pour, les allemands étaient très divisés. L'élue verte allemande Hiltrud Beyer a expliqué "si des embryons sont considérés comme de véritables matériaux de transformation, nous sommes peut être à une rupture éthique" et a dénoncé les risques de dérive vers le clonage humain.

L'amendement demandant que le financement de la recherche soit limité aux lignes de cellules souches embryonnaires créées avant le 31 décembre 2003 a été rejeté par le Parlement, par 274 voix contre, 255 voix pour et 35 abstentions. Un autre amendement, appelant à l'interdiction du financement par le 7e programme de l'utilisation d'embryons et de cellules souches embryonnaires à des fins de recherche scientifique a été rejeté, par 287 voix contre, 238 pour et 40 abstentions.

Il appartient désormais au Conseil européen des Ministres de la Recherche d'adopter la décision finale.

Or un certain nombre d'Etats membres s'oppose à ce financement (Autriche, Pologne, Slovaquie, Malte, Portugal...)

Lors du 6ème programme cadre (2000-2006), la question du financement des recherches sur les cellules souches embryonnaires avait également été très débattue. Finalement, l'Union européenne finançait de telles recherches dans les pays qui l'autorisaient, les lignées de cellules souches embryonnaires devant avoir été créées avant 2003. Aucun fond communautaire ne pouvait être alloué aux recherches sur le clonage thérapeutique. L'an dernier, l'Union européenne a financé 6 programmes sur les cellules souches embryonnaires.

Le COMECE, assemblée des évêques européens, s'est dit "consterné" par le vote du Parlement. Il a rappelé que s'opposer à l’instrumentalisation de la vie humaine et à son utilisation comme matière première n'est pas "uniquement une position catholique" car "scientifiquement, il n’existe aucune raison morale pour distinguer un embryon aux prémices de sa vie et un embryon après son implantation dans l’utérus ou après 14 jours". Toute vie humaine commence à sa conception et nécessite une protection particulière quand elle est créée en dehors du corps de la femme.

Pour le COMECE, l'Union européenne a un "devoir moral" de ne pas financer la recherche sur les cellules souches embryonnaires, interdites dans certains états-membres. Face au budget limité de la recherche, les évêques regrettent que soient monopolisés des fonds pour la recherche sur les embryons humains au détriment d'autres projets de qualité. Ils ont réaffirmé leur soutien envers le financement communautaire de la recherche sur les cellules souches adultes.