Les évêques de la CERNA analysent la situation dans les pays arabes

Communiqué de la Conférence Episcopale des Régions du Nord de l’Afrique (CERNA)

| 1731 clics

ROME, Mardi 29 mars 2011 (ZENIT.org) - Nous reprenons ci-dessous le communiqué que les évêques de la Conférence épiscopale des régions du nord de l'Afrique (CERNA) ont publié au sujet de la situation dans les pays arabes, spécialement le Magreb.

* * *

Les Evêques d'Afrique du Nord  (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye), tous confrontés à des évolutions historiques, qui touchent les pays arabes et spécialement le Maghreb, tiennent à répercuter leur  pressant appel en vue de trouver  à ce douloureux conflit, une solution  juste et digne pour tous . Ils s'unissent en cela à l'appel pressant lancé par Benoît XVI en ce dimanche 27 Mars.

Comme ils le notaient déjà dans le compte rendu de leur dernière Assemblée, ils reconnaissent, dans les événements qui bouleversent actuellement la Région, une revendication légitime de liberté, de justice et de dignité, notamment de la part des jeunes générations. Cette revendication se traduit par une volonté d'être reconnus comme citoyens, citoyens responsables, ayant la possibilité de trouver un travail qui leur permette de vivre décemment, bannissant toute corruption et tout clientélisme.

Aujourd'hui, ce vent de changement traverse notamment la Libye. Et nous rejoignons plus particulièrement nos Frères Evêques de Tripoli et de Bengazi, et toutes les populations de ce pays.

Nous savons que la guerre ne résout rien, et lorsqu'elle s'enclenche, elle est aussi  incontrôlable qu'une explosion dans un réacteur nucléaire ! Les premières victimes sont toujours les plus pauvres et les plus démunis ! Par ailleurs, que nous le voulions ou non, la guerre au Proche Orient, et maintenant au Maghreb, sera toujours récupérée comme une « croisade ». Et cela retombe inévitablement sur les relations de convivialité que Chrétiens et Musulmans ont tissé et continuent de tisser au quotidien.

L'enjeu d'une médiation diplomatique serait d'aider les Libyens sur un chemin de négociation pour qu'ils trouvent eux-mêmes une solution honorable au bénéfice de tous. S'asseoir à une même table, n'est-il pas l'unique chemin à prendre ensemble pour pouvoir retisser des liens qui ont été rompus et recomposer un tissu social qui bannit la revanche et la haine ?

Au cœur du conflit, dans ce pays comme dans les autres atteints par la violence, une mobilisation de la diplomatie et de l'aide humanitaire doit se faire pour aider des évolutions qui tiennent compte des aspirations à la liberté et à la citoyenneté responsable.

Tout cela n'est-il pas urgent pour empêcher que des victimes succombent de toute part, soit à cause de la force, ou du manque de nourriture et de soins.

Ces événements entraînent des déplacements de populations ; certaines n'hésitant pas à passer les frontières terrestres ou maritimes, au risque de leur vie et de celui de n'être pas accueillies. Mais d'autres, les « pauvres des pauvres » n'ayant même pas ce recours à cause de leur pauvreté extrême, sont obligés de subir les événements sans aucune possibilité de se défendre.
-          L'Eglise peut-elle seule accueillir toutes ces détresses ?
-          Comment aider tous les hommes de bonne volonté à unir leurs efforts ?

Ils souhaitent que dans toutes les parties du monde, notamment dans les pays du Maghreb, les hommes puissent sortir de l'enfermement dû à la peur, à l'ignorance mutuelle et à l'injustice pour rentrer dans une dynamique de cette espérance à laquelle tant de personnes aspirent dans ces régions.

Au nom des convictions qui animent notre Foi dans le Dieu Unique, nous voulons aider à construire un monde de Fraternité Universelle dans le mutuel respect des personnes et des Peuples.
Nous prions le Très Haut pour qu'Il incite les Responsables à trouver le chemin qui conduit vers la Justice et la Paix.
 
+Vincent LANDEL s.c.j.
Archevêque de Rabat,

Président de la CERNA