Les évêques de RDC prennent acte du résultat définitif des élections présidentielles

Et lancent un appel à la réconciliation et à la conversion des cœurs.

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ROME, Mardi 12 décembre 2006 (ZENIT.org) – Réunis en Assemblée plénière extraordinaire à Kinshasa les 4 et 5 décembre, les évêques du Congo-Kinshasa ont adressé un message à la Nation, appelant tous les nouveaux dirigeants, ainsi que les habitants du pays, à la réconciliation.



Dans leur message, les évêques estiment qu’« après les élections il est urgent de réconcilier les Congolais et de respecter l’opposition démocratique dans le pays ».

Les évêques souhaitent « une réconciliation entre le peuple et ses dirigeants, les dirigeants entre eux, le peuple avec lui-même », et attendent « des nouveaux gouvernants un premier geste de réconciliation en libérant les prisonniers politiques, en engageant des recherches pour retrouver des personnes portées disparues et les remettre à leurs familles ».

Les évêques réaffirment par ailleurs que l’Eglise catholique « continuera à s’engager dans le travail de la formation des consciences, d’éducation civique pour la consolidation de la culture démocratique et d’interpellation prophétique », tout en assurant le développement de ses activités pastorales.

Les signataires du message ont par ailleurs félicité les perdants aux élections présidentielles et législatives pour « l’attitude digne et responsable dont ils ont fait preuve, en acceptant les résultats des scrutins dans l’intérêt supérieur de la nation et pour sauvegarder la paix » ; tout comme ils ont félicité la Commission Electorale Indépendante (CEI) pour « avoir réussi le pari d’organiser les élections tant attendues par la nation congolaise ».

« Les congolais, reconnaît le message, ont fait preuve une fois de plus de dignité et de maturité politique en allant voter dans le calme et la discipline, malgré la grande pluie qui s’est abattue dans certaines provinces du pays.

Concernant ensuite l’avenir de la République Démocratique du Congo, les évêques ont demandé aux institutions qu’elles fassent de l’éducation de masse une priorité, grâce à une alphabétisation croissante et fonctionnelle ; qu’elles respectent les droits de l’homme ; qu’elles luttent contre la misère toujours présente ; qu’elles sortent les populations de l’enclavement qui leur est imposé par l’impraticabilité totale de la majeure partie des routes.

Les évêques souhaitent enfin que les nouveaux dirigeants « prennent à cœur la tâche primordiale de la création d’une armée nationale en vue de garantir la stabilité du pays et qu’ils ouvrent le Congo à l’Afrique et au monde ».

Dans leur message les évêques se sont également tournés vers la communauté internationale, estimant qu’après les élections « était venu le moment d’exiger pour la RDC un fonds international pour sa reconstruction, en guise de réparation pour les dommages des guerres successives d’agression. Il est par ailleurs impérieux, ont-ils poursuivi, que les Etats de la sous-région s’engagent solennellement à la paix par la signature d’un pacte de non-agression.

Après avoir fait mémoire de tous ceux qui ont payé un lourd tribut en ces années sombres des guerres (plusieurs millions de morts), les évêques ont conclu leur message en invoquant l’intercession de la Bienheureuse Marie Clémentine Anuarite ( fille du peuple congolais à qui les évêques avaient dédié l’année 2005-2006) pour qu’à jamais cessent les guerres et les rébellions en RDC.

« A la Vierge Marie, Reine de la Paix, Notre Dame du Congo et Notre Dame de l’Espérance, nous confions notre pays ».

Joseph Kabila, premier président élu démocratiquement en RDC depuis plus de 40 ans, a prêté serment le 6 décembre devant 10.000 invités à Kinshasa. L’ONU, qui a déployé en RDC sa plus importante mission de maintien de la paix avec 17.600 Casques bleus, était représentée par son Secrétaire général adjoint Jean-Marie Guéhenno et l’Union européenne (Ue) par son commissaire au Développement, Louis Michel.

Le pays, qui a obtenu son indépendance de la Belgique le 30 juin 1960, n’a connu depuis qu'une succession de crises politiques et de coups de forces. Ces élections marquent une nouvelle étape dans la transition politique de la RDC entamée il y a trois ans, après cinq années de guerre (1998-2003).

Le président sortant Joseph Kabila, 35 ans, a été élu avec 58% des voix au second tour de la présidentielle du 29 octobre contre 41, 95% pour son adversaire , son ancien vice-président Jean-Pierre Bemba.

Joseph Kabila avait été désigné à la tête de l'Etat en 2001 après l'assassinat de son père, le président Laurent-Désiré Kabila.