Les évêques du Congo dénoncent la « pauvreté multidimensionnelle » qui afflige leur pays

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ROME, Lundi 30 avril 2007 (ZENIT.org) – La profonde pauvreté qui afflige la République du Congo est un appel à la responsabilité de tous, avertissent les évêques catholiques du pays.



Cette question était au cœur des travaux de la 35ème Assemblée plénière de la Conférence épiscopale du Congo, réunie du 16 au 22 avril à Brazzaville autour du thème : « La question sociale : lutte contre la pauvreté ».

Les évêques du Congo, qui ont analysé le fléau de la pauvreté à la lumière de la doctrine sociale de l’Eglise, ont également parlé des prochaines élections législatives et de la dégradation de l’environnement qui constitue un problème majeur pour la population.

A l’issue de leur assemblée, consacrée à l’étude d’un rapport élaboré par « Caritas Congo » et par la Commission Justice et Paix, sur l’état de pauvreté du pays, les évêques ont publié un message – diffusé par la Congrégation vaticane pour l’évangélisation des peuples – sous le même titre que celui de la réunion.

Dans leur analyse, les évêques parlent d’ « une pauvreté multidimensionnelle »: « matérielle, économique, morale et sociale ».

Le premier point relevé par les évêques congolais au plan économique et matériel est que « beaucoup de citoyens vivent dans la précarité de manière dramatique, et dans des conditions indignes et déplorables ».

« Notre recherche dans les différents diocèses a révélé qu’il existe dans notre pays des situations d’extrême pauvreté – dénoncent-ils –. En 2000, les Institutions internationales affirmaient que plus de 70 % des Congolais vivent en dessous du seuil de pauvreté avec moins d’un dollar par jour ».

Il existe aussi une pauvreté sociale, comme l’absence d’accès à l’eau et à l’électricité, alors que les conditions d’hygiène et de santé sont jugées insuffisantes ou déficientes.

Les évêques du Congo, cherchant à identifier les causes dans lesquelles se manifeste cette pauvreté, ont mis en avant deux types de causes : des causes endogènes et des causes exogènes.

« La difficulté d’accès à l’emploi, la baisse effroyable du pouvoir d’achat, la démission de l’Etat devant ses responsabilités, l’inconscience professionnelle et la corruption généralisées », « l’instabilité politique, l’ignorance et l’analphabétisme » sont quelques unes des causes endogènes citées dans leur message.

Selon l’épiscopat, les causes exogènes résident, quant à elles, « essentiellement autour de l’inégalité dans les termes de l’échange : le fait que les producteurs des matières premières ne sont pas responsables de la fixation des prix de celles-ci sur le marché international ».

Les évêques du Congo ont appelé notamment la société civile, les hommes et les femmes de bonne volonté, à se mobiliser selon leurs compétences et leurs charismes sur cette lancinante question de la pauvreté. « Nous sommes tous invités à changer nos modes de vie et à nous engager résolument dans la lutte contre la pauvreté – déclarent-ils – à abolir toute forme d’asservissement et d’abandon de quelque catégorie sociale que se soit ».

Aux chrétiens, les évêques ont demandé de se mobiliser afin que voit le jour une justice basée sur les principes fondamentaux du christianisme: « La dignité de la personne humaine, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu, le principe du bien commun, le destin universel des biens de la terre, le principe de solidarité ».