Les évêques font pression sur le G8 pour qu’il respecte ses engagements en faveur des pauvres

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ROME, Vendredi 18 mai 2007 (ZENIT.org) – Ce qui détermine l’ordre du monde aujourd’hui c’est la réalité des riches et des pauvres, et non les frontières géographiques, estime l’archevêque d’Abuja (Nigeria), Mgr John Olorunfemi Onaiyekan.



Mgr Onaiyekan fait partie de la délégation des onze cardinaux et évêques provenant d’Afrique, d’Amérique latine, des Etats-Unis d’Amérique et de quelques pays européens, qui effectue une série de rencontres avec les autorités politiques et ecclésiales du Royaume-Uni, d’Allemagne et d’Italie en vue de la prochaine réunion du G8 (les pays les plus industrialisés) qui aura lieu le mois prochain en Allemagne. La délégation de cardinaux et d’évêques a été reçue la semaine dernière par le pape Benoît XVI .

Avec Caritas-Italie et la Coopération internationale pour le développement et la solidarité, la délégation veut faire pression sur les chefs d’Etat et de gouvernement afin qu’ils respectent les promesses faites durant les divers sommets précédents, d’augmenter leurs aides aux nations pauvres et en voie de développement.

Les leaders mondiaux accordent une grande attention à la visite des évêques, a déclaré l’archevêque d’Abuja. « Beaucoup n’ont jamais vu un groupe comme le nôtre et sont intéressés et curieux. Le discours que nous tenons est différent de celui que tiennent les hommes politiques ».

« Au delà de ce que nous savons sur les riches et les pauvres, la dette et le crédit, il y a la connaissance basée sur notre foi chrétienne », a-t-il dit.

« Réaliser les objectifs du millénaire n’éliminera jamais la pauvreté mondiale, mais nous devons éliminer la pauvreté extrême. Tant que cette pauvreté extrême existe, il ne pourra y avoir de paix mondiale », estime-t-il.

En faisant référence au 40° anniversaire de l’encyclique de Paul VI « Populorum progressio » et au 16° anniversaire de l’encyclique de Jean-Paul II « Centesimus annus », Mgr Onaiyekan a rappelé que ces textes mettaient en évidence les problèmes particuliers qui dérivent de la mondialisation et leurs antidotes.

Pour l’évêque nigérian, le message de l’encyclique de Paul VI est un message radical, encore plus prégnant aujourd’hui : « Lorsqu’une nation possède plus de biens qu’il ne lui en faut, elle n’a pas le droit de les garder pour elle, mais elle a le devoir d’être généreuse avec les pauvres ».

« La mondialisation a uni le monde. Le plan de Dieu, lui, est le suivant : formons une seule et unique famille. Il n’est pas possible de créer une île de bien-être ».

« Nous devons trouver de nouvelles solutions à ce cycle infernal de la dette et de la pauvreté qui crée des disparités toujours plus grandes entre nations riches et nations pauvres », a poursuivi Mgr Onaiyekan.

« Les systèmes en vigueur doivent être corrigés » ; « les problèmes de gouvernance et de pauvreté en Afrique sont urgents ».

« Mon pays regorge de ressources. Et c’est le cas de tant d’autres nations africaines. Et pourtant beaucoup de gens souffrent d’une pauvreté extrême », a-t-il dénoncé.

Tout en étant d’accord sur le fait que l’aide destinée aux nations sous-développées n’arrive pas toujours jusqu’aux pauvres à cause de la corruption gouvernementale, Mgr Onaiyekan a toutefois dénoncé la complicité des nations riches et des multinationales : « Il est plus facile de corrompre un gouvernement corrompu que de changer le système ».

« Etre pauvre n’est pas une honte », a-t-il dit. « Mais la corruption de notre gouvernement pose un réel problème ».

« Toute l’Europe travaille à son intégration, et ceci pour le bien de tous ; mais nous avons besoin de devenir une seule et même famille, pas seulement au niveau économique mais aussi en matière de justice et de politique », a conclu l’archevêque d’Abuja.