Les Jésuites appellent les États à s'engager davantage pour les réfugiés

Appel pour la Journée mondiale des réfugiés

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ROME, Mardi 21 juin 2011 (ZENIT.org) – Il y a près de 60 ans, les pays membres de l’Organisation des Nations unies ont pris des mesures concrètes pour édifier un système mondial de protection des réfugiés. « Beaucoup a été fait depuis, mais il faut améliorer encore », souligne le Service jésuite des réfugiés (JRS) dans un communiqué publié lundi, à l’occasion de la Journée mondiale du réfugié pour célébrer la convention de 1951.

La définition du statut du réfugié et l’introduction d’une obligation universelle de porter assistance et de ne jamais renvoyer les réfugiés là où ils risqueraient d’être persécutés, est très significative, peut-on lire dans le communiqué.

Selon le rapport « Global trends 2010 » de l’UNCHR, le nombre de réfugiés, demandeurs d'asile et déplacés ne cesse de progresser dans le monde, atteignant en 2010 le chiffre le plus élevé depuis 15 ans : soit 43,7 millions de personnes, dont 15,4 millions sont réfugiés sous la protection de l’UNCHR ou de l’agence pour la Palestine ; 27,5 millions sont en déplacement dans leur propre pays, et près de 850.000 sont en quête d’un asile.

« Or, poursuit le communiqué du JRS, trop de gouvernements ignorent encore les principes clés de la Convention, considérés comme politiquement inopportuns ou financièrement contraignants ».

Les réfugiés, décrit l’organisation, « sont souvent confinés dans des camps éloignés ou injustement détenus en violation à leur droit de liberté de mouvement » ; « ils n’ont pas de papiers, n’ont pas le droit de travailler et n’ont pas accès aux services essentiels ». A cela, de plus en plus, les Etats « limitent l’entrée dans leurs territoires et ne concèdent pas aux demandeurs d’asile l’accès à de justes procédures pour déterminer leur statut de réfugié ».

Selon le directeur du JRS International, le père Petere Balleis, « si la convention était mise en œuvre, les vies de nombreux réfugiés fuyant la Libye à travers la Méditerranée, de Somaliens fuyant au Kenya et d’un nombre incalculable d’autres personnes pourraient être protégées et parfois même sauvées ». « Etre protégés contre les violations des droits humains est un droit de naissance, pour tous », a-t-il rappelé.

Bien que le champ de définition de la convention de Genève soit « éloigné » de celui, « plus large », utilisé par le JRS, poursuit le communiqué, ce dernier incluant les migrants déplacés de force par des conflits généralisés, des injustices économiques et des catastrophes environnementales, son interprétation a toutefois évolué dans le temps.

Ces dernières années, rappelle le JRS, la Convention « s’est montrée réceptive aux besoins émergents, a élargi la définition des réfugiés en incluant de nouveaux groupes comme les victimes de violences sexuelles et les victimes de persécution par des groupes non étatiques, tels que les groupes rebelles et les milices ».

En prévision de la réunion des gouvernements qui aura lieu en décembre prochain, à l’initiative de l’UNHCR, et au cours de laquelle chaque État sera appelé à s’engager à adopter des mesures substantielles pour améliorer la protection des réfugiés, le JRS « presse les gouvernements d’affronter consciencieusement ce défi ».

Le JRS œuvre dans plus de 50 pays à travers le monde. L’organisation emploie plus de 1.200 personnes : laïcs, jésuites et religieux, pour couvrir les besoins éducatifs, médicaux, sociaux et autres nécessités de 500.000 réfugiés et déplacés dans leurs pays, dont plus de la moitié sont des femmes. Les services sont fournis aux réfugiés indépendamment de leur race, origine ethnique ou croyances religieuses.