Les jeunes à « l'école de la Mère de Jésus »

La fête du Saint Nom de Marie

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A. Bourdin

ROME, mercredi 12 septembre 2012 (ZENIT.org) –  Aux jeunes qui veulent « apprendre à aimer », le pape indique « l’école de la Mère de Jésus ».

Benoît XVI s’est en effet adressé, selon son habitude, aux jeunes, aux malades et aux nouveaux mariés, à l’issue de l’audience du mercredi, en la salle Paul VI au Vatican.

« Nous célébrons aujourd’hui la mémoire du Saint Nom de Marie », a rappelé le pape : « Chers jeunes, a-t-il ajouté, apprenez à aimer à l’école de la Mère de Jésus ».

« Chers malades, a encore dit le pape, dans vos souffrances, demandez aide et réconfort à Marie, par la prière du chapelet ».

« Et vous, chez nouveaux mariés, sachez toujours, comme la Vierge, écouter a volonté de Dieu sur votre famille », a insisté Benoît XVI.

L’Eglise catholique latine fête en effet le 12 septembre le saint Nom de Marie, une fête inscrite dans l’octave de celle de la Nativité de la Vierge : elle a été rétablie en 2002 par le bienheureux Jean-Paul II, pour des raisons spirituelles et historiques.

La victoire devant Vienne

Mais quelle est l’origine de la fête liturgique ? A peu près un siècle après la défaite de Lépante (1571), les Turcs tentèrent de passer en Europe occidentale par voie de terre en 1683. Mahomet IV avait remis l’étendard de Mahomet à Kara Mustapha au début de 1683, en lui faisant jurer de le défendre au prix de sa vie si nécessaire.

Le grand Vizir était fort de 150.000 ou 300.000 hommes, selon les estimations, et il se promettait de prendre Belgrade, Buda, Vienne, de déboucher en Italie et d’arriver à Rome, « à l’autel de saint Pierre ».

En août 1683, un capucin italien et grand mystique, le bienheureux Marco d’Aviano, béatifié par Jean-Paul II, était nommé grand aumônier de toutes les armées chrétiennes.

La petite histoire voit en lui l’inventeur du « capuccino », mais la grande histoire retient qu’il redonna courage à Vienne et réussit à convaincre le roi de Pologne de venir secourir la ville avec ses 40.000 hommes.

La ville était assiégée depuis le 14 juillet et sa reddition était une question d’heure. Le rapport de force n’était pas en faveur des troupes chrétiennes, mais Vienne se confiait à l’intercession de la Vierge et l’image de la Vierge était sur tous les étendards.

Sur le Kahlenberg qui domine la ville au nord, le P. Marco célébra la messe, servie par le roi de Pologne Jan Sobieski devant l’armée disposée en demi-cercle. Le capucin prédit une victoire inouïe. Et au lieu de terminer en disant les paroles liturgiques : « Ite missa est », il cria : « Ioannes vinces ! » « Jan vaincra » !

Les troupes chrétiennes, conduites par le roi de Pologne Jean III Sobieski et le duc Charles de Lorraine, attaquèrent les Ottomans à l’aube du 11 septembre. Un soleil splendide éclairait les deux armées dont dépendait le sort de l’Europe. Les cloches de la ville sonnaient depuis le matin. Les femmes et les enfants priaient dans les églises, implorant l’aide de la Vierge Marie. Et le soir, l’étendard du grand vizir était tombé aux mains de Sobieski.

Le lendemain, il fit son entrée dans la ville en liesse, et vint assister à la messe et au Te Deum en l’église de la Vierge de Lorette à laquelle il attribuait la victoire.

Le pape Innocent XI aussi attribuait cette victoire à l’intercession de la Vierge.

C’est en ex-voto qu’il institua alors la fête en l’honneur du Saint Nom de Marie.

La fête fut étendue à toute l’Eglise le 25 novembre 1683, et la Nativité de Marie fut fixée au dimanche suivant. C’est le pape saint Pie X qui a fixé la date au 12 septembre, jour anniversaire de célébration de la victoire.

La fête du Saint Nom de Marie avait disparu du calendrier romain en 1970 mais elle a été rétablie à cette date par le pape polonais, Jean-Paul II, dans l’Editio tertia du Missel Romain.

L’invocation du Nom de Marie

De nombreux saints ont honoré le Nom de Marie. Le grand saint Ambroise de Milan (+397) écrivait : « Votre nom, ô Marie, est un baume délicieux qui répand l'odeur de la grâce! »

Saint Bernard de Clairvaux (+1153 ) y voit un refuge dans le combat spirituel: « Le seul nom de Marie met en fuite tous les démons ».

Saint Bonaventure (+1274) prie ainsi la Vierge Marie : « Que Votre nom est glorieux, ô sainte Mère de Dieu ! Qu'il est glorieux, ce nom qui a été la source de tant de merveilles ! »

Et le bienheureux Henri Suzo (+1365) s’exclame : « O nom plein de suavité ! O Marie ! Qui êtes-Vous donc vous-même, si votre nom seul est déjà si aimable et si rempli de charmes ? »

Benoît XVI a recommandé l’invocation du Nom de Marie pour la conversion des baptisés lors de l’angélus du 12 septembre 2010 : « A la Vierge Marie, dont le Très Saint Nom est célébré aujourd'hui dans l'Eglise, nous confions notre chemin de conversion à Dieu ».

Le 12 septembre 2007, lors de l’audience du mercredi, le pape a souligné le lien de cette fête avec celle de la Nativité de Marie (le 8 septembre) en s'adressant spécialement aux jeunes : « Samedi dernier, nous avons célébré la fête de la Nativité de la Vierge, et aujourd'hui nous commémorons son saint Nom. Que la Céleste Mère de Dieu, qui nous accompagne tout au long de l'année liturgique, vous guide, chers jeunes, sur le chemin d'une adhésion à l'Evangile toujours plus parfaite ; qu'elle vous encourage, chers malades, à accueillir avec sérénité la volonté de Dieu ; qu'elle vous soutienne, chers jeunes mariés, dans la construction quotidienne de la cohabitation familiale, qui s'inspire du style de la maison de Nazareth ».