Les Jeux paralympiques, et le paradoxe des sociétés

La discrimination des personnes handicapées dans les législations

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Traduction d’Hélène Ginabat

ROME, jeudi 6 septembre 2012 (ZENIT.org) – Au village paralympique, règne « une passion vibrante et tangible pour la vie » : James Parker, un catholique, est coordinateur pour l’Eglise catholique britannique de l’aumônerie des Jeux olympiques et paralympiques de Londres et relève ce paradoxe dans une société occidentale qui discrimine les personnes handicapées avant même leur naissance.
Il a appelé les chrétiens et tous ceux qui donnent du prix à la vie humaine à interpeller les responsables politiques du Royaume Uni pour changer ce qu’il considère comme des « lois discriminatoires et dépassées sur l’avortement ».
James Parker, qui est le premier aumônier catholique laïc au service des Jeux, a lancé cet appel lors d’un entretien accordé à Radio Vatican le 5 septembre.

Alors que les Jeux paralympiques vont s’achever le 9 septembre, M. Parker a parlé du temps passé à travailler pour les Jeux et avec certains des athlètes en disant : « Mon expérience personnelle du village paralympique, le lieu d’accueil sous haute surveillance de tous les athlètes et officiels le long du parc olympique, est que c'est un endroit sacré ».

Dans ce village parsemé de fauteuils roulants, de béquilles, de personnes atteintes de différents handicaps, il y a « une passion vibrante et tangible pour la vie, dont aucune des plus grandes villes ne pourrait se vanter ».

« La joie qui règne dans le village est palpable », a-t-il raconté : « C'est un lieu où tout le monde, médaillé ou non, est célébré et honoré, et où chaque personne est au service de son prochain. Cela me rappelle constamment les paroles de saint Laurent lorsqu’en l'an 258, l'empereur Valérien lui commanda de lui apporter le trésor de l'Église. Quelques jours plus tard, il amena devant l'Empereur des pauvres, des estropiés, des personnes mutilées et déclara : “Voici les trésors de l'Église !” Il a été martyrisé par la suite pour cette raison. »

M. Parker a également fait observer que « le mot “surhommes” apparaît sur les panneaux d'affichage » et que « pourtant les athlètes paralympiques ne sont pas différents des autres êtres humains ».

«Ce qui est étonnant, a-t-il fait remarquer, c'est que la Grande-Bretagne permet au monde d’ouvrir les yeux sur les talents et le potentiel des personnes handicapées, à travers l'accueil des Jeux paralympiques. Et pourtant, ses propres lois établissent une discrimination scandaleuse et véhémente contre toute nouvelle vie dans le sein maternel qui pourrait éventuellement être affectée d’un handicap physique, de problèmes génétiques ou d’une déficience mentale ».

Il confie que dans ses conversations avec des athlètes paralympiques, il avait été étonné de découvrir que beaucoup ne se rendaient pas compte que si eux-mêmes ou leurs coéquipiers avaient été conçus aujourd'hui en Grande-Bretagne, ils auraient très probablement été supprimés avant leur naissance.

« Si la Grande-Bretagne veut conserver sa place à la tête du tableau des médailles aux Jeux paralympiques dans les décennies à venir, elle doit sérieusement envisager de changer ses lois pour mettre fin à la discrimination contre ce que l’on nomme actuellement une “qualité de vie inacceptable”. Les Jeux mis à part, toute société qui se veut en bonne santé doit progressivement accorder la même valeur au handicap ou au non-handicap », déclare-t-il.

« La communauté chrétienne doit, dans son ensemble, avec d'autres qui partagent nos convictions sur la dignité de la vie humaine, continuer à prendre les devants et, comme saint Laurent, travailler vigoureusement pour changer les lois discriminatoires et dépassées sur l’avortement en Grande-Bretagne », insiste l’aumônier : « Si cette question n'est pas abordée lorsque les Jeux paralympiques s’éloigneront de nos côtes, il est difficile d'imaginer quand une autre occasion de ce genre se présentera à nous, alors que la société britannique et le monde entier célèbre les réalisations incroyables des personnes handicapées ».