Les « Journées mondiales de l'Eucharistie » ont commencé

Par le P. Vittore Boccardi

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Luca Marcolivio
Traduction d’Océane Le Gall
ROME, mardi 12 juin 2012 (ZENIT.org) – Un congrès eucharistique international c’est en quelque sorte des « Journées mondiales de l’Eucharistie », explique le P.Boccardi.
Les travaux du 50ème congrès eucharistique international se sont ouverts dimanche 10 juin, à Dublin, en Irlande. Le P. Vittore Boccardi, SSS, official du Comité pontifical pour les congrès eucharistiques internationaux, explique les enjeux de ce rassemblement. Voici le premier volet de cet entretien.

Zenit - Le nom de « Congrès eucharistique » fait penser à un rendez-vous de nature intellectuelle et théologique : qu’en est-il?

R.P. Boccardi - Les congrès eucharistiques naissent à la fin du XIXe siècle, en France, dans un contexte social où les congrès étaient le moyen le plus actuel pour affronter les nouveautés de la culture et du monde dans les différentes branches de la science et de la technique. A l’intérieur d’un vaste mouvement eucharistique qui s’était développé surtout pendant les « siècles des révolutions », les chrétiens organisaient des congrès pour célébrer et adorer le mystère de l’Eucharistie qui étaient pour eux un vrai remède aux maux du monde et la manifestation d’une identité chrétienne vue souvent comme une ennemie de l’Eglise et des valeurs chrétiennes. Si les congrès naissaient aujourd’hui on les appellerait probablement « Journées mondiales de l’Eucharistie ».

Il faut rappeler ici que les Congrès eucharistiques ont été pendant plus d’un siècle l’unique manifestation de l’Eglise au niveau international à avoir rassembler de tous les continents et sur tous les continents des foules innombrables autour de l’Eucharistie, considérée le cœur de la communauté chrétienne et fondement de son identité. Une manifestation qui, par son caractère international, continue à rassembler tout le peuple de Dieu depuis plus de 130 ans, et pas une seule catégorie de personnes, autour du don du Christ qui, par le sacrement pascal de son amour, édifie l’Eglise et l’envoie manifester dans le monde la présence de son Royaume « jusqu’à son retour ».

Le Congrès eucharistique international se tient en Irlande, un pays de grande tradition catholique, où l’Eglise traverse néanmoins un moment de grande épreuve. Quelles sont les attentes des catholiques irlandais?

Les catholiques irlandais s’attendent avant tout à ce que leur Eglise soit considérée pour sa vitalité, plus que pour ses problèmes qui sont, en grande partie, ceux des sociétés occidentales aujourd’hui.

L’Eglise irlandaise est la digne héritière d’une tradition de fidélité à l’Evangile qui, à travers les siècles, a influencé tout le continent européen. Par leur foi, les missionnaires irlandais ont en effet ré-évangélisé l’Europe.

Ce 50ème Congrès eucharistique international est l’occasion pour l’Eglise irlandaise, de partager sa foi en l’Eucharistie avec des milliers et des milliers de chrétiens provenant de plus de 130 pays du monde et de célébrer avec eux le mystère de l’amour de Dieu qui fait de chaque chose une nouveauté.

Ce congrès tombe, par une heureuse coïncidence, au moment où le Concile Vatican II fête ses 50 ans. Un concile qui a marqué un tournant dans l’histoire de l’Eglise et sa compréhension d’elle-même comme « Corps du Christ » et « peuple de Dieu ». L’Eglise irlandaise est partie de là et elle a proposé comme thème du Congrès L’Eucharistie, Communion avec le Christ et entre nous. Le but est d’attirer l’attention de chacun et de tous, dans la société, sur le fait que notre totale appartenance à Jésus passe par la participation à l’Eucharistie où se construit en même temps, la communion avec le Christ et la communion avec les autres.

Mais ce congrès a aussi en toile de fond un second anniversaire : la célébration, il y a 80 ans (en 1932) à Dublin du 31ème congrès eucharistique international, où pour la première fois la toute jeune république d’Irlande occupait le devant de la scène avec un événement qui est resté ancré à jamais dans la mémoire de ce peuple.

Certes, le monde et l’Eglise d’aujourd’hui sont très différents, mais les chrétiens irlandais, encore une fois, veulent montrer au monde la place spéciale que tient l’Eucharistie dans leur foi et dans leur vie.

Quel est le rôle des laïcs dans ce Congrès?

Le Congrès eucharistique international est un événement ecclésial ouvert à tous, pas un symposium théologique ni une rencontre réservée à une catégorie spécifique de chrétiens, mais une profonde expérience de communion ecclésiale à partir de l’Eucharistie célébrée, priée, partagée.

Et la méthode des Congrès eucharistiques utilisée désormais depuis plus d’un siècle, est un croisement extraordinaire de vastes liturgies communautaires, de moments de prière d’adoration personnelle dans des dizaines d’églises de la ville, de catéchèses tenues par les orateurs internationaux les plus réputés, de témoignages de vie présentées aux assemblées générales, d’évènements culturels et de partage de foi lors de multiples rencontres.

Cet événement s’achèvera par la statio orbis, c’est-à-dire la grande célébration eucharistique de dimanche 17 juin, présidée par l’envoyé du pape, le cardinal Marc Ouellet. Des délégations provenant des quatre coins de la terre célèbreront le « mystère de la foi » donnant au monde un avant-goût de la réunion finale présenté par le livre de l’Apocalypse où les peuples de toute race, langue, peuple et nation seront rassemblées au banquet de l’Agneau immolé et ressuscité.

(à suivre, demain, 13 juin)