Les Mères de la Place de Mai saluent l'action de Bergoglio

Lettre de Mme Bonafini au pape François

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 650 clics

Les Mères de la Plaza de Mayo, à Buenos Aires, découvrent le vrai visage de l’archevêque Jorge Mario Bergoglio.

Le site du mouvement publie la lettre adressée en leur nom, depuis La Plata, en date du 21 mars, au pape François par Hebe de Bonafini qui a reçu une réponse chaleureuse publiée par le Saint-Siège le 19 avril dernier (cf. Zenit du 19 avril 2013). Elle explique avec enthousiasme avoir découvert le vrai visage de l’archevêque de Buenos Aires et son action dans les « villas », les bidonvilles de la capitale.

Je vous appelle Don Francisco

« Permettez-moi de m’adresser à vous comme à Don Francisco, ce Francisco qui je viens de découvrir, écrit Mme Bonafini. Mon père aussi s’appelait Francisco et c’était un travailleur aux mains très calleuses à force de travailler pour nous faire vivre.

« Don Francisco, je ne savais rien de votre travail pastoral, je savais seulement que le plus haut responsable de l’Eglise en Argentine habitait à la cathédrale ; quand nous manifestions, que nous passions devant cette cathédrale, nous chantions : « Vous vous êtes tus quand ils les kidnappaient. » « Aujourd’hui, à ma grande surprise, j’entends de nombreux compagnons expliquer votre engagement et votre travail dans les « villas ». Je me réjouis infiniment de connaître votre travail et je ressens l’espérance d’un changement au Vatican ».

« Nous avons beaucoup souffert dans cette Amérique latine qui se redresse maintenant grâce à ses dirigeants.

« J’ai entendu parler de la possibilité de la béatification du père Murias. Pour cette raison, je me permets de vous envoyer la liste des prêtres et des évêques du Tiers monde disparus et assassinés pour vous demander que, comme l’Association des Mères de la Plaza de Mayo le demande pour tous, par solidarité vous rappeliez à tous leur engagement dans la lutte pour leur patrie. »

En mars dernier, le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a confirmé que le cardinal Bergoglio avait naguère donné le feu vert diocésain à la béatification du père Carlos de Dios Murias, franciscain tué en 1976 dans la province La Rioja, pour s’être opposé aux autorités locales.

Un franciscain français, le père Gabriel Longueville, a également été enlevé par un « escadron de la mort » de la dictature militaire, et il a été tué avec le père Murias après avoir subi les mêmes cruelles mutilations: on leur a arraché les yeux et on leur a coupé les mains. Et son procès de béatification a également été ouvert. Mgr Enrique Angelelli, l'évêque du diocèse, a lui aussi été assassiné par les mêmes militaires.

Combattre le fléau de la misère

Dans sa réponse à Mme Bonafini, le pape la remercie de son « aimable » message et des « nobles sentiments » à son égard.

Le pape l'assure de sa participation à sa douleur et à celle de « tant de mères et de familles ».

Il demande pour elles « la force de lutter, à la place qui est désormais la sienne pour éradiquer partout la pauvreté et faire cesser la souffrance de tant d'êtres humains qui se trouvent dans le besoin ».

Le pape se dit « solidaire et plein d’estime » pour tous ceux qui « luttent aux côtés des plus défavorisés pour les aider, les comprendre, et répondre à leurs justes aspirations ».

Il dit prier pour que Dieu « éclaire les responsables du bien commun afin qu’ils combattent le fléau de la misère par des moyens efficaces, équitables et solidaires ».

Il leur accorde sa bénédiction « en signe d’espérance », et il leur recommande de prier pour lui.

L'association des « Mères de la Place de Mai » a été fondée en 1977 par des mères de famille pour dénoncer la disparition de leurs enfants pendant la dictature (1976 - 1983).

Elles continuent de manifester le jeudi sur cette place de Buenos Aires, devant la résidence du gouvernement, pour dénoncer les crimes passés et faire mémoire des disparus.

Le pape les encourage donc maintenant à la lutte aussi contre les misères d’aujourd’hui.