Les messages de Joseph Ratzinger-Benoît XVI au Corps diplomatique

Les relations diplomatiques du Saint-Siège en chiffres

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ROME, Lundi 8 janvier 2007 (ZENIT.org) – L’Afrique, et en particulier la Somalie, le Moyen Orient, l’Iran, l’Europe aux prises avec son passé, la liberté religieuse et la vie humaine en danger, mais surtout la nécessité d’un changement de l’économie mondiale pour vaincre la faim dans le monde : autant de thèmes abordés ce matin par le pape Benoît XVI dans son troisième discours au Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège (cf. « Documents » pour le texte intégral dans l’original en français).



Le cardinal Joseph Ratzinger, doyen du collège des cardinaux, avait déjà reçu le Corps diplomatique lors de la présentation des condoléances pour la mort de Jean-Paul II, le 13 avril 2005.

Le pape Benoît XVI a ensuite reçu les ambassadeurs à deux reprises, le 12 mai 2005 au lendemain de son élection, puis le 9 janvier 2006 pour le traditionnel échange de vœux qui permet de comprendre la vision du monde du pape et du Saint-Siège.

Avec le discours du pape à la curie romaine, pour les vœux de Noël (cf. Zenit des 22, 24 et 25 décembre), c’est donc le discours le plus attendu de l’année.

Les titres des media du Vatican
Le message de Benoît XVI en 2007 est présenté sous différents angles par les media du Vatican. Le Service d’Information du Vatican (VIS) titre : « Œuvrer ensemble pour un humanisme intégral ».

L’Osservatore Romano en italien du 9 janvier reprend cette même expression de la fin du discours du pape et titre : « Travailler à la construction d’un humanisme intégral, qui seul peut garantir un monde pacifique, juste et solidaire ».

Radio Vatican annonce – sans son édition en italien de la mi-journée ce 8 janvier : « Crises politiques, sociales et humanitaires : dans son discours de début d’année au corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, le pape demande de consolider ce qu’il y a de positif dans le monde, pour surmonter ‘ce qui dégrade et tue l’homme’ ».

En fait, avant un tour du monde, qui part de l’Afrique en passant par l’Amérique latine, puis l’Asie et donc le Moyen Orient, et s’achève en Europe, Benoît XVI a choisi de montrer les ombres et les défis du monde actuel – dont la lutte contre la faim et la pauvreté – et suggère les remèdes : promouvoir ce que le pape appelle un « humanisme intégral » et travailler sur l’économie mondiale.

Le Corps diplomatique
Ce sont les représentants de 175 nations et de différentes organisations internationales qui ont ont été reçus ce matin en la salle Regia du Vatican à 11 heures, et le pape a prononcé son allocution après la salutation du doyen du Corps diplomatique, le Prof. Giovanni Galassi, ambassadeur de la République de Saint-Marin.

Aux 175 Etats qui ont établi des relations diplomatiques avec le Saint-Siège s’ajoutent les Communautés européennes, l’Ordre souverain milaitaire de Malte, et deux missions à caractère spécial : la mission de la Fédération de Russie, dirigée par un ambassadeur, et le Bureau de l’Organiation pour la libéraiton de la Palestine (OLP) guidée par un directeur.

Bilan de l’année 2006
En 2006 de nouvelles relations ont été établies. Le 16 décembre, le Saint-Siège a en effet établi des relations diplomatiques avec la république du Monténégro, respectivement au niveau de nonciature apostolique et d’ambassade.

Le 19 avril, le Saint-Siège avait signé un accord fondamental avec la Bosnie Herzégovine, confirmant des princicpes et définissant des dispositions concernant des questions d’intérêt commun.

Le 9 octobre, le Saint-Siège a procédé à l’échange d’instruments de ratification de l’accord signé le 29 novembre 2005 entre le Saint-Siège et la Ville libre et hanséatique de Hambourg, pour réglementer les relations entre l’Eglise catholique et la Ville-Land. L’accord est entré en vigueur le lendemain, lors de l’échange des instruments de ratification, comme le prévoyait l’accord.

Grandeur de la vie humaine
Rappelons que le 13 avril 2005, le cardinal Ratzinger rendait hommage à Jean-Paul II dont les 26 ans de pontificat ont permis de doubler le nombre des relations diplomatiques, en disant : « Vous avez été les témoins privilégiés de cette action et du développement des relations diplomatiques qui, au cours du pontificat, ont plus que doublé. Combien de fois le Pape Jean-Paul II n’a-t-il pas exhorté les pays à trouver des solutions pacifiques et à poursuivre le dialogue ? Combien de fois n’a-t-il pas invité les Dirigeants des nations à une attention toujours plus concrète aux peuples dont ils ont la charge, notamment aux plus faibles, aux plus petits, aux plus pauvres ? Combien de fois n’a-t-il pas rappelé la grandeur de la vie humaine ? »

Une humanité réconciliée sur une terre de partenaires
Le doyen du collège des cardinaux soulignait l’actualité de l’activité de son prédécesseur en faveur de la paix et de la solidarité en disant encore : « Autant d’exhortations qui résonnent encore aujourd’hui pour nous comme un engagement en faveur de la personne humaine, de toute personne humaine. Autant d’exhortations qui sont pour nous tous un message et un appel : nous mettre toujours davantage au service de la paix et de la solidarité entre les personnes et entre les peuples, au service des hommes de tous les continents, pour que se lève une humanité réconciliée sur une terre où tous sont partenaires. C’est en particulier ce qu’il rappelait inlassablement aux Autorités civiles et aux membres du Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège ».

Justice, paix, solidarité, charité et pardon
Le 12 mai 2005, Benoît XVI, élu depuis moins d’un mois reprenait cet hommage appuyé, en affirmant : « En vous voyant, comment ne pas évoquer le long et fructueux ministère du bien-aimé Pape Jean-Paul II ! Infatigable missionnaire de l’Évangile dans les nombreux pays qu’il a visités, il a aussi rendu un service unique à la cause de l’unité de la famille humaine. Il a montré le chemin vers Dieu, invitant tous les hommes de bonne volonté à raviver sans cesse leur conscience et à édifier une société de justice, de paix, de solidarité, dans la charité et le pardon mutuel. Il ne faut pas oublier non plus ses innombrables rencontres avec les Chefs d’État, les Chefs de Gouvernement et les Ambassadeurs, ici, au Vatican, au cours desquelles il s’est attaché à défendre la cause de la paix ».

J’ai connu la guerre
Mais il ajoutait cette réflexion à partir de son expérience personnelle des tragédies du XXe siècle : « Pour ma part, je viens d’un pays où la paix et la fraternité sont chères au cœur de tous les habitants, notamment pour ceux qui, comme moi, ont connu la guerre et la séparation entre frères appartenant à une même nation, en raison d’idéologies dévastatrices et inhumaines qui, sous couvert de rêves et d’illusion, faisaient peser sur les hommes le joug de l’oppression. Vous comprendrez donc que je sois particulièrement sensible au dialogue entre tous les hommes, pour dépasser toutes les formes de conflits et de tensions, et pour faire de notre terre une terre de paix et de fraternité ».

Une société pacifique
« Tous ensemble, exhortait le nouveau pape, en conjuguant leurs efforts, les communautés chrétiennes, les Responsables des nations, les Diplomates et tous les hommes de bonne volonté, sont appelés à réaliser une société pacifique, pour vaincre la tentation d’affrontements entre des cultures, des ethnies et des mondes différents. Pour cela, chaque peuple doit puiser dans son patrimoine spirituel et culturel les meilleures valeurs dont il est porteur afin d’aller sans peur à la rencontre d’autrui, acceptant de partager ses richesses spirituelles et matérielles au bénéfice de tous ».

Droits à la vie, à la nourriture, à un toit…
Benoît XVI insistait sur les priorités de l’action de l’Eglise dans le monde : « Afin de poursuivre en ce sens, l’Église ne cesse de proclamer et de défendre les droits humains fondamentaux, malheureusement encore violés en différentes parties de la terre, et elle œuvre afin que soient reconnus les droits de toute personne humaine à la vie, à la nourriture, à un toit, au travail, à l’assistance sanitaire, à la protection de la famille et à la promotion du développement social, dans le respect de la dignité de l’homme et de la femme, créés à l’image de Dieu ».

La vérité, chemin vers la paix
Le 9 janvier 2006, le pape reprenait son message du 1er janvier pour la Journée mondiale de la Paix en disant : « La paix – nous le constatons douloureusement – reste en de nombreuses parties du monde entravée, blessée ou menacée. Quel est le chemin vers la paix ? Dans le message que j’ai adressé pour la célébration de la Journée mondiale de la Paix de cette année, j’ai estimé pouvoir affirmer : «Là où l’homme se laisse éclairer par la splendeur de la vérité, il entreprend presque naturellement le chemin de la paix» (n. 3). Dans la vérité, la paix ».

L’accès à l’information par la presse
Le pape proposait alors 5 énoncés pour accompagner cette réalisation concrète de la paix « dans la vérité » : « Il faut avant tout souhaiter aujourd’hui que soit supprimé tout obstacle à l’accès à l’information par la presse et par les moyens informatiques modernes, et que s’intensifient en outre les échanges entre enseignants et étudiants des disciplines humanistes des universités des diverses régions culturelles. Le deuxième énoncé que je voudrais proposer est le suivant : l’engagement pour la vérité donne fondement et vigueur au droit à la liberté (…). Je voudrais en venir à un troisième énoncé : l’engagement pour la vérité ouvre la voie au pardon et à la réconciliation. À la connexion indispensable entre l’engagement pour la vérité et la paix, on soulève une objection : les convictions différentes sur la vérité donnent lieu à des tensions, à des incompréhensions, à des débats, d’autant plus forts que les convictions elles-mêmes sont plus profondes (…). Et en ce qui la concerne de manière spécifique, l’Église catholique condamne les graves erreurs accomplies dans le passé, tant de la part d’une partie de ses membres que de ses institutions ; et elle n’a pas hésité à demander pardon. L’engagement pour la vérité l’exige. La demande de pardon et le don du pardon, qui est dû également (…). Je voudrais vous présenter un dernier énoncé : l’engagement pour la paix ouvre à des espérances nouvelles (…).