Les migrants, signe visible de l'unité de la famille humaine

Intervention de Mgr Tomasi au Conseil de l'OIM

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ROME, vendredi 9 décembre 2011 (ZENIT.org) – Les migrants sont un signe visible de l’unité de la famille humaine, fait observer le Saint-Siège.

L’observateur permanent du Saint-Siège près les Nations Unies, Mgr Silvano Maria Tomasi, est en effet intervenu à la 100e session du conseil de l’OIM, du 5 au 7 décembre dernier. Une assemblée qui a accueilli le Saint-Siège comme membre à part entière.

Les migrants, a-t-il fait observer, « sont le signe visible du lien qui unit toute la famille humaine » et « ne sauraient donc être utilisés comme un prétexte au manque d’emplois et aux crises financières non résolues, ni vus comme des menaces contre la sécurité ».

Mgr Tomasi, a interpellé l’auditoire sur « certaines situations qui demandent une « réponse immédiate » comme : la croissante migration de mineurs non accompagnés, les violences que subissent les migrants dans les pays de transit - surtout les femmes et les enfants -, et l’attention portée aux immigrés expulsés vers leurs pays d’origine.

Citant le message de Benoît XVI pour la 97e journée Mondiale des migrants et du Refugiés, intitulé « Une seule famille humaine », l’observateur permanent du Saint-Siège, a souhaité que le 60e anniversaire des activités de l’IOM, soit l’occasion de plus d’efforts et « d’un nouveau regard » sur toutes ces personnes « déracinées et à la recherche d’une vie meilleure et productive ».

Il faut par ailleurs « promouvoir et renforcer la perception positive des migrants », a recommandé Mgr Tomasi, en sensibilisant au « fait évident » que les migrants sont « un apport positif » pour l’économie des pays qui les accueillent.

La question des migrants est en effet plus que jamais motif de préoccupation au niveau mondial, et plus aujourd’hui encore qu’il y a 60 ans, quand l’organisation Internationale des migrations (OIM) a commencé ses activités, insiste le Saint-Siège

« Au lieu de le réduire, la crise économique mondiale n’a fait qu’augmenter le nombre des migrants sur la planète et la gravité de leur situation, compliquant ultérieurement leur vie, celle de leurs familles et des habitants de leurs pays d’origine », a-t-il fait observer.

Face aux derniers chiffres rendus publics par l’OIM - 214 millions de migrants dans le monde -, destinés à augmenter dans les prochaines décennies, Mgr Tomasi, bien loin d’en faire un problème de statistique, a mis l’accent sur « la dimension humaine » d’un phénomène qui, selon lui, pourrait se transformer en une « méga tendance » du XXIe siècle.

Malheureusement, a-t-il dit, « la crise économique et l’augmentation de la pression sur les frontières des pays développés multiplient les attitudes d’auto-protection », au détriment de millions d’êtres humains, touchant de près également leurs familles et leurs peuples d’origine.

Mgr Tomasi a rappelé que la migration est « un test pour le respect et l’application des droits humains, surtout quand les politiques sont centrées sur le contrôle et sur la sécurité nationale », et regretté que la réponse fournie par la communauté internationale soit encore aujourd’hui « fragmentaire et privée de coordination ».

Et selon lui, les tentatives de résoudre le problème de la gestion des flux migratoires se heurtent à des attitudes de « réticence et de méfiance », à une opinion publique souvent hostile et à l’apparition de partis anti immigrés.

Or, la mondialisation, a-t-il relevé, « intensifie l’interdépendance des pays, entre ceux qui ont besoin de main d’œuvre et ceux qui ont des populations plus jeunes ». Il faut donc, selon lui, « créer une synergie qui soit avantageuse des deux côtés ». Et cette synergie, c’est aux « institutions multilatérales » de l’obtenir en s’y consacrant.

Il est clair, a encore dit Mgr Tomasi, que « les facteurs qui poussent à émigrer ne sont plus uniquement d’ordre économique », mais incluent aussi la recherche de sécurité et de liberté, la possibilité d’un développement personnel et professionnel et d’une meilleure qualité de vie », des domaines où, a-t-il reconnu, les moyens de communication modernes jouent aussi un rôle, faisant monter les attentes et diffusant des images souvent exagérées sur d’autres genres de société et de styles de vie ».


I.C.