Les nouveaux évangélisateurs, par J.-L. Moens

Colloque de la Communauté de l'Emmanuel

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ROME, mercredi 21 décembre 2011 (ZENIT.org) - Les nouveaux évangélisateurs doivent « prendre conscience des attentes de l’homme d’aujourd’hui » pour mieux répondre aux défis contemporains. Le 6e colloque de Rome de la Communauté de l’Emmanuel se propose d’aider dans cette réflexion, en traitant du lien entre charité, doctrine sociale de l’Eglise et évangélisation.

Le colloque aura lieu du 26 au 28 janvier 2012 au Centre des congrès, Villa Aurelia. Il sera sur le thème « Charité, justice et paix : un défi pour l’évangélisation ».

Jean-Luc Moens, l’un des organisateurs du colloque, membre de la communauté de l’Emmanuel, et membre du Conseil pontifical Cor Unum, en dit davantage aux lecteurs de Zenit.

Zenit - Quel est le but de ce colloque ?

Jean-Luc Moens - Il s’agit essentiellement de réfléchir aux grands défis de la Nouvelle Évangélisation. Nombreux sont ceux qui travaillent à cette Nouvelle Évangélisation ; il y a beaucoup d’expériences différentes… Tout cela est très heureux. En même temps, on voit bien le besoin de s’arrêter de temps en temps pour réfléchir sur notre praxis, évaluer ce que nous faisons dans ce domaine et échanger avec d’autres nos expériences pour mieux répondre aux défis du monde d’aujourd’hui et ouvrir de nouvelles perspectives.
Nos sociétés contemporaines évoluent très rapidement. Il est important que la proposition missionnaire de l’Église s’adapte à cette perpétuelle évolution. Pour cela, il faut que nous prenions conscience des attentes de l’homme d’aujourd’hui. La réflexion proposée par notre colloque se veut une aide pour avancer dans ce sens.

Pourquoi avez-vous choisi le thème « Charité, justice et paix : un défi pour l’évangélisation »?

Le thème de notre colloque a été choisi par l’équipe organisatrice qui comprend des membres de la Communauté de l’Emmanuel, de l’Institut Universitaire Pierre Goursat (IUPG, lié à l’Emmanuel), de l’institut Redemptor Hominis de l’Université Pontificale du Latran et de Fidesco.
Au moment où l’Église se prépare au Synode sur la Nouvelle Évangélisation, il nous a semblé important de réfléchir sur l’importance de la charité et de la Doctrine sociale de l’Église pour l’évangélisation.
Il ne peut pas y avoir d’évangélisation sans charité. L’évangélisation est en elle-même un acte éminent de charité, mais en même temps, elle ne peut se faire sans l’exercice d’une aide concrète lorsque celle-ci s’avère clairement nécessaire. D’un autre côté, la justice et la paix sont aussi partie prenante du processus d’évangélisation et elles en sont les conséquences naturelles. La conversion des cœurs conduit les personnes à devenir des acteurs de justice et de paix. Nous aurons de nombreux témoignages en ce sens pendant le colloque.
L’importance et l’actualité de ce thème ont été soulignées par le pape Benoît XVI dans son Message pour la célébration de la 45e Journée Mondiale de la Paix, le 1er janvier 2012 : « Eduquer les jeunes à la justice et à la paix ».

L'encyclique "Caritas in veritate" aura une place importante dans les interventions. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

« Caritas in veritate » apparaît désormais comme une des principales encycliques de la Doctrine Sociale de l’Église. Elle ouvre des pistes particulièrement adaptées aux grandes questions qui traversent actuellement notre monde, comme celle de la crise économique et financière.
Il nous a semblé normal que cette encyclique serve de base à notre réflexion. En particulier, nous pensons qu’elle constitue une chance pour la Nouvelle Évangélisation. Nous croyons en effet que les propositions de l’Église en matière sociale constituent une vraie plateforme missionnaire. Mais pour être reconnues comme telles, il faut d’abord qu’elles soient connues !
D’autre part, Deus caritas est, la première encyclique de Benoît XVI, aura aussi une place importante dans notre colloque car elle met les bases d’une théologie de la charité qui est également essentielle dans le processus d’évangélisation.

La problématique du lien entre doctrine sociale de l'Eglise et évangélisation est différente selon les pays. Comment allez-vous la traiter dans votre colloque ?

Il est vrai que la situation de chaque pays est différente. Néanmoins, avec le processus de mondialisation croissante, il y a de plus en plus de points communs. En traitant les questions de démocratie, de l’économie, de l’écologie, du respect de la vie, nous touchons des thèmes cruciaux dans tous les continents. Nos intervenants, venant de différents pays d’Europe, Amérique du Nord et du Sud, aborderont nécessairement ces questions avec la sensibilité liée à leur situation particulière. D’autre part, à travers des témoignages, nous aborderons plus spécifiquement des réalités latino-américaines et africaines.

Pour ce 6e colloque, vous avez un nouveau co-organisateur qui est la Fidesco…

La Fidesco est l’ONG fondée il y a trente ans par la Communauté de l’Emmanuel pour l’envoi de volontaires de solidarité internationale dans des projets de l’Église catholique. Comme association humanitaire, la Fidesco est par la force des choses un acteur de charité, de justice et de paix. Il était normal qu’à l’occasion de son trentième anniversaire, les organisateurs du colloque aient fait appel à son expertise.

Quels sont les intervenants que vous souhaiteriez présenter plus particulièrement aux lecteurs de Zenit ?

Je voudrais pouvoir les présenter tous ! Car tous sont des experts et en même temps des témoins dans leur domaine.
J’en citerai simplement cinq :
Mgr Rino Fisichella, président du Conseil Pontifical pour la Nouvelle Évangélisation,
le Prof. Francisco d’Agostino, président de l’union des juristes catholiques italiens, professeur de théorie et philosophie du droit à l’université de Tor Vergata, ancien président de la commission nationale italienne de bioéthique,
Mgr Luis Azcona Hermoso O.A.R., évêque de Marajo (Brésil), qui est sous le coup d’une menace de mort dans son diocèse car il a pris fait et cause pour les pauvres victimes d’exclusion,
Mme Adélaïde Ndayirorere, membre de la commission électorale indépendante du Burundi, où elle participe au processus de pays dans lequel le pays est engagé après de années de guerre civile,
Le Prof. Pierre-Yves Gomez, École de Management, Lyon et membre du Conseil scientifique de l’IUPG, concepteur du Parcours Zachée, un parcours simple et accessible à tous pour découvrir la Doctrine Sociale de l’Église et la vivre dans sa vie quotidienne.

Propos recueillis par Anne Kurian