Les personnes handicapées, témoins privilégiés d'humanité

Congrès sur la cécité, intervention de Mgr Zygmunt Zimowski

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Anne Kurian

ROME, lundi 7 mai 2012 (ZENIT.org) – Les personnes handicapées sont des « témoins privilégiées d’humanité », a déclaré Mgr Zimowski lors d’un congrès sur la cécité. Et l’Eglise a auprès d’elles un devoir "d’accueil" et "d’enseignement" sur le sens de la souffrance.

Mgr Zygmunt Zimowski, président du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, a introduit le Congrès sur la cécité, organisé par son dicastère, les 4 et 5 mai 2012 à Rome (cf. Zenit du 3 mai 2012).

Les personnes handicapées, témoins privilégiés d’humanité

« La personne handicapée, comme malvoyante, est une personne unique dans sa dignité inviolable », et le handicap qu’elle vit « constitue une de ces limites qui nous caractérisent comme créatures de Dieu », affirme Mgr Zygmunt Zimowski.

Citant Jean-Paul II, il explique : « Les personnes handicapées expriment le drame de la douleur dans notre monde, assoiffé d’hédonisme et malade de beauté éphémère ». Bien que « leurs difficultés sont souvent perçues comme un scandale et leurs problèmes comme un fardeau à supprimer », au contraire, elles sont « icônes vivantes du Fils crucifié », montrant que « la consistance ultime de l’être humain, au-delà de l’apparence, est en Jésus Christ».

Pour Mgr Zygmunt Zimowski, elles sont des « témoins privilégiés d’humanité ». C’est pourquoi il est « nécessaire » d’agir « pour leur bien », de les aider à « réaliser toujours plus leurs richesses », à répondre « à leur vocation particulière, humaine et surnaturelle ». Il faut pour cela une « écoute attentive de la vie de l’autre » et la volonté de « répondre aux besoins particuliers de chacun en tenant compte de leur capacité et de leurs limites ».

Compagne de voyage

L’Eglise a le devoir de se faire « compagne de voyage de chaque personne », pour « annoncer le salut » et « œuvrer pour la promotion de sa dignité ».

Il lui faut donc, précise l’archevêque, accueillir les « nouvelles sensibilités et demandes » des personnes aveugles: ce sont surtout, constate l’archevêque, des demandes « de relation, de réciprocité, d’accès à diverses formes de services ecclésiaux et de pleine communion dans la communauté des croyants ».

La « réponse effective » à ces demandes, estime Mgr Zimowski, peut devenir « l’élément de vérification de l’efficacité pastorale », qui doit assurer aux personnes aveugles une « pleine participation à la vie de la communauté chrétienne » en tant que « sujets qui ont besoin de recevoir, mais qui sont aussi capables de donner et qui désirent le faire ».

L’Eglise, affirme-t-il, est « convaincue » que réfléchir sur la cécité, comme sur tout handicap, c’est « réfléchir sur Dieu et sur les mystérieux chemins de son amour ». Elle a donc « conscience » de son devoir de « briser les barrières intérieures et extérieures qui empêchent un plein accès et une pleine insertion de ces frères au Dieu Trinité et à la communion d’amour ».

La souffrance vaincue

Il invite par ailleurs à « ne pas négliger » les demandes spirituelles suscitées par la présence du handicap, sur « le sens de la souffrance » et sur la façon de « la vivre et la valoriser ».

En ce sens, l’Eglise a le devoir d’annoncer que « le Christ a élevé la souffrance humaine au rang de la rédemption » et a « donné à chaque homme la possibilité, dans la souffrance, de participer à son œuvre de rédemption ». Ainsi, poursuit-il, « dans la vie en Christ, la souffrance est vaincue » et « son absurdité est dépassée en la traversant avec lui car en réalité c’est lui qui la vit en l’homme, la transformant en amour qui sauve ».

Pour conclure, Mgr Zimowski, invite à garder l’espérance, affirmant que « même lorsque la guérison du handicap est impossible ou humainement improbable », une forme de guérison « peut toujours advenir », notamment grâce à « une communauté qui accueille et soutient », grâce « aux capacités de la personne aveugle » et enfin grâce « aux nouvelles possibilités qui s’ouvriront au fur et à mesure dans la science ».