Les plaies du Christ, lieu de rencontre avec Dieu

Homélie du matin, 3 juillet 2013

Rome, (Zenit.org) Constance Roques, Anne Kurian | 1342 clics

La principale voie pour rencontrer Dieu ce n'est pas la « méditation », ni la « pénitence », c’est « d'embrasser les plaies de Jésus » dans les hommes qui souffrent : il suffit donc "de sortir dans la rue".

C’est ce qu’a dit le pape ce matin, mercredi 3 juillet 2013, lors de la messe à Sainte-Marthe, en la fête de l’apôtre Thomas. Radio Vatican et L’Osservatore Romano rapportent des extraits de son homélie, prononcée en présence de collaborateurs du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.

Le pape a commenté l’Evangile du jour (Jn 20,24-29), où le Christ se révèle à Thomas : « Jésus a voulu qu’il attende une semaine. Le Seigneur sait pourquoi il fait les choses. Et il donne à chacun le temps qu’il croit être le meilleur pour [lui]. Il a concédé une semaine à Thomas ».

Le chemin pour rencontrer Dieu

Jésus se révèle avec ses blessures : « Tout son corps était propre, très beau, plein de lumière, mais ses plaies étaient là, et elles sont encore là » et quand le Seigneur viendra, à la fin du monde, « il montrera ses plaies ».

Thomas « était têtu, mais le Seigneur a justement voulu une personne têtue pour faire comprendre quelque chose de plus grand. Thomas a vu le Seigneur, il a été invité à mettre le doigt dans la plaie des clous, à mettre la main dans son côté et il n’a pas dit : "C’est vrai, le Seigneur est ressuscité !". Non ! Il est allé au-delà. Il a dit : "Dieu !". Il est le premier des disciples à avoir confessé la divinité du Christ, après la Résurrection. Et il a adoré. »

« Et ainsi, on comprend quelle était l’intention du Seigneur en le faisant attendre : prendre même son incrédulité pour la porter non pas à l’affirmation de la résurrection, mais à l’affirmation de sa divinité. »

En résumé, le « chemin de la rencontre avec Jésus-Dieu, ce sont ses plaies. Il n’y en a pas d’autre. »

Embrasser les plaies de Jésus

« Et les plaies de Jésus, tu les trouves en faisant des œuvres de miséricorde, en donnant au corps – au corps – et aussi à l’âme, mais au corps, j’insiste, de ton frère blessé, parce qu’il a faim, parce qu’il a soif, parce qu’il est nu, parce qu’il est humilié, parce qu’il est esclave, parce qu’il est en prison, parce qu’il est à l’hôpital. Voilà les plaies de Jésus aujourd’hui. Et Jésus demande de faire un acte de foi, en lui, mais à travers ces plaies. »

Il ne suffit pas de « créer une fondation pour aider toutes ces personnes » : « C’est important, ça, mais en restant à ce niveau-là » les chrétiens sont « seulement des philanthropes ».

Il leur faut « toucher les plaies de Jésus, caresser les plaies de Jésus, soigner les plaies de Jésus avec tendresse, embrasser les plaies de Jésus, littéralement. Pensons à ce qui est arrivé à Saint François quand il a embrassé le lépreux. La même chose qu’à Thomas : sa vie a été changée ! »

Les chemins erronés

« Dans l’histoire de l’Église, il y a eu quelques erreurs sur le chemin qui mène à Dieu. Certains ont cru que le Dieu vivant, le Dieu des chrétiens, pouvait se trouver par la voie de la méditation... Ça, c’est dangereux... Combien se perdent sur ce chemin et n’arrivent pas ! Ils arrivent, si, peut-être, à la connaissance de Dieu, mais pas de Jésus-Christ, Fils de Dieu, deuxième personne de la Trinité. Ils n’arrivent pas jusque-là. C’est la voie des gnostiques, non ? Ils sont gentils, ils travaillent, mais ce n’est pas la bonne voie. C’est très compliqué et cela ne mène pas à bon port. »

« D’autres ont pensé que, pour arriver à Dieu », il fallait « être mortifiés, austères, et ils ont choisi la voie de la pénitence : seulement la pénitence et le jeûne. Et eux non plus ne sont pas arrivés au Dieu vivant, à Jésus-Christ Dieu vivant. Ce sont les pélagiens, qui croient qu’ils peuvent arriver par leurs propres efforts. »

Pour toucher le Dieu vivant, a conclu le pape, ce n’est pas la peine de « suivre un cours de remise à niveau », mais il faut entrer dans les plaies de Jésus et pour cela, « il suffit de sortir dans la rue » : « Demandons à saint Thomas le courage d’entrer dans les plaies de Jésus avec tendresse, pour avoir la grâce d’adorer le Dieu vivant ».