Les relations du pape François avec la Chine

Eclairage d'Eglises d'Asie

Rome, (Zenit.org) Rédaction | 597 clics

Dans l'entretien publié le 5 mars par le Corriere della Sera, le pape François révélait qu'il avait écrit au président chinois Xi Jinping et que celui-ci lui avait répondu. « Nous sommes proches de la Chine. Il y a des relations. C'est un grand peuple que j'aime », ajoutait le pape (cf. Zenit du 5 mars 2014).

Églises d'Asie, l'agence des Missions étrangères de Paris (EDA), commente les déclarations du pape, dans une dépêche du 6 mars 2014.

L'agence rappelle que « ce n’est pas la première fois que le pape François s’exprime publiquement au sujet de la Chine » : en avril, lors de l'angélus, il avait exprimé sa proximité aux populations de Chine continentale de la province du Sichuan frappées par un tremblement de terre (cf. Zenit du 21 avril 2013)

Lors de la messe du 24 mai, à l’occasion de la Journée de prière pour l’Église en Chine, le pape a confié l’intention : « Pour le noble peuple chinois : que le Seigneur le bénisse et que la Vierge le protège ».

Il a également publié ce tweet : « En la fête de Marie Auxiliatrice, je m’unis aux catholiques en Chine qui se confient à la protection de Notre-Dame de Sheshan et je prie pour eux. » (cf. Zenit du 24 mai 2013)

Deux jours avant, lors de l’audience générale du mercredi 22 mai, il avait lancé un appel à tous les catholiques du monde « à s’unir par la prière aux frères et sœurs qui sont en Chine, pour implorer de Dieu la grâce d’annoncer humblement et joyeusement le Christ mort et ressuscité, d’être fidèles à son Église et au Successeur de Pierre et de vivre chaque jour au service de leur pays et de leurs concitoyens en cohérence avec la foi qu’ils confessent » : « que leurs laborieux efforts soient toujours plus précieux aux yeux du Seigneur », avait-il conclu (cf. Zenit du 22 mai 2013).

En outre, lors du conclave qui l'a élu, il avait confié au cardinal chinois John Tong Hon, archevêque de Hongkong, combien « l’Église en Chine était présente en [son] cœur » (cf. Zenit du 11 avril 2013).

Mais c’est la première fois que le pape fait état de « relations » entre la Chine et le Saint-Siège et rend publique l’existence de cet échange de courriers avec le président Xi Jinping, analyse EDA.

L'agence rapporte un éclairage de Kwun Ping-hung, bon connaisseur du dossier vaticano-chinois, qui estime que les deux hommes ont le désir d’améliorer les relations : « Mais, après tant de hauts et de bas au cours de ces dernières décennies, la Chine et le Vatican savent très bien jusqu’où l’une et l’autre ne peuvent aller et connaissent les difficultés qui se présentent à eux. L’une et l’autre partie sont très conscientes du fait que la route est encore longue ».

EDA retrace l'histoire des relations diplomatiques entre la République de Chine et le Saint-Siège, histoire qui remonte au 2 juin 1942 : « Toutefois, après la prise du pouvoir par les communistes sur le continent en 1949 et le repli consécutif de la République de Chine à Taïwan, Mgr Riberi, internonce en Chine, fut expulsé en 1951 par le régime de Mao Zedong. L’année suivante la nonciature était déménagée à Taipei. Ensuite, après les années 1950, décennie de persécution pour l’Église en Chine populaire, et la Révolution culturelle (1966-1976), durant laquelle toute activité religieuse fut bannie, la politique d’ouverture mise en œuvre par Deng Xiaoping à partir de 1979 a permis une reprise graduelle des contacts entre l’Église de Chine et l’Église universelle, sans pour autant que les relations entre le Vatican et Pékin s’améliorent du tout au tout. »

En février dernier, après la renonciation de Benoît XVI, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères avait expliqué que les relations entre Rome et Pékin s’amélioreraient dans la mesure où le Vatican s’abstiendrait de « s’ingérer dans les affaires intérieures chinoises sous prétexte de religion » et romprait les liens entretenus avec Taïwan, tenu pour une province renégate par Pékin.

Du côté du Saint-Siège, note EDA, « le véritable point d’achoppement est la liberté religieuse en Chine populaire ». Un accord reste à trouver « sur la question du mode de désignation et de nomination des évêques » et sur « la place et le rôle de l’Association patriotique des catholiques chinois, courroie de transmission des volontés politiques du gouvernement sur la partie 'officielle' de l’Église ».

En août prochain, le pape François rencontrera les jeunes catholiques de tout le continent asiatique en Corée du Sud : il sera plus près de la Chine que jamais (cf. Zenit du 10 mars 2014).