Les relations homme-femme (II)

Entretien avec Mary Healy, auteur de « Les hommes et les femmes viennent d’Eden »

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ROME, Mercredi 14 février 2007 (ZENIT.org) – Les relations homme-femme sont souvent complexes. Dans cet entretien à ZENIT, Mary Healy explique quelle est la clé de bonnes relations. Nous publions ci-dessous la deuxième partie de cet entretien. (Pour la première partie, cf. Zenit, 13 février).



Mary Healy est l’auteur de « Les hommes et les femmes viennent d’Eden » publié aux Editions des Béatitudes, un guide à la théologie du corps de Jean-Paul II.

Zenit : Jean-Paul II explique que la réponse à la soif de bonheur de l’être humain se trouve dans le Jardin d’Eden. Pouvez-vous expliquer cette affirmation ?

M. Healy : Comme l’explique Jean-Paul II, l’histoire de nos origines présente une vision expliquant pourquoi nous avons été créés et quel est le sens le plus profond de nos vies. Selon la Genèse, lorsque Dieu souhaita une image de lui-même dans le monde créé, il ne façonna pas des individus isolés mais un couple marié. Ceci signifie que les deux personnes sont nécessaires pour que l’image soit complète.

Pourquoi ? Car c’est leur communion d’amour réciproque qui révèle le mieux Dieu ! La vérité selon laquelle Dieu lui-même est une communion de personnes, un échange éternel d’amour entre le Père, le Fils et l’Esprit-Saint n’est pleinement révélée que dans le Nouveau Testament.

Et Dieu a voulu que notre destin soit de participer à cet échange. C’est le sens de notre complémentarité sexuelle et des vocations dans lesquelles nous le vivons, que ce soit le mariage ou la vie consacrée.

En devenant un don l’un à l’autre dans une communion de personnes nous apprenons à aimer et à être aimés comme Dieu aime, et ainsi nous préparer à partager sa vie pour toujours. C’est notre dignité et notre destin, et nous réaliserons notre quête de bonheur dans la mesure où nous découvrirons et où nous vivrons cela.

Zenit : A qui cet ouvrage s’adresse-t-il ? Aux jeunes ? Aux couples en crise ? Aux fiancés ? Est-t-il accessible à une personne ne possédant aucune connaissance théologique ou philosophique ?

M. Healy : Ce livre s’adresse à tous. Il ne propose pas de conseils pratiques mais plutôt les fondements doctrinaux dont les personnes ont besoin pour prendre des décisions pratiques. Il a été écrit dans le but d’aider les personnes ordinaires à comprendre la théologie du corps et à l’appliquer aux situations de leur vie quotidienne.

Jean-Paul II écrit à un niveau très théorique mais en tant que prêtre il avait conseillé des centaines de couples, et il comprenait bien les questions auxquelles les personnes étaient confrontées. La théologie du corps n’est trop abstraite ou trop difficile pour personne. Il est vrai que ceux qui tentent de la mettre en pratique la trouveront très exigeante au niveau personnel – en réalité, ils découvriront que cela est tout simplement impossible sans la grâce de l’Esprit Saint.

Même des catholiques convaincus peuvent trouver que cette théologie révolutionne toute leur vision sur la sexualité, sur le mariage et les relations. Mais il s’agit bien ici d’une partie de la question car la grâce de changer est là pour tous ceux qui la demandent.

En ce qui concerne les jeunes en particulier, j’ai enseigné la théologie du corps aux adolescents et aux jeunes adultes et je les ai toujours trouvés extrêmement réceptifs à ces enseignements. Il y a une soif en eux. Cette génération a récolté les mauvais fruits de la révolution sexuelle et ils en constatent les retombées dans les familles brisées et les vie brisées autour d’eux.

De nombreux jeunes ne se laissent pas impressionner par les fausses promesses de la culture permissive dans laquelle ils ont grandi. Ils sont prêts pour quelque chose de nouveau. La théologie du corps leur donne une espérance et leur permet de poursuivre leur vocation, que ce soit au mariage ou au célibat, profondément convaincus de savoir où ils vont.