Les reliques de sainte Thérèse de Lisieux en Iraq, entretien avec Mgr Sleiman

Une anticipation de France catholique

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CITE DU VATICAN, Mardi 3 décembre 2002 (ZENIT.org) - C'est à Mgr Jean Benjamin Sleiman, Carme, Archevêque de Babylone des Latins, que revient le mérite d'avoir invité les reliques de Sainte Thérèse de Lisieux à visiter l'Iraq. Elles sont arrivées à Bagdad le 20 novembre et y resteront jusqu'au 26 décembre.



Le n°2859 de l'hebdomadaire FRANCE CATHOLIQUE daté du 6 décembre 2002, disponible en fichiers PDF sur le site www.france-catholique.fr (France Catholique, 60, rue de Fontenay - F-92350 Le Plessis Robinson) publie cet entretien avec Mgr Sleiman, que FC nous donne l'aimable autorisation de reprendre en anticipation pour nos lecteurs.

-Entretien avec Mgr Sleiman-

FC - Excellence, comment est venue l'idée de ce pèlerinage" et comment a-t-il été possible, dans la situation internationale actuelle?

Mgr Sleiman - L’idée des Reliques en Iraq m’est venue spontanément lorsque j’ai été nommé archevêque de Bagdad des Latins, justement le 29 novembre 2000. Je dis spontanément et parce que je suis carme et parce que la charge spirituelle et pastorale que charrient les Reliques répond au désir de tout pasteur.
Par ailleurs, en raison de mes fonctions d’assistant général de l’Ordre à Rome, de 1991 à 2000, j’ai participé à plusieurs manifestations thérésiennes. J’ai pris part à l’organisation des pérégrinations des Reliques à Rome pour le Doctorat, le 19 octobre 1997.
J’ai eu aussi le privilège d’entamer les premiers contacts avec la direction du Pèlerinage à Lisieux pour le passage des Reliques au Liban qui a duré officiellement 77 jours.
J’ajouterais volontiers, qu’en vivant en Iraq, j’ai encore plus souhaité l’arrivée des Reliques en cette période assez délicate : Thérèse est l’apôtre de l’amour, de la miséricorde et de la confiance. Elle est porteuse de paix. Elle est annonciatrice de la Bonne Nouvelle. Elle est elle-même une Bonne Nouvelle.

FC - Quelle a été la première réaction des Chrétiens à l'arrivée des reliques?

Mgr Sleiman - Les chrétiens ont accueilli Thérèse avec beaucoup de foi, d’espérance et de joie. Dans un climat joyeux, digne et grave, ils prient beaucoup. Partout où les Reliques sont vénérées, les fidèles, auxquels se sont mêlés quelquefois des non chrétiens, sont nombreux.
Thérèse conquiert vite et en profondeur les gens. Elle leur fait aimer le Seigneur. Elle les écoute et ils lui confient tout. Elle partage leurs angoisses et leurs espoirs. Elle ressuscite l’espérance.
Les gens sont tristes et émus, tout en étant consolés, lorsque les reliques les quittent. Ils ont l’impression qu’un parent ou un ami s’en va.

FC - Quels ont été les principaux rendez-vous de sainte Thérèse et des Chrétiens depuis le 20 novembre?

Mgr Sleiman - Le programme, qui se déroule très bien, prévoit des visites dans les Eglises de Bagdad, de Bassora (Sud), de Mossoul et des diocèses voisins du Nord de l’Iraq. On y a inséré d’autres étapes rapides dans des paroisses ou des communautés religieuses non prévues auparavant.

FC - Dix jours plus tard, quel est votre premier bilan?

Mgr Sleiman - Le bilan est plus que positif. Thérèse dépasse toutes mes espérances. Les fidèles sont de plus en plus nombreux. Dans l’organisation, des efforts louables ont été déployés, malgré la précarité des moyens, pour faire connaître son message.

FC - Quels fruits espérez-vous, pour cette Eglise liée à Abraham et où les chrétiens parlent encore la langue de Jésus?

Mgr Sleiman - J’espère un renouveau de l’espérance, une sérénité dans les temps difficiles que traverses l’Iraq, un approfondissement de la foi, une meilleure compréhension de l’Evangile et plus de communion entre les chrétiens.

FC - Comment, selon vous, les chrétiens occidentaux pourraient-ils manifester leur communion avec l'Eglise de Bagdad?

Mgr Sleiman - La communion qui lie chrétiens à travers le monde se manifeste, spirituellement et matériellement, de plusieurs manières. Les chaînes de prière pour l’Iraq aux USA en est un exemple. En cette période critique, elle peut se concrétiser d’une manière significative par le refus de la guerre et de l’embargo.

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