Les séminaristes haïtiens abandonnés à leur sort

Certains sont blessés mais tous ont tout perdu

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ROME, Vendredi 22 Janvier 2010 (ZENIT.org) - Les séminaristes d'Haïti ont été abandonnés à leur sort après le tremblement de terre qui a détruit leur séminaire. Ils ont dû, dans la panique, trouver un nouveau refuge.

Avant le séisme, il y avait un peu plus de 250 étudiants au séminaire national de Port-au-Prince. Selon l'association caritative Aide à l'Eglise en Détresse (AED), au moins trente séminaristes - religieux et diocésains - sont morts.

Dans un message adressé à l'AED, Mgr Chibly Langlois, l'évêque de Fort-Liberté, affirme : « Un des séminaristes est resté coincé dans les décombres du séminaire pendant deux jours et demi. Un autre a été blessé. Trois autres sont toujours sous le choc et ont besoin de soins spéciaux ».

Mgr Langlois a déjà envoyé deux de ses séminaristes en République Dominicaine afin qu'ils soient soignés. 

« Par ailleurs, les séminaristes n'ont pu récupérer aucune de leurs affaires. Cela signifie qu'il est nécessaire de leur fournir non seulement une assistance médicale mais aussi une aide financière pour leur permettre de se procurer de quoi se changer et des éléments de première nécessité », a-t-il ajouté.

Pour faire face à cette situation, le plus urgent est d'avoir les moyens nécessaires de reconstruire la communauté des séminaristes, affirme à ZENIT Xavier Legorreta, responsable des aides pour l'Amérique Latine à l'AED.

A cette occasion, l'AED a débloqué une première aide d'urgence de 70 000 dollars pour soutenir les 200 séminaristes qui se retrouvent à la rue. Cette aide d'urgence a été décidée après l'appel pressant lancé par Mgr Louis Kébreau, archevêque de Cap-Haïtien et président de la conférence épiscopale du pays.

L'AED coordonne son assistance avec le nonce apostolique en Haïti, Mgr Bernardito Auza, qui envoie de l'aide de Saint Domingue, capitale de la République Dominicaine.

Mgr Auza a envoyé à l'AED une liste des pertes les plus graves subies par l'Eglise dans le pays.

En pratique, les 80 paroisses de l'archidiocèse de Port-au-Prince et ses chapelles (environ 4 par paroisses) ont été détruites. « On parle de 320 chapelles ! », a expliqué Xavier Legorreta, en donnant une idée de l'énorme travail de l'Eglise locale, qui a perdu son archevêque et son vicaire général.

Jesús Colina