Les trois critères d'élection du pape, par le card. Barbarin

Solidité, foi et amour du Christ

Rome, (Zenit.org) | 2349 clics

« Un homme solide, un homme de foi et un homme qui aime le Christ » : ce sont les trois critères du cardinal Philippe Barbarin, pour élire le prochain pape, lors du conclave auquel le cardinal participera.

L’archevêque de Lyon, qui participe actuellement aux congrégations générales du Collège des cardinaux en vue du prochain conclave, explique en effet au micro de Radio Vatican que les caractéristiques du successeur de Pierre sont données dans l’Evangile. Il en voit trois principales.

Les trois critères pour élire le pape

Première caractéristique : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise », a dit Jésus. Il faut donc à la tête de l’Eglise « un homme solide » et non pas « un tas de boue », il faut « une pierre de taille », c’est-à-dire « un chrétien solide et un évêque solide qui soit capable de tenir », estime le cardinal.

Deuxième caractéristique : Pierre est « un pauvre pécheur », d’ailleurs « nous sommes tous des pauvres pécheurs » mais Jésus lui dit « J’ai prié pour toi… confirmes tes frères dans la foi ». Pour le cardinal, il faut que le pape soit « un docteur de la foi, un messager de la foi », quelqu’un « dont la foi soit limpide et qui ait comme but unique et premier de transmettre la foi ».

Troisième caractéristique, poursuit-il : après la résurrection et la pêche miraculeuse, Jésus demande à Pierre : « M’aimes-tu plus que ceux-ci ? ». C’est une « question épouvantable », fait observer le cardinal, car Pierre « vient de le trahir et tout le monde le sait, alors c’est terrible pour lui ».

L’apôtre est « blessé par cette question qui le brûle », mais il est aussi « rusé » : « je t’aime bien », répond-il, ce qui est « un petit peu en-dessous de « je t’aime » ».

« Tu sais que je t’aime bien quand même », dit Pierre. En réalité, commente le cardinal, c’est « très beau » que « quelqu’un qui malgré ses péchés soit capable de répondre « oui » à Jésus », de dire « oui » et ce « malgré sa propre médiocrité, quant à cette chose essentielle qui est d’aimer Jésus ».

Il n’existe pas « de bonhomme parfait » pour guider l’Eglise et en même temps « ces trois caractéristiques sont importantes », souligne le cardinal : « un homme solide, un homme de foi qui ait comme désir premier de transmettre la foi et un homme qui ayant humblement conscience de ses péchés et de ses trahisons, dise « en fait je vous promets, Jésus je l’aime et je l’aime vraiment ». »  

« Ces choses-là traversent 20 siècles et donc le monsieur que je recherche pour aujourd’hui c’est celui-là », ajoute le cardinal dans son habituel franc-parler.

L’Eglise est servante du monde

Selon le cardinal, l’Eglise « est intéressante quand elle ne s’occupe pas d’elle » : en effet, « elle est faite pour être la servante du monde ».

En ce sens, il confie ne pas trop apprécier « quand les cardinaux, les évêques ou les prêtres, parlent des évêchés, de la Curie, etc » mais en revanche préférer « quand ils parlent des gens, parce que nous sommes les serviteurs des pauvres et des malades, des honnêtes et des pécheurs, des jeunes et des vieux, de tout le monde ».

Dans ce contexte, la « préoccupation principale » de l’Eglise, sa « véritable mission » est « d’arriver à faire passer le message de Jésus, à en montrer la beauté ou l’immense cadeau de la miséricorde », il s’agit de « se frayer un chemin, trouver une porte et l’ouvrir, dans le cœur des gens ».

« L’Eglise c’est le Corps du Christ prolongé dans le temps et dans l’espace. Jésus est la tête et vous êtes les membres de son corps », rappelle le cardinal, qui déplore : « quand l’Eglise composée de pécheurs, que nous sommes, trahit ostensiblement son Seigneur, sa mission, l’Evangile, c’est une honte » et une purification intérieure est nécessaire.

Aperçu sur les congrégations générales

Le cardinal évoque par ailleurs le contenu des congrégations générales : « tout d’abord il faut savoir comment va le diocèse de Rome, parce que le pape est l’évêque de Rome », explique-t-il.

Ensuite, puisque le pape est le « chef d’Etat du Vatican », il s’agit de se familiariser avec l’organisation de la Curie romaine, sans omettre « les difficultés que tout le monde connaît, avec Vatileaks, etc », souligne le cardinal Barbarin qui souhaite que le prochain pape soit « capable de clarifier les choses, de remettre en ordre ».

Ensuite, les cardinaux se renseignent sur la situation du monde entier : « il y a l’Europe qui a des signes de fatigue, mais aussi de renouveau. Il y a des pays à immense majorité musulmane, où finalement il y a une fascination pour le Christ. Il y a une Amérique latine bouillonnante qui se prépare aux JMJ et qui a une vitalité chrétienne incroyable. Il y a la Chine qui reste un grand mystère, qui a à la fois de la reconnaissance pour Benoît XVI et en même temps qui nous échappe largement, etc ».

Pour conclure, le cardinal remercie les catholiques pour leur prière « car c’est une décision lourde exigeante », un « poids considérable » que les cardinaux sont « contents de ne pas porter seuls » : « quand un évêque du Japon est là c’est tous les catholiques du Japon qui sont là, quand un évêque de Hongrie est là, c’est tous les catholiques de Hongrie qui sont là… ».