Lettre des frères mineurs aux ministres de l’économie du G8

La personne au centre des choix politiques

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ROME, Lundi 15 juin 2009 (ZENIT.org) - « Mettre au centre la personne humaine » : c'est ce que demandent les frères mineurs dans un message adressé aux ministres de l'économie du G8, réunis à Lecce, en Italie, les 12 et 13 juin derniers.

Le message, accessible en italien, en anglais et en espagnol sur le portail de l'Ordre www.ofm.org, et en français sur le portail www.franciscains.fr a été largement discuté lors de l'assemblée des 152 représentants des frères franciscains réunis à Sainte-Marie-des-Anges à Assise (Italie) pour 187ème chapitre général, et propose des orientations concrètes pour la construction du bien commun et la promotion de choix économiques et productifs respectueux de la création. 

En cette année 2009, marquant le VIIIème centenaire de la fondation de l'Ordre, les frères se disent témoins dans notre société « du manque de reconnaissance suffisante des certains droits inaliénables de la personne humaine aux niveaux économique, social, culturel, civil et politique parmi lesquels on trouve le droit de la vie dans toutes ses étapes, de la liberté sous toutes ses formes, travailler et étudier, les droits des femmes et des enfants, sans négliger les problèmes actuels cruciaux du chômage et le manque de soutien pour des familles en difficulté » . 

« Nous notons, avec une inquiétude croissante, comment la mondialisation, dirigée seulement selon les lois du marché, porte avec elle comme conséquences, l'attribution d'une valeur absolue à l'économie, le chômage, la réduction des effectifs (la taille) et la détérioration des services publics, la destruction de l'environnement et de la nature, la production aveugle et la vente d'armes, l'augmentation des différences entre riches et pauvres, l'injuste compétition qui met les pays pauvres dans une telle situation d'infériorité, contraignant des millions de gens à une émigration désespérée de leurs propres terres », relèvent-ils. 

Pour surmonter la crise, les frères proposent de « transformer notre style de vie habituel à travers une sobriété plus responsable, un respect de l'environnement et une non-violence active ».  

A la lumière de cela ils proposent que les gouvernements « aient un plan pour une économie qui représente un changement de paradigme. A savoir, passant d'un modèle économique de libre marché à un modèle  d'économie durable qui donne priorité aux dimensions sociales et environnementales au-delà de ce qui est purement économique, et qui garantisse les besoins fondamentaux de tous avec la contribution de tous ». 

Ils leur demandent en même temps de favoriser « des politiques de production qui évitent l'usage de méthodes de production qui polluent », de poursuivre « des politiques énergétiques basées sur les énergies renouvelables qui respectent les écosystèmes » et de maintenir « l'engagement déjà pris solennellement d'allouer 0,7 % du PIB pour atteindre les buts du développement du millénaire ».

Suivant l'enseignement de François d'Assise, les frères appellent les gouvernements à « placer au centre la personne humaine dans tout son être et tous ses aspects », demandant pour l'avenir : « respect pour la dignité et l'égalité des personnes humaines avec l'engagement de la construction du bien commun et de la destination universelle des biens », « un effort renouvelé vers un développement durable qui garantisse les besoins des générations actuelles sans compromettre les possibilités et les besoins pour l'avenir », et « une croissance économique alignée sur la sauvegarde de l'environnement et la distribution des bénéfices pour tous ». 

« Pour cela, nous demandons de travailler avec soin à satisfaire de la meilleure façon possible les attentes et les besoins des populations aujourd'hui », concluent-ils, assurant les ministres de « tout leur soutien pour ce cheminement ». 

La lettre des frères mineurs a été remise à la présidence du conseil par le frère Michael Anthony Perry, vicaire général de l'Ordre, frère Vicente Felipe Tapia, définiteur général, et frère Roberto Ferrari, ministre provincial de Lombardie.