Liban : Un cessez-le-feu fragile

Communiqué du Secours catholique

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ROME, Vendredi 25 août 2006 (ZENIT.org) – « Après trente trois jours de guerre centrée sur la destruction des infrastructures, la crainte d’un “second round” plane sur le Liban si les troupes de l’ONU ne sont pas déployées dans les prochains jours. » Le Père Samaha, président de Caritas Liban, a ainsi introduit sa présentation de la situation dans son pays devant les Caritas partenaires pour le Proche Orient, réunies au siège du Secours Catholique à Paris, les 22 et 23 août, précise un communiqué du Secours catholique.



Cette session visait à établir les différentes étapes de la reconstruction par Caritas Liban après le cessez-le-feu du 14 août dernier et à évaluer, de nouveau, les aides d’urgence à apporter aux Palestiniens de la Bande de Gaza et de Cisjordanie, confrontés à une situation qui ne cesse de se détériorer depuis le 28 juin, poursuit le communiqué.

Dès l’annonce de l’arrêt des hostilités au Liban, les populations qui avaient fui les bombardements vers le nord, se sont précipitées sur les routes demeurées carrossables pour vérifier l’état de leur logement, malgré les appels à la prudence lancés par les autorités libanaises d’attendre la sécurisation des zones où subsistent des projectiles non explosés. Dix personnes ont déjà trouvé la mort.

On estime que 88% du million de déplacés sont rentrés dans leur village, tandis que 12% d’entre eux sont restés dans le nord, représentant 15 000 familles, en majorité chrétiennes, inquiètes, découragées d’avoir perdu encore une fois leur travail, leur maison.

La crainte des responsables de Caritas Liban est de voir les chrétiens refuser de retourner dans leur village où ils se trouvent minoritaires, pour s’installer dans les villes ou pire, quitter le pays. « Seule la présence des troupes de l’ONU aidera à leur redonner confiance et les décidera à repartir chez eux, » a poursuivi le Père Samaha, toujours selon le communiqué.

Pendant les 33 jours de la guerre, les équipes de Caritas Liban ont apporté une aide à plus de 91.000 personnes issues de toutes les communautés religieuses. Fait unique, les gouvernements des Emirats Arabes Unis, de la Libye et de l’Arabie Saoudite lui ont adressé un don en remerciement de leur ouverture et de leur accueil.

Le gouvernement libanais s’est engagé à reconstruire, mais déjà le Hezbollah distribue 12 000$ aux déplacés qui ont vu leur maison détruite par les bombardements. La crainte de Caritas Liban est de voir les chrétiens écartés de fait d’une reconstruction qu’ils ne peuvent accepter.

L’organisation s’est donc donnée pour tâche de venir en aide à 4 000 familles parmi les plus vulnérables, et plus spécifiquement chrétiennes, dans les régions du sud et de la Békaa.
Cet appui aidera les familles à réintégrer une vie normale dans leur village en leur apportant une aide alimentaire pendant deux mois et une aide financière pour payer les scolarités des enfants.
D’autre part, des prêts seront accordés à 4 000 fermiers qui ont perdu leur récolte, à 500 pêcheurs qui ont perdu tout leur matériel, à 500 petites entreprises qui ont été les plus touchées par la guerre pour leur permettre à tous de redémarrer leur activité.
Enfin, 500 familles recevront 1 000 $ pour effectuer des réparations sur leur maison endommagée.

De son côté, les équipes de Caritas Jérusalem, avaient déjà été sollicitées par de nombreuses familles de fonctionnaires dont les salaires n’ont pas été versés à la suite des sanctions de l’Union européenne et de l’arrêt total de la solidarité internationale après l’élection du Hamas. Cependant, après le 28 juin, où un jeune soldat israélien a été enlevé lors d’une attaque de Tsahal dans la bande de Gaza, elles ont dû faire face à une crise humanitaire aggravée après le bouclage complet de Gaza et des Territoires occupés de Cisjordanie et la reprise des bombardements causant la mort et des blessures graves dans la population.

1 200 familles ont reçu une aide alimentaire. Des médicaments ont été distribués dans les hôpitaux. Du fuel a été fourni à un hôpital pour le fonctionnement de ses générateurs. 23 points d’urgence médicale ont été créés pour la prise en charge des blessés. La clinique mobile de Caritas Jérusalem à Gaza n’a cessé de se déplacer pour aller au plus proche des blessés et des malades.
« L’engagement des équipes est remarquable. Elles agissent au risque de leur vie. Leur seul souci est la personne qu’elles doivent secourir », a confié Claudette Habesch, Secrétaire général de Caritas Jérusalem, toujours selon le communiqué publié ce vendredi par le Secours catholique.