Luigi Novarese, apôtre des malades

La consolation du Christ, par les malades

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 742 clics

Mgr Luigi Novarese (1914-1984), fondateur des Ouvriers silencieux de la Croix et du Centre des volontaires de la souffrance, a béatifié ce 11 mai prochain à 10h, à Rome, en la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs.

Le cardinal Tarcisio Bertone a présidé la célébration solennelle à laquelle ont participé plus de cinq mille pèlerins de différents pays, comme la Pologne ou Israël, mais aussi du Congo. Le secrétaire d'Etat a été accueilli par l'archiprêtre de la basilique, le cardinal James Harvey.

Dans son homélie, le cardinal Bertone a souligné que Mgr Novarese avait lui-même fait l'expérience de la maladie et qu'il avait été guéri de la tuberculose après des neuvaines à la Vierge Marie et - le cardinal salésien l'a souligné - de don Bosco.

Il voyait dans le malade un personne "active" aussi pour répandre la "consolation" du Christ et intercéder dans la prière pour les autres, pour le monde.

Avec humour, le cardinal Bertone a aussi rappelé que don Luigi avait travaillé à la secrétairerie d'Etat, sans toujours rencontrer des sympathies pour son engagement, mais il est la preuve que l'on peut "travailler au Vatican" et se sanctifier, a ajouté le Secrétaire d'Etat du pape François en souriant.

Sa fête liturgique est fixée par le pape au jour de sa "naissance au ciel", le 20 juillet.

Pour l'album photo de la célébration on peut se rendre sur la page Facebook de "Zenit, agence d'inforlation, site officiel".

Luigi Novarese est né à Casale Monferrato (Alessandria), le 29 juillet 1914. Le pape Jean-Paul II l’a défini comme « l’apôtre des malades », nom qui a accompagné sa béatification.

En effet, tout en travaillant à la Secrétairerie d’État du Saint-Siège – de 1942 à 1970 – puis à la Conférence des évêques d’Italie – de 1970 à 1977 – il s’engage tout entier dans la lutte contre l’exclusion des personnes handicapées pour les sortir des ghettos dans lesquels elles sont confinées et les intégrer dans la société.

Il leur enseigne un métier avec pour objectif, dans la limite des possibilités de chacun, de les rendre autonomes y compris sur le plan économique. Il dialogue sans complexes avec la médecine, montrant l’efficacité thérapeutique de la motivation spirituelle dans les soins donnés au malade. Il fonde des maisons de santé, des centres d’aide, des cours professionnels pour personnes handicapées et infirmes, leur enseignant à penser et à vivre la maladie autrement.

En 1943, il fonde la Ligue sacerdotale mariale, pour venir en aide aux prêtres infirmes, blessés ou vivant dans des conditions économiques difficiles à cause de la guerre. Quatre ans plus tard, il lance le Centre des volontaires de la souffrance, association dans laquelle il enseigne aux malades à avoir un regard nouveau sur eux-mêmes et sur la maladie. En 1960, le père Luigi crée la fondation des Ouvriers silencieux de la Croix, « une association d’âmes consacrées, hommes et femmes, prêtres et laïcs, engagés pour apporter aux malades un éclairage sur le sens chrétien de la douleur et les soutenir à travers des œuvres d’aide et de réhabilitation professionnelle ». En 1952, il commence la construction de la Maison du Cœur immaculé de Marie, à Re (Verbania) qui, à partir de 1960, accueille chaque année des milliers de malades pour des sessions d’exercices spirituels. Toujours en 1952, afin de rendre plus efficace l’accompagnement des malades, Mgr Novarese créé une quatrième association, les Frères et Sœurs des malades, personnes en bonne santé qui s’engagent dans l’apostolat des malades en partageant le même programme spirituel qu’eux et en les soutenant dans leurs besoins.

Le 7 octobre 1957, Mgr Novarese réussit à étonner la hiérarchie ecclésiastique en organisant le plus grand rassemblement de malades jamais réalisé jusque là, à l’intérieur du Saint-Siège, amenant 7000 malades dans la Cour du Belvédère pour une audience avec le pape Pie XII. Une multitude de sept mille fidèles sur des brancards ou dans des fauteuils roulants, venant de toute l’Italie et du canton du Tessin, qui touchera profondément le pape Pacelli.

Sa vie terrestre prend fin le 20 juillet 1984 à Rocca Priora, près de Rome, où il se trouve pour un temps de convalescence. Son corps repose à Rome dans l’église Sainte-Marie-du-Suffrage, au numéro 49 de la via Giulia, la rue du consulat de France.