Luthériens et catholiques : relire 500 ans d'histoire

"Du conflit à la communion" présenté par le card. Koch

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 1072 clics

La déclaration conjointe luthérienne et catholique « Du conflit à la communion » a été présentée devant le Conseil de la Fédération luthérienne mondiale (FLM). Elle était attendue, en vue des 500 ans de la Réforme célébrés en 2017 (cf. Zenit du 24 janvier 2013).

Le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens (CPPUC), était présent lors de la présentation qui a eu lieu en Suisse, hier, 17 juin 2013.

« Du conflit à la communion: commémoration commune luthérienne-catholique en 2017 », est publié par la Commission luthérienne-catholique pour l'unité, dans le cadre de la commémoration du 500e anniversaire de la Réforme, et du 50e anniversaire du dialogue entre luthériens et Catholiques (2017).

Réaffirmer les points communs

Mgr Matthias Turk, responsable des relations entre catholiques et luthériens pour le dicastère, explique au micro de Radio Vatican qu’il s’agit d’une étape « très importante » : le document propose une relecture de l’histoire des deux Eglises en « réassumant » le « dialogue commun, les fondements communs, sur les questions de foi », autant de points « qui ne sont plus motifs de division entre les Eglises ».

Le document s'appuie donc sur les étapes œcuméniques marquantes, notamment la « Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification », voulue par le bienheureux Jean-Paul II en 1999. Il envisage aussi « l’avenir », pour poursuivre le témoignage commun au monde d’aujourd’hui, ajoute Mgr Turk.

L’évêque espère que ce document deviendra un point de départ pour tout type de dialogue œcuménique, car il précise « les intentions de fond des réformes de l’Eglise, qui sont toujours nécessaires, et il parle du rapport avec Dieu ».

Prochain dialogue sur le baptême

Lors de la présentation, le cardinal Koch a exprimé son « ferme espoir » que ce document soit reçu par les luthériens et les catholiques aux niveaux mondial et local. Il a invité, en vue de l’anniversaire de la Réforme, à « s’écouter les uns les autres sur le sens de la commémoration » et à « redécouvrir ce que luthériens et catholiques ont en commun en ayant le courage d'aborder les conflits dans l'histoire ».

Il s’est également réjoui de la décision de la Commission luthérienne-catholique pour l'unité, d’entamer un processus de dialogue sur le thème du baptême (« Baptême et croissance dans la communion ») : « une nouvelle étape importante sur la voie de l'approfondissement de la compréhension entre luthériens et catholiques ».

Ce travail, a-t-il estimé, pourrait ouvrir la possibilité d'une future déclaration commune sur "l'Eglise, l'eucharistie et le ministère".

L’unité, achèvement de la Réforme

Pour le cardinal, « le vrai succès de la Réforme ne peut être atteint qu’à travers le dépassement des divisions héritées » et par conséquent « les efforts oecuméniques visant l'unité sont en fait un achèvement des travaux de la Réforme elle-même ».

Le cardinal Koch a conclu en appelant au « réalisme » quant aux attentes mutuelles : « l’Eglise catholique, par exemple, ne peut pas imposer la papauté aux luthériens, et les luthériens ne peuvent imposer l'hospitalité eucharistique ».

L’évêque Munib A. Younan, président de la FLM, a souligné que « ce document peut être un outil important dans l'amélioration des relations et, plus important encore, le témoignage commun, dans tous les contextes ».

L’évêque Eero Huovinen, co-président de la Commission luthérienne-catholique pour l'unité, a insisté pour que luthériens et catholiques se concentrent sur ce qu’ils ont en commun sur les questions théologiques.