Lutte contre la faim : Finis les discours, il est temps d’agir

Le Saint-Siège plaide à l’ONU pour la sécurité alimentaire

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ROME, Jeudi 29 octobre 2009 (ZENIT.org) - L'heure n'est plus aux statistiques et aux mots, mais à l'action contre la faim dans le monde, déclare Mgr Migliore à l'ONU.

L'Observateur permanent du Saint-Siège à l'ONU, à New York, Mgr Celestino Migliore, est intervenu le 23 octobre, lors de la 64e session de l'assemblée générale de l'ONU sur le sujet 60 : « Développement agricole et sécurité alimentaire ».

Mgr Migliore a salué la qualité du rapport de l'ONU sur ce thème, qui établit notamment que - c'est une première dans l'histoire - le nombre des êtres humains souffrant la faim dépasse un milliard de personnes, alors que « le monde produit suffisamment de nourriture pour la communauté mondiale ».

Revoir les politiques agricoles

Il déplore les « injustices », la « mauvaise gestion » des systèmes financiers, tout ce qui empêche de libérer le monde de la faim, et notamment le fait que des terres agricoles sont utilisées pour des cultures non vivrières. Il invite donc à une « révision » des politiques agricoles, car « la terre est une base fondamentale de notre richesse, l'élément auquel est confiée la survie de l'humanité ».

Mgr Migliore a mentionné le prochain sommet de Copenhague et le rapport de la Banque mondiale et de l'Organisation des Nations unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) intitulé: « Eveiller l'Afrique, géant endormi ». « Géant », parce qu'il représente 400 millions d'hectares de savane » répartis sur « 25 pays » et porteur d'un « immense potentiel agricole »: on en utilise seulement 10 % actuellement.

Le Saint-Siège recommande le soutien de petites exploitations agricoles dont les résultats « étonnants » ont été constatés dans d'autres régions du monde depuis une vingtaine d'années.

Mais cela suppose, remarque Mgr Migliore, une « réforme agraire » et la « révision des systèmes nationaux de propriété », avec la promotion de la « formation », du crédit, des infrastructures, des services sociaux, de façon à ce que les fermiers soient les « acteurs de la transformation agricole ».

Mgr Migliore cite le rapport sur « L'état de l'insécurité alimentaire dans le monde » (« State of Food Insecurity in the World », SOFI 2009), qui manifeste combien la famine a augmenté au cours de ces dernières décennies. Il déplore une « gouvernance mondiale faible » dans ce domaine de la sécurité alimentaire.

Créativité et initiative

Il fait observer que les décisions agricoles sont aux mains de ceux qui « contrôlent le crédit » et la « distribution des nouvelles technologies », le « transport », la « distribution » et la « vente » des produits.

Le Saint-Siège appelle de ses voeux un système qui « respecte la dignité des fermiers » avec des contrats qui ne les prive pas de leur « créativité », de leurs « initiatives ».

Se référant à la crise économique et financière, Mgr Migliore préconise de donner plus de poids au travail et à la production, par rapport au « capital », aux « transactions financières » et à la « spéculation ».

Il s'agit, indique Mgr Migliore de « créer une économie nouvelle plus attentive non seulement au profit, mais avant tout aux besoins et aux relations humaines ».

Certes, reconnaît Mgr Migliore, la science et la technologie sont « nécessaires », mais elles se révèlent « insuffisantes » lors qu'il s'agit d'affronter les problèmes. Il faut pour cela de la « solidarité », et des « actions », accompagnées d'une « plus grande attention à la dignité des agriculteurs, qui sont les réels acteurs du « développement » et de la « sécurité alimentaire ».