Lutter contre le terrorisme implique de respecter les droits humains

Intervention du Saint-Siège à l’ONU à New York

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ROME, Mercredi 18 octobre 2006 (ZENIT.org) – Pas de lutte contre le terrorisme sans respect des droits humains, a déclaré en substance l’Observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU, à New York, Mgr Celestino Migliore qui a invité au développement du dialogue interreligieux et à la lutte contre la pauvreté pour retirer la force à la « logique aberrante des terroristes ». C’est pourquoi le Vatican encourage l’adoption d’une convention antiterrorisme.



Les terrorisme doit être combattu sans quartier, mais sans que les mesures adoptées en violent les droits humains élémentaires, ce qui serait déjà une victoire du terrorisme, a fait observer le représentant du Saint-Siège le 16 octobre lors de la 61e assemblée générale de l’ONU.

Le terrosime a évolué jusqu’à profiter de « collusions » dans les milieux politique économique et technologique, a constaté Mgr Migliore, et le combattre est une priorité de la communauté internationale.

Mais la battaille pour la sécurité ne peut pas être gagnée en foulant aux pieds la « dignité inviolable » de tout être humain.

Par conséquent, Mgr Migliore soulignait que dans la planification de mesures antiterroristes « la protection des droits de l’homme est l’objectif premier de toute stratégie », parce que les terrorirstes sont les premiers, avec « leur mépris et leur négligence absolue devant la vie humaine » qui rendent toute action de leur part comme « absolument inacceptable ».

Ce mépris de la vie en arrive « cyniquement », a déploré Mgr Migliore, à « utiliser des individus non coupables et des populations entières comme des boucliers humains pour cacher et protéger les terroristes et leurs armes ».

Au contraire, disait Mgr Migliore, l’Eglise considère comme « fondamentale l’affirmation dès le début » du débat sur l’adoption d’une convention antiterrorisme que « les mesures antiterroristes efficaces et la protection des droits de l’homme ne sont pas des objectifs en conflit ».

La stratégie antiterroriste « ne doit pas sacrifier les droits de l’homme fondamentaux au nom de la sécurité », parce qu’une telle option, a affirmé Mgr Migliore, « minerait les valeurs mêmes que l’on entend protéger, en s’aliénant une grande partie de la population mondiale et en diminuant la force morale d’une telle stratégie ».

Un tel manquement, insistait Mgr Migliore, équivaudrait à « prêter le flanc aux terroristes », en conférant une certaine dignité aux « revendications qu’ils proclament pour justifier leur comportement aberrant ».

Leur mépris de la vie et la dignité humaine « peut justifier – selon l’Eglise – le refus de leur part d’un traitement selon les normes internationales des droits de l’homme et les normes humanitaires ».

La convention sur le terrorisme international doit clairement montrer qu’aucune circonstance ne peut « excuser ni légitimer » le meurtre ou les blessures délibérées des populations civiles.

Mais le phénomène du terrorisme, ajoutait Mgr Migliore, doit être compris complètement, parce que les « mesures légales ou les armes » seules sont insuffisantes.

Le terrorisme, analysait le représentant du Saint-Siège, est une « manifestation culturelle, dans le sens d’une anti-culture, et d’une anti-civilisation », qui a son origine dans des « perceptions déformées de la réalité », et il est « amplement reconnu » que le recrutement des terroristes est plus facile là où « les droits sont foulés au pied et les injustices tolérées ». Mgr Migliore affirmait cependant en même temps que la prétention du terroriste « d’agir au nom des pauvres est fausse ».

Pour le Saint-Siège, il convient donc de répondre à la logique de la terreur « aussi par des instruments culturels capables de convaincre qu’il existe des alternatives non-violentes en mesure de répondre à d’authentiques revendications ».

Mgr Migliore a fait remarquer qu’à côté de la politique et de la diplomatie, la menace terroriste peut être extirpée à la racine par des interventions économiques qui assainissent les situations de crise de nombreuses populations.

Mais le représentant du Saint-Siège encourageait aussi le dialogue des religions, contraires par nature à la violence, et enclines « à la promotion de la culture de la paix et du respect réciproque ».