« Mariage pour tous ? » : « supercherie », pour le card. Vingt-Trois

Ouverture de l'Assemblée des évêques à Lourdes

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Anita Bourdin

ROME, samedi 3 novembre 2012 (ZENIT.org) – « La question fondamentale est celle du respect de la réalité sexuée de l'existence humaine et de sa gestion par la société », déclare le cardinal Vingt-Trois qui a dénoncé une « supercherie » dans le projet de loi du gouvernement français sur le « mariage pour tous ». Il renouvelle son invitation aux catholiques à « saisir les élus » étant donné « la gravité de l'enjeu ».

Le président de la Conférence des évêques de France, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a en effet prononcé son discours d’ouverture de l’Assemblée plénière des évêques de France à Lourdes (3-8 novembre 2012) ce samedi 3 novembre, en dénonçant notamment ce projet de loi et ses conséquences sur la société (cf. « Documents » pour le texte intégral).

« Contrairement à ce que l'on nous présente, le projet législatif concernant le mariage n'est pas simplement une ouverture généreuse du mariage à de nouvelles catégories de concitoyens, c'est une transformation du mariage qui toucherait tout le monde », affirme le président de la Conférence épiscopale.

Il critique l’expression « mariage pour tous » : « Ce ne serait pas le «mariage pour tous » (étrange formule qu'il ne faut sans doute pas prendre au pied de la lettre !). Ce serait le mariage de quelques-uns imposé à tous ».

Surtout, pour l’archevêque de Paris, l’enjeu, ce sont les enfants : « Les conséquences qui en découlent pour l'état civil en sont suffisamment éloquentes : a-t-on demandé aux citoyens s'ils étaient d'accord pour ne plus être le père ou la mère de leur enfant et ne devenir qu'un parent indifférencié : parent A ou parent B ? »

Il diagnostique le cœur de la question : « La question fondamentale est celle du respect de la réalité sexuée de l'existence humaine et de sa gestion par la société ».

Tout en soulignant une contradiction, une « supercherie » : « Alors que l'on prescrit la parité stricte dans de nombreux domaines de la vie sociale, imposer, dans le mariage et la famille où la parité est nécessaire et constitutive, une vision de l'être humain sans reconnaître la différence sexuelle serait une supercherie qui ébranlerait un des fondements de notre société et instaurerait une discrimination entre les enfants ».

Le projet de loi français sur le mariage et l'adoption ouverts aux homosexuels sera présenté par la garde des Sceaux, Christiane Taubira, mercredi prochain, 7 novembre au Conseil des ministres.

Le site de l'Eglise catholique à Paris propose des "moyens d'action our peser dans le débat à propos du « mariage pour tous », à cette adresse:

http://www.paris.catholique.fr/Mariage-homosexuel-des-moyens-d.html

Le site de l'Eglise catholique en France a publié, le 2 novembre, différentes déclarations d'évêques français à ce sujet:

http://www.eglise.catholique.fr/actualites-et-evenements/dossiers/le-mariage-pour-tous-/paroles-d-eveques-sur-le-mariage-pour-tous--15112.html

La Congrégation pour la doctrine de la foi a publié un document, le 3 juin 2003, à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles:

http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20030731_homosexual-unions_fr.html